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VALLS A MILLE TEMPS

A un horticulteur au chômage, le président Macron a signalé qu’il lui suffisait de traverser la rue pour décrocher un job.

Manuel Valls a entendu la leçon. Montrant sa fidélité au parti qui l’avait (très mollement) investi aux dernières législatives et aux instructions éclairées de son chef, Valls (lui aussi désœuvré) s’est retrouvé de l’autre côté des Ramblas. Proclamant à qui voulait l’entendre qu’il ferait un parfait maire de Barcelone. La proximité du Musée Picasso semble avoir beaucoup inspiré sa première déclaration officielle en catalan.

Mais, ce n’est pas l’ex-président indépendantiste Carles Puidgemont qui va lui lancer la première pierre, lui qui n’en est qu’au cinquième cours de néerlandais pour nuls et futurs mandataires N-VA.

Valls peut se revendiquer de prestigieux mais trop rares prédécesseurs. Tel Tom Paine, l’un des pères de la révolution américaine, qui rejoignit la France lors de la Révolution où il devint député à l’assemblée nationale. Un des premiers à défendre l’idée de revenu universel, qui, on le voit, met vraiment longtemps à être prise en considération ! (Lisez sa belle bio par le grand écrivain américain Howard Fast).

Autre internationaliste magnifique, Garibaldi, le maître d’œuvre de l’unification italienne, qui fut un court temps député à l’Assemblée nationale français représentant les circonscriptions de Paris et d’Alger ! (On maniait déjà le grand écart à l’époque). Avant d’être obligé d’abandonner son mandat sur la pression de la droite sous prétexte qu’il n’était pas français. Ah ! Cette sacrée nationalité qu’on oppose toujours aux migrants ! (Alexandre Dumas a décrit ce personnage extravagant qui semble sortir de son imagination dans « Viva Garibaldi ! »)

L’initiative de Valls devrait donner des idées à d’autres grands formats de la politique européenne qui (pourquoi pas ?) pourraient cumuler des mandats transfrontaliers. A l’instar de l’ancien maïeur d’Ixelles, Yves de Jonghe d’Ardoye qui s’était aussi présenté comme  maire d’une petite ville du Périgord. Ou de Paul Magnette sollicité par les débris du PS français pour conduire leur pauvre liste aux élections européennes.

Puidgemont étant en délicatesse avec les juges locaux, pourquoi Bart De Wever n’affronterait-il pas Valls à la mairie de Barcelone ? Et Matteo Salvini chez nous où il remplacerait avantageusement ce mollasson de Théo Francken, si complaisant avec les immigrés délinquants.

Même si en Belgique, cette simplification semble impossible : personne n’imagine réunir sur une seule tête les compétences en matière de politique scientifique, de santé, de sports, d’enseignement ou d’emploi émiettées entre des chapelles, autorités, communautés, multiples, toutes jalouses de leurs misérables pouvoirs.

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QUAND LES POUILLES AURONT DES DENTS

La maladie est dans les Pouilles. Comme elle est dans toute l’Italie. Mais le bruit des bottes qu’on entend à Rome résonne nettement moins fort dans le talon. Dans la patrie des plus vieux oliviers du monde, où partout la terre est aussi rouge qu’en Afrique, l’allure est nettement plus nonchalante que dans le nord. Un homme d’affaires de Milan, qui venait « acheter » un diplôme pour son fils dans une université des Pouilles (sic) nous a demandé, stupéfait de notre présence dans le coin, si nous savions que le Mezzogiorno est déjà l’Afrique.

C’est peut-être ce qui explique la présence de nombreux Africains dans le port de Brindisi. Beaucoup  avec des papiers en ordre (désolé, M. Salvini, qui est le Jambon local). Ils travaillent dans les champs à des conditions aussi indignes que les mineurs italiens dans notre Borinage jadis. On les voit aussi dans les restaurants où ils fristouillent la meilleure cuisine d’Italie !

Un Sénégalais qui vend des colifichets sur le quai pendant que deux membres de la Guardia di Finanza prennent l’apéro en face sur une terrasse nous explique tranquillement qu’il fait l’aller-retour tous les six mois avec le Sénégal. Comment parvient-il chaque fois à rentrer dans le pays sans devoir utiliser une de ces meurtrières embarcations qui ont fait de la Méditerranée le cimetière de l’humanité, version européenne ? Mystère.

Tout semble plus relatif dans le sud de l’Italie où la Ligue, il est vrai, est très minoritaire. Les medias jouent avec tant de complaisance la chambre d’écho des déclarations provocantes du tonitruant ministre de l’intérieur qu’on en oublie que le principal vainqueur des élections est un parti saugrenu, le Mouvement Cinq étoiles, qui, tel le PTB chez nous, a passé tant de temps à critiquer (souvent à juste titre) les pesanteurs, les administrations et la classe politique italiennes qu’il a oublié de préparer un programme pour gouverner. Résultat, comme le dit un propriétaire terrien des environs de San Vito, « à peine nommés ministres, on s’est aperçu que les représentants du Mouvement des Cinq Etoiles étaient devenus exactement pareils aux politiciens de feue la Démocratie chrétienne ». Des clones d’Andreotti. Pratiquant le grand écart : européens et anti-européens à la fois, défenseurs des droits humains et partisans d’un refoulement des migrants, prêts à faire des dépenses publiques considérables tout en s’en prenant aux dépenses publiques de leurs prédécesseurs.

Pour une fois, le Mezzogiorno pleure les malheurs du Nord. La catastrophe de Gênes, on la comprend ici. Elle montre que ce n’est pas seulement le sud qui a été abandonné par les pouvoirs publics (par Rome comme on dit dans le reste de l’Italie). Un vent de révolte commence à souffler. Il faut se méfier du jour où les Pouilles auront des dents.

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