REPRESENTATION EXCEPTIONNELLE

MONSIEUR OPTIMISTE

 

Le mercredi 22 février à 20h.

Au CCLJ

52, rue Hôtel des Monnaies

1060 Bruxelles

 

Dans la mise en scène de Christine Delmotte

 

Avec Daphné D’Heur et Fabrice Rodriguez

 

Dernière occasion de voir cette pièce unanimement saluée par la presse et le public cette saison à Bruxelles

CUMUL LAID

Et maintenant voilà Siegfried Bracke, pris à son tour la moustache dans le pot de confiture …

Ce n’est plus de commissions d’enquête dont on a besoin en Belgique, c’est d’un psychiatre. Une armée de psychiatres, vu le nombre de mandataires politiques atteints par la maladie du cumul.

La question n’est pas de savoir combien vaudraient en vente publique ces collections de mandats. Ce n’est pas une histoire d’argent. Pas seulement. Il y en a même beaucoup qui se battent pour décrocher des postes non rémunérés. La question est : pourquoi cette obsession?

Pourquoi des adultes consentants font-ils des pieds et des mains pour passer leurs soirées dans des conseils d’administration d’intercommunales chargés du traitement des déchets, de l’assainissement des eaux, de la gestion de l’abattoir de Ciney, du crematorium d’Audenarde ou de Namur, du centre psychiatrique de Mons-Borinage ? Beaucoup de ces mandataires, qui sont aussi échevins ou députés, n’hésitent pas à courir d’un conseil à l’autre. Le lundi, ils siègent à l’abattoir, le mardi au crematorium, le mercredi chez le câbleur.

Je ne vois qu’une raison à cette boulimie : ces pauvres élus s’emmerdent. Ils aiment pas lire, ils aiment pas la télé, même pas le catch féminin, ils aiment pas leurs femmes, leur mari, leurs enfants. Ils s’emmerdent.

Tels des boulimiques qui courent apaiser leur fièvre plusieurs fois par jour chez McDonald’s, ils ne peuvent résister aux conseils d’administration. Là, ils se calment un peu, en entendant le rapport de gestion du président, l’état des comptes du trésorier et surtout l’hommage à leurs collègues récemment disparus. Pendant la minute de silence, enfin, ils écrasent une larme d’émotion. La seule de la semaine.

De nouvelles lois ? Des sanctions ? On ne va pas les guérir en leur tapant sur les doigts. Il faut leur proposer d’autres activités pour apaiser leur addiction.

On conseillerait volontiers à Pascal Smets de taguer, la nuit, les murs de Bruxelles, lui qui a passé son temps comme ministre à choisir la nouvelle couleur des trams plutôt que d’écouter craquer les tunnels. On imagine Théo Francken reconverti en pion dans des écoles dites difficiles. « Je ne veux voir qu’une seule tête. Celle qui est blonde. » A Siegfried Bracke, des cours de coiffure pour dames du troisième âge. Il les teindrait en orange, plutôt qu’en mauve, façon de célébrer en groupe son rêve de la réunification des Pays-Bas.

On verrait bien aussi quelques hommes et femmes politiques élever des pitbulls, de quoi s’en inspirer en rendant leurs discours devant les assemblées encore plus musclés et plus bilingues.

Peu à peu, qui sait, on parviendra peut-être en les forçant à goûter à d’autres plaisirs, à les rendre presque humains.

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HONG KONG BLUES – FEVRIER 2017

Retrouvez Alain Berenboom en février, il présente et dédicace son nouveau roman :

­­_ mardi 7 février à 18h30 à la Librairie Chapitre XII, 12, avenue des Klauwaerts (étangs d’XL)
_ lundi 13 février à 18h30 au Centre Culturel d’Uccle (rue Rouge)
_ mercredi 15 février à 18h à la Librairie Filigranes (avenue des Arts à Bruxelles; metro Madou) – Présenté par Marc Filipson
­­_  jeudi 16 février à 20 h. au CCLJ, avenue Hôtel des Monnaies, 52 – 1060 bxl  – Présenté par Michel Gheude

DEFÊTE L’ EUROPE, DIT-IL

2017 se voulait une grande année européenne avec paillettes, petits fours et tout le tralala : en avant-goût de la fête des soixante ans des traités de Rome (septembre 1957), dès cette semaine, on devait célébrer les vingt-cinq ans du traité de Maastricht (février 1992).

