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PÈRE FOUETTARD 2.0

Avec la fin du vieux monde, la sentence cruelle mais inexorable est tombée : exit Saint Nicolas.

Le patron des écoliers a été jeté à la décharge, avec les magnétoscopes VHS, Mario Bros, Fellini, les cabines téléphoniques, le communisme et le fascisme, toutes ces gloires inutiles et démodées du siècle dernier. Attendez ! On me dit à l’instant que le vide-meubles refuse d’emporter dans le lot les partis politiques de jadis, même les pires. Dans le cadre du projet zéro-déchets, il paraît que le communisme et le fascisme peuvent encore servir dans le nouveau monde. Sursis donc pour les fascistes et les cocos. Mais pour Saint Nicolas, en revanche, c’est râpé…

Le monde ayant horreur du vide, il faut d’urgence le remplacer. Mais par qui ?

Théo Francken, qui s’est aussitôt proclamé l’ami des enfants sages, a posé sa candidature. Mais le premier ministre s’y est opposé. Déjà que le budget fédéral n’a pas bonne mine, alors ouvrir une nouvelle brèche en finançant chocolats et spéculoos, pas question. Erdogan, un moment sollicité vu que saint Nicolas était turc a considéré que devoir se glisser dans les cheminées du royaume était au-delà de sa dignité. Grand seigneur, il n’entend se déplacer qu’en tapis volant.

Ne restait, faute de mieux, que ce bon vieux Père Fouettard. Tels ces politiciens inoxydables qu’on croit cent fois morts et enterrés et qui renaissent toujours de leurs cendres, l’ancien second couteau du grand saint est de retour. Désolé, les amis.

On avait pourtant l’impression que le personnage avait été définitivement éliminé par la mode du politiquement correct depuis qu’on lui a interdit de se servir d’un fouet, de menacer les pauvres mioches méchants des pires tourments et de se grimer en Noir de carnaval.

Mais, revenu aux affaires, le Père Fouettard sait qu’il doit proposer du neuf pour coller à l’époque.

Au lieu de suivre son chef et son âne en roulant des yeux, drapé dans un vieux rideau, il va offrir aux enfants une version 2.0 de la fête.

Voici un avant-goût du programme du nouveau calife.

Pour les plus méritants, un gilet jaune clignotant et sonore afin de les préparer à la vie de citoyen du futur. Aux voyous, une solide décharge de Taser gun, méchamment plus efficace que le fouet d’antan – une bonne décharge électrique mais avec énergie douce pour avoir l’air branché.

Plus d’âne non plus, à cause des protestations de Gaïa. Ni de sucreries car des psychologues prétendent que des enfants gâtés préparent des adultes violents. Plus d’histoires inventées car on ne peut plus mentir aux petits pour ne pas les habituer aux fake news et aux promesses électorales.

Allez, Fouettard, encore un effort ! La magie, ça se travaille…

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VOTER ECOLO ?

Moi voter Ecolo ? Pas fou ! T’as vu le temps qu’il fait ? 25 ° en octobre ! Après le passage par le bureau de vote, dimanche dernier, je suis allé prendre l’apéro en maillot sur la plage d’Ostende. J’aurais même fait une petite brasse si la plage n’était pas envahie par les méduses. Avec les écolos, ce sera fini tout ça, l’été en automne, l’apéro en maillot (d’accord, les méduses aussi). Gare aux Ecolos, les amis ! Ils veulent le retour de la pluie, du vent, des frimas. Non merci !

Dans quelques mois, on pourra planter des bananiers plutôt que des patates et les orangers vont fleurir toute l’année sur l’avenue Louise. Et vous vous plaignez ?

Le réchauffement climatique ? Y n’a que des avantages : avec la Flandre sous eau, on ne se demandera plus comment rabattre le caquet à Bart De Wever et empêcher la droite de la droite de s’allier avec l’extrême droite de la droite. Tous balayés, obligés de nager vers Uccle avec des méduses accrochées à leurs maillots. Eux qui voulaient des visites domiciliaires, y vont êtes gâtés. Y z’auront les pompiers tous les jours en canot dans leurs villas quatre façades pour sauver mamie et le canari.

