COOK EN STOCK

  Auparavant, tout était simple, aussi binaire que la coiffure de Donald Trump face à celle de Greta Thunberg. 

   Côté tresses, les écologistes. Côté mèches, les touristes.

   Les écologistes partaient en vacances à bicyclette, leurs enfants sur le dos pour profiter de la campagne pas trop lointaine et visiter quelques vieilles chapelles abandonnées. Dans leurs sacs, des légumes et des fruits de saison. 

   Tandis que les touristes filaient par avion vers la Méditerranée (côté où elle est bon marché) faire de la moto des mers et des balades en bus diesel avec air conditionné  pour contempler des soi-disant sites antiques reconstitués à la hâte.   

  Mais, avec l’effondrement de Thomas Cook la différence entre les uns et les autres est devenue beaucoup plus floue. Coincés sur les bords de la Mare Nostrum, les touristes seront bientôt obligés de se procurer des vélos pour rentrer chez eux. Pour la nourriture, vu tout ce qu’ils ont perdu dans l’aventure, ils devront se résoudre eux aussi à choisir le régime fruits et légumes des producteurs locaux pour survivre. C’est quand on tourne en rond qu’on découvre les bienfaits de l’économie circulaire. La rencontre qu’on croyait improbable entre Oxfam et Neckermann. Le mariage entre « All natural » et « all inclusive ».

   Au moment même où le plus british des voyagistes tombait en faillite, les parlementaires anglais étaient obligés de regagner dare-dare leurs sièges au Palais de Westminster.  Interdiction de quitter le territoire pour éviter que l’île ne se sépare brutalement du continent.   

 On ne sait si les victimes anglaises du vénérable tour operator ont conscience de cet acte de solidarité de leurs députés qui, comme eux, vont permettre d’épargner des tonnes de CO2, de clouer au sol des dizaines d’avions polluants et qui ont préféré le bon vieux fog londonien au dangereux et brûlant soleil étranger. 

  Reste à s’interroger sur le sort des parlementaires du Royaume-Uni qui, faisant bêtement confiance à leur extravagant premier ministre, ont mis à profit la suspension du parlement pour s’offrir des vacances par Thomas Cook. Et qui se retrouvent aujourd’hui coincés comme n’importe quel malheureux touriste à Djerba ou à Antalya, pendant leurs collègues reprennent bruyamment leurs travaux en ricanant, un verre à la main, des déboires et des maladresses de « Bo Jo ».

  Dire qu’un vote pour ou contre Boris Johnson et sa décision de rompre les amarres avec l’Europe coûte que coûte fin octobre va peut-être dépendre des voix manquantes de ces députés voyageurs.

   Si Thomas Cook avait su que sa compagnie tiendrait entre ses mains l’avenir du royaume de Sa Gracieuse Majesté et l’histoire de l’Europe, peut-être aurait-il hésité à transporter pour son premier voyage en 1841, cinq cents adversaires d’une ligue contre l’alcool…    

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FÊTE DES MERES

 

Les diablesses rouges pas championnes du monde ? Allons ! Les mamans belges sont les meilleures du monde. Et pas seulement au classement Pizzas. N’est-ce pas madame Reynders qui a donné à son fils cette intelligence et cette délicatesse qui font le charme de ses discours ? C’est elle aussi qui lui a enseigné l’histoire de notre pays. Ce qui a permis à son fiston de secouer le ronron d’un duel radiophonique pâteux avec un Elio manifestement pas réveillé (une grosse insomnie à cause du raffut infernal des avions ?)

Après coup, on appelle ça un dérapage, une gaffe. Alors que Didier, voyant le débat sombrer dans l’ennui, avait trouvé cette excellente réplique sur l’incompétence des socialistes dans les années nonante pour réveiller l’auditeur, entre temps rendormi, et l’envoyer au boulot. Illustration grandeur nature que les libéraux pensent aux travailleurs. Quoi que disent perfidement les socialistes.

Et la maman Wathelet ? Célébrons-la aussi. C’est elle qui a poussé Melchior junior à se mettre au néerlandais dès son plus jeune âge. Bien sûr, on ne connaît jamais aussi bien une langue apprise qu’une langue maternelle. Devenu chef, Melchiortje n’a pas saisi tous les détails du mode d’emploi du mouvement des avions à Zaventem que lui ont soumis ses excellents conseillers. Mais il a compris l’essentiel. Eviter que les zincs n’arrachent, au décollage ou à l’atterrissage, les patates des champs autour de l’aéroport. Illustration grandeur nature que les C.D.H. ne pensent pas seulement aux humains mais aussi à la nature. Quoi que disent perfidement les écologistes.

Et la maman d’Elio. Ah ! Cette fameuse mama, déjà si souvent mise en vedette par son fiston chéri, qui lui a transmis aussi toutes ses qualités, notamment sa grande modestie. Sur le modèle de la mère de Napoléon, qui n’avait de cesse de rappeler à son rejeton que la Roche Tarpéienne n’est pas loin du Capitole, comme disait son tonton, resté en Italie. Et qu’elle avait si bien résumé dans la formule : « Pourvou que ça doure ! »

Pour que ça doure encore cinq ans au moins, Elio s’est dépensé sans compter. Il a dépouillé l’état fédéral de quelques-unes des compétences qui lui restait, il a serré le cou des chômeurs et laissé la bride sur le cou des banques. Illustration grandeur nature que les socialistes ne pensent pas seulement à leurs camarades mais qu’ils mettent aussi en œuvre le programme de leurs adversaires. Quoi que disent perfidement ceux-ci.

Bart de Wever a aussi une maman. C’est elle qui lui a appris comment se bourrer de gaufres et de frites tout en gardant une taille mannequin. On préfère ne pas vous donner la recette ici car je vois que vous êtes à table. C’est la même recette qu’appliquera son parti lorsqu’il arrivera au pouvoir pour absorber toute la richesse du pays tout en restant aussi maigre que la Flandre.

 

 

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