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LE RETOUR DE LA MOMIE

 

La campagne électorale algérienne inspirera à coup sûr les spin-doctors qui essayent désespérément de rendre nos hommes et femmes politiques un peu plus sexy. Tout le monde sait qu’Abdelaziz Bouteflika est mort depuis quelques années mais que les dirigeants algériens ont eu la bonne idée de conserver son enveloppe. Ce qui permet de le réélire éternellement. Mettre à la tête de l’état une momie, un zombie, quelle belle formule pour renouveler les démocraties occidentales en panne !

Pour le moment, la technologie est encore un peu primitive mais nul doute que dans les prochaines années, avec le développement des effets spéciaux, on parviendra à faire bouger la momie et à la faire parler, même en plusieurs langues à la fois. Ce qui devrait intéresser tous ceux qui cherchent à contrer enfin le vote protestataire. Devant la puissance de feu de Bart De Wever, tout le monde est conscient que Wouter Beke ne fait pas le poids. Mais si, face au redoutable bourgmestre d’Anvers, on opposait un zombie plutôt qu’un fantôme, on pourrait peut-être contenir la montée irrésistible de la N-VA.

Walt Disney s’est, dit-on, fait cryogéniser pour réapparaître dans quelques années. Revitalisé par les progrès de la médecine, il reprendra son crayon ou plutôt sa souris pour dessiner de nouveaux chefs d’œuvre, La vengeance de Donald, le Retour du Nez de Pinocchio ou de la Momie. On regrette que les dirigeants de nos partis politiques aient négligé, pour préserver l’avenir, de préparer l’éternel retour de leurs grands leaders tant qu’il en était encore temps.

On sent bien que dans plusieurs pays voisins, on se montre beaucoup moins imprévoyant en songeant déjà à la cryogénisation des dirigeants dont la population ne pourra jamais se passer, Berlusconi ou Poutine.

En France, on a aussi compris que la nomination de Manuel Valls n’empêchera pas l’évaporation du pauvre Hollande. Ah ! S’il avait eu sous la main le clone de Mitterrand ou, mieux encore de de Gaulle.

Les patrons de la politique belge n’ont pas eu non plus beaucoup de flair en laissant s’envoler l’âme de leurs meilleurs cadors. Ils ont naïvement cru qu’à chaque génération, ils trouveraient de nouvelles stars à placer en tête de liste. Et les voilà le bec dans l’eau. Avec sur les bras De Croo 2, Tobback 2, Wathelet 2, Ducarme 2 qui annoncent à leurs partis des accidents industriels. C’est maintenant qu’ils auraient besoin d’exhiber les momies de nos Bouteflika à nous, Paul-Henri Spaak, Kamiel Huysmans, Paul Van Zeeland, Charlier Jambe de bois ou mieux encore Achille Van Acker dont le slogan était « J’agis d’abord, je réfléchis ensuite ». Le seul programme qui peut servir d’arme de destruction massive contre le parti séparatiste flamand.

 

 

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TECHNIQUE NAC

Quoi ? Vous ne connaissez pas les NAC ? Prenez garde si vous ne voulez pas être largués. Le monde se divise en deux : ceux qui sont dans le coup (ils connaissent tous les acronymes à la mode) et les autres. Faites donc semblant d’adorer les NAC, sinon vous êtes bon pour la remise à outils au fond du jardin, là où sont déjà rangés ces quelques anciens amis de Facebook qui vous donnaient l’air ringard.

Donc, les NAC. Je vous le glisse à l’oreille. Ces trois lettres désignent les Nouveaux Animaux de Compagnie. Chiens, chats, perruches ? Oubliez ces pauvres bestioles affreusement démodées. Pour être chic aujourd’hui, il faut vivre avec des serpents, des araignées exotiques, des fennecs et autres bébêtes rapportées de votre dernier voyage au Burkina Faso ou en Papouasie et passées sous le nez des douaniers à Zaventem aussi coulos qu’un sachet de cocaïne pour votre copain psychiatre qui n’a pas le temps de voyager.