Et une fois débarqués à Uccle, je leur en donnerais, moi, des visites domiciliaires. Qu’est-ce que vous faites ici ? Ah ? C’est une famille d’Uccle qui vous a ouvert la porte ? Les Reynders ? Voyez-vous ça ! Je ne les savais pas si généreux avec les étrangers ! Mais, désolé, m’sieur Reynders, il est interdit de jouer la famille d’accueil pour les Flamands ! Même pour emmerder les Verts ! Ten strengste verboden ! Allez, les réfugiés, cessez de dégouliner sur le beau parquet de m’sieur le minist’, reprenez vos valises, et en route pour le centre fermé de Steenokkerzeel, une des dernières terres émergées de Flandre. Uccle est réservée aux Blancs de souche locale, si vous voyez ce que je veux dire. Pas de Blancs d’importation ici.

Vous me direz : si les réfugiés du nord, chassés par la hausse des eaux, envahissent les beaux centres qu’ils ont fabriqués pour ceux venus du sud, que va-t-on faire de ses occupants actuels?

Ne vous en faites pas. Le flot va se raréfier. Ceux qui débarquaient chez nous, fuyant sécheresse et chaleur, vont être drôlement surpris de découvrir qu’il fait aussi canicule à Liège qu’à Addis-Abeba ! Plus besoin de Théo Francken pour s’en débarrasser. Le changement climatique qui nous emmène un soleil de plomb, c’est drôlement plus efficace et moins coûteux que d’engager des milliers de flics et d’acheter du matériel.

Et cessez de protester en disant que la lutte contre le réchauffement s’inscrit dans la défense des doigts de l’homme alors que le soleil est un cadeau sorti des doigts de Dieu.

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VALLS A MILLE TEMPS

A un horticulteur au chômage, le président Macron a signalé qu’il lui suffisait de traverser la rue pour décrocher un job.

Manuel Valls a entendu la leçon. Montrant sa fidélité au parti qui l’avait (très mollement) investi aux dernières législatives et aux instructions éclairées de son chef, Valls (lui aussi désœuvré) s’est retrouvé de l’autre côté des Ramblas. Proclamant à qui voulait l’entendre qu’il ferait un parfait maire de Barcelone. La proximité du Musée Picasso semble avoir beaucoup inspiré sa première déclaration officielle en catalan.

Mais, ce n’est pas l’ex-président indépendantiste Carles Puidgemont qui va lui lancer la première pierre, lui qui n’en est qu’au cinquième cours de néerlandais pour nuls et futurs mandataires N-VA.

Valls peut se revendiquer de prestigieux mais trop rares prédécesseurs. Tel Tom Paine, l’un des pères de la révolution américaine, qui rejoignit la France lors de la Révolution où il devint député à l’assemblée nationale. Un des premiers à défendre l’idée de revenu universel, qui, on le voit, met vraiment longtemps à être prise en considération ! (Lisez sa belle bio par le grand écrivain américain Howard Fast).

Autre internationaliste magnifique, Garibaldi, le maître d’œuvre de l’unification italienne, qui fut un court temps député à l’Assemblée nationale français représentant les circonscriptions de Paris et d’Alger ! (On maniait déjà le grand écart à l’époque). Avant d’être obligé d’abandonner son mandat sur la pression de la droite sous prétexte qu’il n’était pas français. Ah ! Cette sacrée nationalité qu’on oppose toujours aux migrants ! (Alexandre Dumas a décrit ce personnage extravagant qui semble sortir de son imagination dans « Viva Garibaldi ! »)

L’initiative de Valls devrait donner des idées à d’autres grands formats de la politique européenne qui (pourquoi pas ?) pourraient cumuler des mandats transfrontaliers. A l’instar de l’ancien maïeur d’Ixelles, Yves de Jonghe d’Ardoye qui s’était aussi présenté comme  maire d’une petite ville du Périgord. Ou de Paul Magnette sollicité par les débris du PS français pour conduire leur pauvre liste aux élections européennes.

Puidgemont étant en délicatesse avec les juges locaux, pourquoi Bart De Wever n’affronterait-il pas Valls à la mairie de Barcelone ? Et Matteo Salvini chez nous où il remplacerait avantageusement ce mollasson de Théo Francken, si complaisant avec les immigrés délinquants.