Mais, avant même que ne saute le premier bouchon, c’est déjà la gueule de bois.

Dans une interview à « l’Echo », type cocktail Molotov, Paul « Che » Magnette, qui n’avait peut-être pas reçu de carton d’invitation, s’est chargé de balancer la vaisselle par la fenêtre. La Grande-Bretagne est dehors. Tant mieux ! Dans la foulée, continuons le nettoyage en mettant à la porte plombiers polonais, taximen bulgares et autres mendiants roumains, et dans la même charrette, ces sinistres Scandinaves, suédois et danois, qui ont la boisson trop triste, pas comme nous fiers Wallons. Et l’euro aussi, tant qu’à faire, s’il reste de la place. Bref, le traité de Maastricht, à la poubelle !

Démolir l’Europe, un vrai combat de gauche ? A voir. Mais qui diable a suggéré cette nouvelle poussée d’europhobie au camarade-ministre-président ???

Pas moi ! clame Stephane Moreau depuis son bunker. La preuve : mon groupe n’a jamais respecté la règle des 3 %, ni aucune règle d’ailleurs. Sauf une : chez nous, 100 % des hommes politiques étaient payés.

Ni moi, murmure la toute petite voix de Pénélope Fillon depuis la cave de son château où elle recherche les fiches qu’elle a écrites en 1992, elle en est certaine mais sa mémoire n’est plus ce qu’elle était. Ah ! Voilà déjà les affiches que François m’a fait coller à l’époque: Votez Non au référendum sur le traité de Maastricht. Tiens ? Magnette-Fillon, même combat ?

Le vrai souci de Magnette c’est qu’en quelques semaines, il est passé du statut de héros révolutionnaire ferraillant contre le traité CETA à l’image d’un pâle dirigeant socialiste wallon empêtré dans le scandale Publifin.

Tous ceux qui avaient acheté un T-shirt à son effigie réclamaient à leur Robin des Bois le remboursement ou une nouvelle aventure et vite. De préférence internationale – c’est plus prudent de lever le poing là où les socialistes wallons ne risquent pas de lui avoir savonné la planche.

Taper sur l’Europe, c’est comme taper sur les étrangers, ça marche toujours quand on compte sur l’intelligence des foules…

En France, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon font pareil. Et Fillon ne manque pas de rappeler son opposition aux traités, jadis, aux côtés de Philippe Séguin et Charles Pasqua. Même en Hollande, lancée aussi dans les législatives, il n’y pas que Geert Wilders pour flinguer l’Europe.

En lutte avec pareils compétiteurs, « Che » Magnette aurait peut-être intérêt à choisir d’autres cibles. Rêvons qu’elle concerne enfin le bonheur de sa propre région…

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BABY NEIL

Violentes manifestations sur le campus de Berkeley (Californie) pour empêcher un proche de Trump de prendre la parole à la tribune de la célèbre université. Les forces de l’ordre ont dû intervenir et déployer les grands moyens.

1967 ? Non, 2017 ! Comme pour fêter le jubilé des démonstrations contre le président Lyndon Johnson. A l’époque, la révolte d’une partie des Américains n’a pas empêché l’élection à la fin de cette année-là de Richard Nixon mais le mouvement finira par porter ses fruits. Nixon sera emporté avant la fin de son mandat. Non sans avoir dû boire auparavant le vin jusqu’à la lie en négociant, la mort dans l’âme, la fin de l’engagement raté des Etats-Unis au Vietnam.

Coïncidence, c’est justement en cette même année 1967 qu’est né Neil Gorsuch.

L’homme que Donald Trump  vient de nommer au siège vacant de la Cour suprême pour faire basculer la Cour dans le camp des partisans des thèses juridiques et éthiques les plus réactionnaires. Favorable à la peine de mort, opposé à la limitation des armes, à l’avortement et même à la contraception, Neil Gorsuch se flatte d’être un excellent pêcheur mais c’est le genre qui ne remet jamais ses prises à l’eau. Jamais.