Le NAC, c’est la dernière façon à la mode pour faire monter l’adrénaline. Pour se sentir vivant, cool et branché, le nec plus ultra est de mettre sur la table de chevet à côté de votre lit une boîte à chaussures dont sortent des grattements bizarres. De peupler votre appartement d’animaux monstrueux qui prouvent que les desseins de Dieu sont impénétrables.

Certains murmurent que ce qui a poussé le pape Benoit XVI à la démission, ce n’est pas la découverte d’un réseau gay mais celle d’un réseau NAC dans les caves du Vatican.

Les NAC, c’est bon pour l’image de marque. Regardez la vie politique italienne. Mario Monti s’est cru malin en s’exhibant à la télé pendant la campagne électorale en tenant dans ses bras un petit chien ridicule. Alors que Berlusconi, lui, recrute dans les soirées bonga-bonga. Résultat, Monti, avec son image démodée, a sombré aux dernières élections alors que le Cavaliere est redevenu le politicien à la mode. On imagine souvent que le citoyen moyen veut être rassuré. Mais, dans le secret de l’isoloir, il finit toujours par se laisser hypnotiser par le serpent ou l’araignée.

C’est ce qu’a compris, avec un peu de retard, Elio Di Rupo. Pour le remplacer à la tête du PS, il avait d’abord placé Thierry Giet, un brave, un doux, un herbivore qui ne ferait pas de mal à une mouche. Les sondages lui ont vite montré son erreur. Avec la souplesse d’un félin, il s’est empressé de le remplacer vite fait par un vrai NAC alors que se profile une campagne législative qui va ressembler à un combat de fauves dans la jungle. Face à un Bart De Wever qui a assimilé toutes les techniques des NAC. Séduction. Hypnotisme. Langue fourchue. Discours paralysant.

« Si l’on pouvait croiser l’homme et le chat, cela améliorerait l’homme mais dégraderait le chat» écrivait Mark Twain. Et si on le croisait avec un NAC ?

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POURQUOI J’AIME L’ITALIE

  Je peux vous dire pourquoi j’aime les socialistes wallons, les marches militaires, les films d’horreur muets allemands et les polars mexicains. Mais pourquoi j’aime l’Italie …

Faisant le bilan des années de dictature, juste après la guerre, Elsa Morante écrivait : « Mussolini est un homme médiocre, une brute, étranger à la culture, à l’éloquence vulgaire et facile ». Les comparaisons historiques sont toujours inexactes et trompeuses mais n’est-il pas troublant que Berlusconi ait répété pendant la campagne électorale, en célébrant la journée de l’Holocauste, qu’il y a beaucoup de bonnes choses dans les réalisations du Duce ?

Morante disait aussi : Le peuple italien s’est-il rendu compte des crimes de son chef ? Bien sûr, presque toujours le peuple italien est prêt à donner ses voix à celui qui a la plus forte voix plutôt qu’à la justice. Si on lui demande de faire le choix« entre son intérêt personnel et son devoir, même en sachant ce qui doit être son devoir », il choisit toujours son intérêt. « Un peuple qui tolère les crimes de celui qui est à sa tête, concluait-elle, devient complice de ces crimes. »

Et pourtant, même si j’adore la Morante et que je n’oublie pas près d’un quart de siècle de fascisme, j’aime l’Italie.

On dit souvent que les dirigeants d’un pays sont à l’image de ses habitants. L’histoire de l’Italie d’après-guerre est elle aussi inquiétante, d’Andreotti à Berlusconi. Au point qu’on peut se demander si les Italiens n’ont pas choisi de faire mentir le cliché en se donnant des chefs qui ne sont pas leurs miroirs mais leurs repoussoirs, comme dans le théâtre de marionnettes, justement une spécialité locale, l’opera dei pupi. Les hommes politiques italiens ne ressemblent-ils pas aux fantoccini, les marionnettes à fil, maniées en coulisses par leurs montreurs ?