Même si en Belgique, cette simplification semble impossible : personne n’imagine réunir sur une seule tête les compétences en matière de politique scientifique, de santé, de sports, d’enseignement ou d’emploi émiettées entre des chapelles, autorités, communautés, multiples, toutes jalouses de leurs misérables pouvoirs.

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LES POULETS DE MR ORBAN

Mais, mais, c’est qu’il tremble, M. Orban. Les euro-députés, à quelques mois des élections se sont rappelés à notre bon souvenir et l’ont renvoyé dans le coin avec un bonnet d’âne.

Où l’on apprend au passage que le Traité de Rome ne parle pas que de la dimension des poissons, du confort des poules pondeuses ou du droit de vendre dans les bollewinkels des crasses sans cacao qu’on peut appeler « chocolat » Il paraît que les états de l’Union doivent aussi respecter la démocratie, les droits de l’homme, l’Etat de droit.

Dites, Théo Francken, vous saviez ça, vous ? Incroyable, non ? Les institutions européennes ronronnent à quelques kilomètres à peine de votre centre fermé de Steenokkerzeel et personne ne vous l’a dit ? A moins qu’il n’y ait exception pour la Belgique, article 127 bis ?

D’accord, Orban va hausser les épaules et appeler sa population à serrer les rangs face aux vilains technocrates non élus de Bruxelles. Comme les Polonais, à qui la Commission a envoyé une bafouille du même genre il y a quelques mois.

Que va-t-on faire ? Leur coller une solide amende ? Il faut un vote unanime des états membres or la Pologne ne va pas voter contre la Hongrie et la Hongrie contre la Pologne !

Renvoyer les Magyars et les Polonais derrière le mur de Berlin ? A condition que Trump accepte de demander aux Mexicains de le reconstruire à leurs frais.

L’affaire est mal partie. D’autant que la réaction de la population hongroise (qui a réélu sans état d’âme son (f)Orban) est simple : chez nous, on fait ce qu’on veut ! On est en Europe pour recevoir du pognon, pas des leçons.

Où est l’erreur ? D’avoir transformé le but d’origine de l’Union (un marché commun) en une communauté de plus en plus intégrée et dont la liberté n’est pas réduite à celle de la circulation des marchandises et des services ?

Le même jour, le parlement européen, décidément en verve, a voté une nouvelle directive sur le droit d’auteur. Pour protéger les journaux contre le pillage systématique de leurs contenus par Google et autres géants du Net et protéger enfin les créateurs contre l’utilisation systématique mais gratuite de leurs créations.

La gratuité et la liberté de circulation des créations proclamées par Google, suivi par quelques « idiots utiles », sont un leurre. Ce qui est gratuit se paye d’une autre façon, tout le monde le sait.

Le jour où les journalistes et les auteurs disparaîtront, ne resteront que les créateurs de publicité, de fausses nouvelles et ceux qui acceptent de mettre leur plume ou leur caméra au service des gouvernements type Orban.

Robert Schuman a écrit : « l’Europe, avant d’être une alliance militaire ou une entité économique, doit être une communauté culturelle dans le sens le plus élevé du terme. »

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SALUT AUX COUREUSES D’AVENTURES !

La secrétaire d’Etat Zuhal Demir vient d’annoncer à la VRT qu’elle a été menacée de mort, elle et son bébé. Ce n’est pas la première fois que Madame Demir est traînée dans la boue pour avoir défendu les droits des Kurdes (ce qui lui vaut régulièrement d’être accusée de fricoter avec le  PKK) et s’être opposée aux dérives du gouvernement turc. La réélection annoncée dans les prochains jours du Grand Vizir Ottoman ne va certainement pas apaiser les mouvements de haine contre ceux qui osent critiquer sa politique, ses abus et ses outrances.

Il faut rappeler que la députée de Genk a entamé il y a un an les formalités pour se défaire de sa nationalité turque. Mais, à ce jour, la procédure n’a pas abouti faute de décision politique des autorités d’Ankara, dit-on à son cabinet.