Dans un pays aussi morcelé que l’Italie, aux pouvoirs encore plus éclatés que la Belgique, n’est-ce pas plutôt la culture qui est le reflet de son peuple ? Et sa cuisine ? Et ses paysages ? Vu à travers son cinéma, l’Italie a tout de même une sacrée gueule quand elle prend le masque de Nanni Moretti ou de Vittorio Gassman, de Mastroiani ou de Sordi. Ou celles de ses sublimissimes stars, Stefania Sandrelli (ah !), Monica Vitti (ah !), la Masina, la Martinelli, la Massari. Au passage, allez donc admirer la magie du cinéma italien dans le plus dingue musée du cinéma du monde à Turin.
L’air a une autre saveur à Rome, les églises un charme délirant à Lecce et à Notto. Et je préfère éviter les clichés à propos de Venise. Ils sont tous en dessous de la vérité. Même la pluie y est plus douce que le vin.

PS : le plus fantasque mais peut-être le plus pertinent et passionnant romancier italien, lisez Mario Soldati, dont les éditions du Promeneur sont en train de rééditer toute l’œuvre.

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ROME OU BOLOGNE

Pendant des siècles, on se bousculait pour être pape. Papes et anti-papes, papes parallèles et papes fantômes s’en donnaient à cœur joie pour glisser leurs fesses sur le trône de Pierre en éliminant plus ou moins gentiment celui qui s’y accrochait. Un vrai jeu des chaises musicales. Tout ce beau monde crachant des bulles à qui mieux mieux se cognait joyeusement dans le sang plutôt que dans le savon. Rien que dans la famille des Benoît, le numéro VI fut étranglé par le numéro VII des Boniface. Le numéro XI fut empoisonné à Pérouse où il s’était exilé. Le numéro IX, mon préféré, fut élu à l’âge de douze ans, remplacé peu après par le numéro III des Sylvestre qu’il réussit à chasser avant de s’effacer, comme le numéro XVI, au profit du numéro VI des Grégoire qui lui avait remis un chèque plantureux pour se coiffer de la tiare. Redevenu pape quelques années plus tard, il fut chassé, cette fois définitivement, par le numéro II des Damase. Qui ne l’emporta pas au paradis. Ou plutôt si, puisqu’il mourut vingt-trois jours plus tard. Seigneur, Marie, Jésus ! On savait vivre en ce temps-là !

A côté des entrées et sorties rocambolesques de ses ancêtres, la démission du numéro XVI est d’un terne accablant, à l’image de son règne. Des observateurs en sont même arrivés à remarquer que le départ du dernier des Benoît était le seul acte moderne de son règne. Ce qui n’est pas mal vu. Les héros de notre temps ne sont pas comme jadis ceux qui ont mené à bout une belle épopée, transformé le monde ou au moins entrepris une réforme historique, l’abolition de la peine de mort ou du délit d’avortement. Non, le héros d’aujourd’hui est celui qui a laissé tomber et qui est parti. Jamais Berlusconi (même lui !) n’a recueilli ces dernières années une telle popularité que depuis qu’il a claqué la porte du palazzo Chigi (au point que certains Italiens semblent avoir oublié qu’il a dû s’enfuir par la petite porte, celle réservée aux mendiants et colporteurs).

A cet égard, en effet, Benoît XVI aura réussi totalement sa sortie. Personne ou presque n’a entendu l’annonce de sa démission. Aucun des rares journalistes qui assistaient à son discours, sauf une, plus futée que ses collègues, n’écoutaient sa voix monocorde et son charabia en latin. Dès le lendemain de l’événement, enfin connu, il était déjà oublié, écrasé par une information autrement plus importante : la sauce bolognaise d’une partie des lasagnes surgelées contenait du cheval et non du bœuf.

Entre Rome et Bologne, les citoyens n’ont pas hésité longtemps.

PS : c’est le moment de (re)voir « Habemus papam » de Nanni Moretti. Superbe portrait d’un un pape élu malgré lui. Hésitant à accepter le mandat que lui ont confié tous ces vieux messieurs célibataires comme lui coupés du monde, il erre dans Rome à la recherche de la vraie vie.

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LE PERE NOEL EST UNE BISCOTTE

Les fêtes de fin d’année ne sont pas synonymes de festin pour tous. Pour qui ne peut pas ou n’aime pas ripailles et bombance, décembre est mois de souffrance.

La bûche devient bûcher et la dinde amer.