Ces événements font écho au reportage très bien documenté et très effrayant publié cette semaine par Laure Marchand dans « L’Express » qui décrit les randonnées sanglantes mais impunies des agents du redoutable service secret turc, le MIT, qui se flatte de plusieurs assassinats à son tableau de chasse, notamment ceux de trois femmes, militantes du PKK, à Paris en 2013. Un service né sous une belle étoile puisque, dès sa création, l’ancêtre du MIT a participé à la planification et à l’exécution du génocide arménien (auquel ont été mêlées des organisations kurdes, il faut le préciser au passage. Comme quoi, personne n’est parfait).

Depuis plusieurs mois, un juge d’instruction bruxellois est en charge d’un dossier concernant d’autres menaces de mort, contre des responsables kurdes réfugiés en Belgique. Et notre pays s’émeut, avec la France et l’Allemagne, des opérations des services secrets turcs dans nos contrées et de leur influence sur une partie de la population.

Si Madame Demir ne parvient pas à se défaire de sa nationalité kurde, que va faire son collègue Théo Francken lorsqu’elle demandera à son camarade de parti la protection de la Belgique ?

Va-t-il la renvoyer « dans son pays d’origine» ? L’obliger à s’arranger avec le gouvernement turc puisque, coïncidence, c’est lui à qui l’Europe a sous-traité le soin de retenir les candidats à l’entrée sur nos terres bénies et rendre imperméables les frontières de notre paradis terrestre, service grassement rémunéré (des milliards d’euros) ?

Invoquer le « système australien » qui n’en est pas un puisqu’il consiste à jeter de l’huile brûlante sur tous ceux qui s’approchent de trop près de nos belles murailles ?

Heureusement que toutes les forteresses du Moyen âge n’ont pas été rasées. Elles vont pouvoir resservir et pas seulement pour impressionner ceux qui sont venus visiter nos villes avec un visa touristique.

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QUI C’EST ? C’EST LE PLOMBIER  !

Quel éclat de rire aurait salué l’annonce par Fernand Reynaud, Fernandel ou Bourvil de leur candidature à l’élection présidentielle française ! Et, imaginez Jerry Lewis ou Laurel et Hardy briguer le bureau ovale.

Avec Coluche, les choses ont changé. D’abord simple provoc, sa candidature en 1981 s’est révélée si sérieuse que Mitterrand a tout fait, dit-on, pour se débarrasser de ce clown qui risquait de le faire éliminer au 1er tour.

Depuis, la frontière entre le roi et son fou est devenue de plus en plus floue. Les rôles ont commencé à s’inverser.

Ayant quitté la Maison Blanche, Clinton s’est lancé dans le polar. Son dernier successeur, Donald Trump, a fait la route inverse : fou du roi à la télé, il est devenu roi du monde, oubliant au passage de se démaquiller, d’enlever son habit de gugusse et de remplacer le texte de ses numéros par des discours politiques.

Pendant ce temps, en Italie, Beppe Grillo, héritier de la commedia dell’arte, a quitté son habit de Guignol pour battre les estrades des meetings politiques.

Avec pour résultat que, dépassé par la machine folle qu’il a mis en mouvement, son parti de joyeux anarchistes, devenu le premier d’Italie, s’est transformé en marchepied du parti fascisant, La Ligue, et lui a pratiquement remis les rênes du pouvoir. Fini de rire !

Pourquoi les rôles se sont-ils inversés ? Pourquoi le fou s’est-il emparé du trône ?

D’abord parce qu’on rit de moins en moins ces temps-ci. Le métier de bouffon ne paye plus. Le Cirque Hipparque ne cherche plus de clowns. Désolé les Dupondt !

Peut-être aussi parce que les rois n’ont plus besoin de fou puisque leurs sujets ont compris qu’ils ont perdu l’essentiel de leur pouvoir. Compression budgétaire, économie de personnel, le fou est bon pour le chômage depuis que les hommes et les femmes politiques ont décidé d’exercer eux-mêmes les deux fonctions.

Mais, en s’emparant du répertoire de leur fou, ils ont remplacé l’ironie par le sarcasme puis par la promesse électorale simpliste, favorisée par la mode du Tweet et la communication par punchline. Théo Francken en est l’exemple qui multiplie les numéros de music hall à l’approche des échéances électorales.

On confond désormais l’humour, qui explore mine de rien la complexité de l’âme humaine, par le « bon mot » qui n’est qu’une façon de flatter les plus bas instincts de l’être humain.

Il ne faut pas s’y tromper. Le puissant ne se moque pas de lui-même – cela lui est tout simplement impossible, n’est-ce pas docteur Freud ? C’était ça tout l’art du bouffon. Mais il se moque de ses sujets sans que ceux-ci n’en soient conscients. Autrement dit, au lieu de viser le « stoeffer », la tarte à la crème s’écrase sur les petits et les sans grades.

Puisque la loi limite à présent le cumul en politique, il serait urgent d’interdire aux rois de se prendre pour leur fou…

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EN MAI DIS CE QU’IL TE PLAIT

Il est loin le temps où le principal talent des hommes et des femmes politiques était l’art de la langue de bois. Où est Jean-Luc Dehaene qui faisait taire les journalistes d’une boutade ou Yves Leterme qui répondait d’une phrase magique quand on l’interrogeait sur un dossier un peu difficile : « on verra (silence) le moment venu » ?

On a assez répété que le réveil des populistes et l’effondrement des partis traditionnels venaient de la lassitude des citoyens d’entendre les politiciens leur chanter toujours la même chanson. En esquivant les débats et les choix qui fâchent.

Tout ça, c’est fini, les amis ! Ils ont compris. Remisé les phrases creuses et les pots de vernis au fond des armoires. Cette fois, les nouvelles grandes figures qui nous dirigent ont décidé d’ouvrir leurs gueules et de parler « vrai ». C’est le printemps et on célèbre mai 68.

Encore faut-il avoir la capacité de passer du propos lénifiant à l’authenticité. Un art qui n’est pas donné à n’importe quel équilibriste. Prenez le président des socialistes de Charleroi, Eric Massin, qui s’est essayé à une forme de communication « libérée » en traitant une de ses adversaires, la bourgmestre libérale de Courcelles de « salope ». Il n’y a qui les casseurs fêlés du 1er mai à Paris qui ont fait mieux. On s’attendait à ce que Massin se défende comme un ex-échevin socialiste de sa fédération en s’écriant : « on a toujours fait comme ça ».

Mahmoud Abbas, lui aussi, a fait fort. Celui que la communauté internationale considère comme le « bon Palestinien », le seul capable de faire la paix avec Israël, s’est lancé, on ne sait pourquoi, dans une ambitieuse réécriture de l’Histoire en expliquant le massacre des Juifs depuis le Moyen âge jusqu’à nos jours par le fait que certains d’entre eux avaient été usuriers…Pendant qu’en Grande-Bretagne, des propos ambigus et maladroits du leader travailliste et de son entourage ont pu faire soupçonner Jeremy Corbyn et ses amis de complaisance avec l’antisémitisme.

Massin s’est excusé, Corbyn aussi. La repentance est devenue aussi à la mode que le parler malsain. L’un va de pair avec l’autre. Dire ensuite pardon permet de raconter d’abord des horreurs.

Théo Francken est passé maître dans ce double langage, ce qui lui vaut une popularité qu’Eric Massin doit lui envier. Il fait la fiesta avec un ancien collabo, attaque MSF, fait ami-ami avec les dirigeants soudanais, poste des messages douteux sur son compte, mais pardon, pardon.

Bart De Wever s’est lui aussi illustré : « Les Juifs évitent les conflits. C’est la différence avec les musulmans » a-t-il dit sans état d’âme.
Les juifs, les femmes, les Arabes, ils ont tous bon dos. D’autant que les uns et les autres ne se ménagent pas entre eux.

L’imagination au pouvoir, proclamait-on en mai 68. On verra dans cinquante ans…

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CLONER CLOONEY

Il n’y aura plus un seul demandeur d’asile en Belgique. Telle est la redoutable promesse faite à ses électeurs par Théo Francken, le secrétaire d’Etat à l’Asile. Et que fera-t-il alors que son job ne servira plus à rien ? Fera-t-il la file au CPAS ou réclamera-t-il le poste de premier ministre ?