Imaginez le repas de fête chez les De Wever. Pendant que les enfants s’empiffrent de chocolat autrichien et que sa femme boit la sauce du plat à la petite cuillère, le nouveau maïeur de la métropole du Nord croque ses biscottes au jambon maigre. Même pas une côte de porc, juste son jambon. Vraiment, le porc d’Anvers n’a pas la pèche cette année.

Quelle misère ! Quand tout lui sourit en politique, Bart doit faire ceinture pour garder la peau sur les os. Mais, quelle idée stupide de faire de sa cure d’amaigrissement un cocktail électoral ! Ah ! Il a bonne mine maintenant ou plutôt mauvaise, en surgissant sec comme un hareng saur au milieu des pubs et des émissions télé où la bonne bouffe s’étale en couches appétissantes et joyeuses comme dans tous les étalages qui accompagnent son chemin de croix entre sa maison et l’hôtel communal.

A force de brandir sa maigreur comme preuve de sa force, s’il grossit, son corps électoral perdra aussitôt du poids. Alors qu’à l’époque où il jouait les victimes, il pouvait se consoler en enfilant tout ce qui passait de bon à sa portée, frites, saucisson, gaufres à la crème. Maintenant, cinq kilos en plus c’est cinq cents électeurs en moins.

Qu’il se méfie de ses fausses formes fluettes ! Dans une région qui a gardé pour modèle Breughel, Rubens et Lamme Goedzak, il va finir pas avoir l’air si calviniste que les Flamands vont l’envoyer en Hollande, c’est-à-dire au diable !

C’est une erreur de croire que la diète sied à la crise, qu’il serait indécent pour un dirigeant de se montrer gourmand parce que le PIB stagne. Au contraire, en pleine déprime, le bon vivant est rassurant. On se dit inconsciemment que s’il a trouvé les sous pour se remplir la panse, il nous filera la recette. C’est le secret de la longévité de Berlusconi d’avoir fait croire aux Italiens qu’en le mettant aux affaires, ils goûteront aux mêmes plaisirs que lui. Et la force de Dehaene d’abandonner une banque en déroute la tête haute parce qu’il a le ventre plein. Qui s’inquiète des petites affaires du rondouillard Albert Frère alors qu’on tremble devant les initiatives du trop squelettique Mittal ?

Dans une époque sans utopie, il faut inventer de nouvelles fables pour que l’on ait envie de survivre à la fin du calendrier maya. L’abondance comme nouvelle f’oie ?

Les dirigeants européens devraient y songer, eux qui se montrent si incapables de nous faire rêver. A condition qu’Herman Van Rompuy, songe à se rempailler sérieusement sinon personne ne le croira capable de réussir la multiplication des pains.

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SCREENING

Une fois de plus, l’église de Belgique a mis dans l’Emile comme disait Pierre Dac. Pour éviter l’arrivée de nouveaux moutons noirs, attirés par les possibilités qu’offre le boulot de prêtre pour qui aime les enfants, elle a décidé de soumettre les futurs candidats à la prêtrise à un « screening ».  (Remarquez au passage l’abandon par Mgr Léonard du latin de cuisine au profit de ce sabir international qu’on dit vaguement inspiré de l’anglais. Vaguement puisque, malheureuse coïncidence, l’utilisation du verbe « to screen » semble être un acte manqué : il signifie aussi « cacher, masquer » …)

D’après ce que j’ai compris, il s’agit de confier ces malheureux à un contrôle psychologique dès le début de leurs études puis de leur faire subir un « suivi permanent ». « L’Eglise doit mieux protéger les enfants » a déclaré le boss de Malines-Bruxelles toujours plein de bon sens et de compassion.

Hélas, la méthode risque de faire des dégâts. Je ne suis pas certain que beaucoup de ces jeunes étudiants sortiront indemnes de plusieurs années sous « monitoring » constant par des psychologues, dont la santé mentale n’a jamais été elle-même « screenée » – pas plus que celle des vieux prêtres chargés de les former.

Suis-je trop sourcilleux ? C’est vrai. A force de critiquer, la civilisation n’avancera jamais. Prenons donc pour hypothèse que le « screening » à la Léonard est le remède-miracle aux terribles maux de l’église.