Au passage, on se dit que si les élections deviennent le concours de « Qui c’est qui est le plus ignoble ? » la démocratie a intérêt à se réinventer et d’urgence.

Pour justifier son credo, Francken a trouvé un exemple à l’étranger, en Australie. A suivre ce « modèle », les grilles dorées de notre beau royaume seront fermées devant la foule des citoyens du monde – sauf quelques Chrétiens persécutés.

Qu’il songe cependant, avant de copier les kangourous pour mettre les électeurs dans sa poche, que les Australiens ont aussi inventé le boomerang…

Avec l’ami Théo, c’est toujours avis de tempête.

Plus d’étrangers chez nous, assure-t-il, c’est autant d’économies. Accueil, soins de santé, assistants sociaux, fonctionnaires, flics. C’est fou ce que ça coûte, mine de rien, un malheureux qui débarque dans la capitale de l’Europe.

En oubliant ce que ça rapporte une fois que, sa situation légalisée, il se met à travailler, cotiser, dépenser, payer des impôts. Et remplir les boulots de ce vieux pays à la pension…

Car, comment il va faire Théo pour remplacer ceux qui s’en vont ?

S’il ne veut pas d’étrangers, il devra se rabattre sur le modèle Dolly (du nom de cette brebis anglaise, le premier mammifère cloné) qu’il pourra aussi appeler, le modèle Zhong-Zhong & Hua-Hua, les deux singes clonés récemment par des savants chinois. L’ombre de Fu Manchu plane sur la patrie de Magritte…

Le clonage, voilà la seule solution pour lutter à la fois contre le vieillissement de la population et l’invasion des étrangers.

Mais à qui ressembleront ces clones de demain ? Au secrétaire d’Etat lui-même ? Vous imaginez un employeur obligé d’engager mille sosies de la star de Lubbeek. Et comment s’y retrouver s’ils ont la même tête et qu’ils portent le même nom ? Dans la salle de réunion, trente Théo identiques autour de la table. Même Charles Michel risque d’y perdre enfin la raison…

On pourrait évidemment multiplier les visages, fabriquer aussi des centaines de Liesbeth Homans pour assurer l’égalité entre hommes et femmes. Quelques Bart De Wever, dont on pourra varier les formats, selon que l’on aime sa silhouette ancienne ou actuelle, XXL ou S.

Mais le modèle Dolly présente aussi le danger de lasser les électeurs confrontés éternellement aux mêmes têtes surmultipliées.

Pour varier, faudra alors cloner George Clooney, Obama ou Michael Jordan.

Démonstration est faite : on n’en sort pas. On finira toujours par accueillir les étrangers …

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FAKE NEWS FROM BRUSSELS

Dernier Tweet du président Trump cette nuit: « Si Theo Francken me rejoint à Washington, il trouvera à sa descente d’avion tapis rouge et carte verte. »

Bart De Wever se frotte les yeux. Charles Michel se frotte les mains. Quelle mouche a piqué la Maison Blanche ?

La vérité est que le président américain, qui commence à comprendre qu’il n’est plus en campagne et qu’il a bel et bien été élu, ne sait plus où donner de la tête. Wall Street est en chute libre, l’inflation reprend du poil de la bête, le mur de séparation avec le Mexique est impossible à financer, les administrations fédérales à l’arrêt faute de budget, et personne ne l’aime – c’est le plus dur pour ce grand sentimental. Même ses plus ridicules ennemis le narguent sans qu’il puisse réagir, comme le président coréen qu’il doit se contenter de traiter de « petit gros » au lieu de lui envoyer une bonne bombe sur la tronche. Mais pas moyen de rire un peu avec les généraux américains. Plus ils ont des médailles, plus ils sont pleutres.

De plus, Trump n’a plus aucune confiance dans ses conseillers qui tombent comme des mouches quand ils ne sont pas inculpés par le procureur fédéral. Où va-t-on ?

Ailleurs. En Belgique. D’où il veut exfiltrer l’homme providentiel, le seul qui peut encore lui sauver la mise. Théo F., le politicien qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense des immigrés et à faire tout ce qu’il dit ou plutôt qu’il grogne entre ses dents pour s’en débarrasser.