Interrogé par « Vers l’Avenir » un chanoine trouve l’idée si bonne que, selon lui « les futurs instituteurs, infirmiers, maîtres de sport devraient aussi être screenés ».

Et pourquoi pas les hommes politiques ?

Plus question d’inscrire un étudiant en sciences politiques sans qu’il ait rempli un formulaire de screening. Interdiction aux partis d’accepter l’adhésion d’un nouveau membre qui refuserait de se laisser « screener » tout au long de sa carrière, du bas de l’échelle, lorsqu’il n’est que militant colleur d’affiches jusqu’au sommet lorsqu’il caracole en tête de liste, ministre, président, commissaire européen, que sais-je encore ?

Vous rendez-vous compte du temps qu’on aurait gagné si, au hasard, Bart de Wever, Michel Daerden, Pieter Rambo De Crem avaient été screenés ? On n’aurait eu que des dirigeants normaux et raisonnables, rien que des Yves Leterme ou des Philippe Moureaux…

Freud ! Réveille-toi, ils sont devenus fous !

Le pire eut été en Italie : jamais le petit Silvio ne serait devenu le Bunga-Bunga Berlusconi.  Comme on les connaît, les psychologues auraient affirmé après quelques séances de « screenage » qu’il est incapable de jamais diriger le pays. Ils lui auraient sans doute conseillé de choisir une autre carrière. Prêtre, par exemple.

 

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CHERCHEZ LA FEMME

Jadis (à l’époque bénie du rideau de fer), on s’inquiétait des humeurs de ces messieurs du Kremlin – les camarades femelles n’existaient pas. Un froncement de sourcil du czar rouge et le monde « libre » tremblait, les chancelleries s’agitaient comme une fourmilière menacée par le feu, les ministres européens se pressaient, tremblants et blêmes, comme si un tyrannosaure Rex venait de se réveiller sous leur nez.
Depuis la disparition des monstres rouges, ce sont les dames qui font la météo : calme plat, plein soleil, ouragan ou avis de tempête.
Quand l’une des épouses de Nicolas Sarkozy ne fait pas partie des bagages ou qu’elle n’apparaît pas à un raout officiel, la France entière s’interroge, bruisse de rumeurs. C’est la crise. Le président restera-t-il en place ? La république tremble sur ses bases. Peu importe les raisons du voyage, la situation internationale. Il n’y en a que pour madame : est-elle là ou pas ? Souriante ou maussade ? Et, surtout, comment est-elle habillée ?
Lors du récent déplacement en Espagne du président français, la crise financière, la lutte contre le terrorisme étaient passés à la trappe. Oubliés aussi les quelques mots maladroits à propos de M. Zapatero. Les folliculaires ne regardaient qu’une chose : les belles gambettes, les toilettes élégantes et les silhouettes cambrées des deux premières dames, photographiées de préférence de dos.
En Italie, tant que le ménage Berlusconi faisait illusion, le président du conseil pouvait multiplier les déclarations grotesques, faire voter des lois scandaleuses pour s’en mettre plein les poches dans la plus parfaite légalité et faire le clown devant les morts de la catastrophe de L’Aquila, rien ne pouvait entamer sa popularité. Que sa chère et tendre claque la porte et dénonce ses sympathies pour quelques starlettes, et c’est la dégringolade. Heureusement qu’à l’époque où J.F. Kennedy était président, les Etats-Unis n’avaient d’yeux que pour Khrouchtchev et Castro. Car ce n’était pas seulement un pauvre cigare qui faisait ses délices…
Le nouveau président d’Afrique du sud, M. Zuma, devrait se méfier. Ce pauvre homme est en effet flanqué de quatre épouses. Quatre madame Berlusconi… Ca promet !

Alain Berenboom
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PS : ça n’a rien à voir – quoiqu’il y est aussi question de femmes ! Ne ratez pas la reparution de « L’Incendie » de Mario Soldati (édition Le Promeneur), sublime romancier italien, mort il y a tout juste dix ans. Entre Venise, Turin et l’Afrique, Soldati nous offre une comédie à l’italienne qui est aussi un passionnant thriller et une superbe réflexion sur l’art.