« Viens, mon Théo. Tu verras, à nous deux, ce sera la guerre des étoiles ! (Les étoiles, c’est toi et moi). » Ce dernier Tweet semble avoir été envoyé à une heure tardive après une soirée bien arrosée. « Lâche-moi la main, Melania, il me faut tapoter un petit dernier avant les plumes. »

Pour Théo, la tentation est grande. Mettre en œuvre la politique qu’il rêve de mener en Belgique mais puissance mille. Et sans toute cette bande de chipoteurs qui de Liège à Courtrai l’empêche de déployer les grands moyens. Et on ne touche pas aux enfants, et on n’enferme pas les familles, et on faire des mamours aux Soudanais et on trouve des juges pour lui chercher des poux et avec les collègues, c’est la galère, les libéraux qui peut-être bien que oui, peut-être bien que non et les chrétiens démocrates qui temporisent.

Avec Trump, fini tout ça ! Les mains libres, les manches retroussées et au travail, la bave aux lèvres ! Et des milliers d’Américains, une bière à la main, qui vont l’applaudir au passage quand il reconduira les Chicanos dans leurs déserts. On appellera ça Le Convoi Francken ; ça fait très Hollywood ! Des dizaines de milliers de Latinos avec leurs chicos et adios ! Et, au bout de quelques mois, on se retrouvera entre gringos !

Après ça, les Belges vont enfin l’admirer, le Théo. On n’est jamais prophète en son pays.

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L’ETRANGE VOYAGE DE C.P.

L’étrange voyage de M. Puidgemont alimentera encore bien des spéculations.

Que diable le président de l’éphémère république catalane est-il venu faire à Bruxelles pendant que la paëlla commençait à carboniser à Barcelone ?

Selon les uns, intoxiqué par son ami Théo Francken, il croyait débarquer en star dans la capitale de la république flamande et il se retrouvait à Zaventem au milieu de la foule des touristes revenus de la Costa Brava en charter Neckermann.

Selon les autres, il était venu refaçonner sa choucroute avant de passer chez les juges madrilènes, sur la foi d’un ami qui lui avait vanté l’art des coiffeurs belges. Après s’être rendu compte qu’il est difficile de passer dans les media pour un héros, type Che Guevara, ou un martyr sur le modèle de Jésus Christ, sans une barbe virile et surtout avec un nid d’oiseau sur la tête.

Quelle déception, il n’a trouvé dans la capitale belge ni Théo ni figaro.

D’une façon comme d’une autre, ce déplacement a paru absurde. Vu de Barcelone, le président auto-proclamé a donné l’impression de déserter sa république mort-née et d’abandonner ses compatriotes et ses militants à leur mélancolie. De l’autre, il a bousculé le pauvre Charles Michel qui se voyait déjà obligé par son plus puissant partenaire de délivrer un statut de réfugié politique à l’homme le plus honni des Castillans.

Carles Puidgemont a surtout montré une étourderie et une impréparation qui doivent faire grincer bien des dents à la N-VA car l’avortement de la république catalane sous les ricanements de toutes les chancelleries du monde et au grand soulagement des gouvernements européens augure mal de la déclaration d’indépendance de la Flandre.

Le visage du chevalier C.P. à la triste figure n’ornera pas les T-shirts des ados révoltés à Noël. Celui de son challenger Mariano Rajoy non plus qui aura eu la peau de son pathétique adversaire grâce à la violence de ses forces de l’ordre et son intransigeance hautaine, balayant d’un revers de la main toute tentative de négociation et niant les revendications de la moitié des Catalans. Prenant le risque d’une réaction violente plus tard. Bel exemple de cette gestion politique au jour le jour qui est décidément le propre de notre époque.

Toute cette affaire paraît vraiment insensée d’un côté comme de l’autre. George Orwell, l’auteur génial de 1984, qui a combattu dans les dernières années de la guerre civile en Catalogne, a raconté cette terrible expérience dans un récit au titre très actuel, « La Catalogne libre ».  Dans sa dédicace liminaire, il cite ces proverbes bibliques : « Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie, de peur de lui ressembler toi-même. Réponds à l’insensé selon sa folie afin qu’il ne s’imagine pas être sage. »

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