On ne sait comment vivaient ses parents quand est né Baby Neil. Portaient-ils les cheveux longs ? Des colliers de fleurs ? Ont-ils défilé contre la guerre du Vietnam ? Manifesté pour le droit à l’avortement que la Cour suprême allait légaliser en 1973 ? A-t-il grandi, bercé par les odeurs de fumette ?

En tout cas, sa mère a été la première responsable de l’Agence de protection de l’environnement, une agence que Trump songe à supprimer. Au passage, on se dit qu’on aurait tort de comparer Trump à Reagan. Car c’est lui qui a nommé la maman de Neil. Il est vrai que Reagan a conservé quelques réflexes de son passé démocrate et peut-être de ses rôles dans les films très « libéraux » de son réalisateur fétiche, Allan Dwan.

On ne manquera donc pas de penser que, devenu grand garçon, Neil G. a voulu couper le cordon ombilical et effacer l’esprit de ses années de jeunesse. Retour vers le futur…

Entretemps, devenu un éminent juriste, il s’est attaché à défendre ce qu’on appelle une « lecture originelle » de la Constitution américaine. Selon lui, le texte fondateur ne peut se lire  que tel que les pères fondateurs l’ont établi en 1787 sans être interprété ou adapté à l’évolution de la société (or, c’est ce qui avait permis à la Cour de légaliser l’avortement). Ca promet !

L’ancien président Obama a des cheveux gris à se faire. Si son sort et ses droits sont revus à la lumière des règles de vie de la fin du dix-huitième siècle, il n’est pas certain qu’il puisse longtemps jouir de la jolie propriété où il s’est retiré à Washington à moins d’y travailler comme cireur de chaussures.

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HK Blues – rencontres

Retrouvez Alain Berenboom, il présente et dédicace son nouveau roman :

_ mardi 31 janvier à 19h à la Librairie Tropismes (galeries Saint Hubert à Bruxelles) – Présenté par Eric Russon

­­_ mardi 7 février à 18h30 à la Librairie Chapitre XII, 12, avenue des Klauwaerts (étangs d’XL)

_ mercredi 15 février à 18h à la Librairie Filigranes (avenue des Arts à Bruxelles; metro Madou) – Présenté par Marc Filipson

­­_  jeudi 16 février à 20 h. au CCLJ, avenue Hôtel des Monnaies, 52 – 1060 bxl  – Présenté par Michel Gheude

(Note : la pièce tirée par Christine Delmotte de « Monsieur Optimiste » sera présentée au CCLJ le 22 février à 20h15, suivie d’une rencontre avec Alain Berenboom)

LA VIE EST UN ROMAN

Commençons par un jeu. Qui a dit : « Si c’était vrai, cela ne pourrait pas être faux. Et, en admettant que ce fût vrai, cela ne serait pas faux. Mais, comme ce n’est pas vrai, c’est faux » ?

Est-ce Paul Furlan devant sa collection de casseroles ? Stephane Moreau au sujet de ses juteuses rémunérations dans Publifin et officines annexes ? Ou Benoît Hamon à propos de ses contorsions sur l’égalité entre hommes et femmes ou le port du voile dans la région dont il est député ?

La réponse est : Lewis Carroll dans « Alice au Pays des Merveilles » (publié en 1865). Un livre si riche qu’il peut aussi se lire comme un pamphlet sur l’art de discourir de nos politiciens, leur soif du pouvoir, leur folie et leur arrogance. Quand la Reine s’écrie à tout bout de champ : « Qu’on lui coupe la tête ! » le lecteur d’aujourd’hui ne pensera-t-il aussitôt à Trump, Erdogan ou Poutine ?

Et lorsque la Duchesse dit avec un grognement rauque : « Si chacun s’occupait de ses affaires, le monde n’en irait que mieux », ne songe-t-on pas automatiquement une fois de plus à Donald Trump mais aussi à Marine Le Pen ou aux rodomontades de notre secrétaire d’état Théo Francken ?

Il ne faut pas croire que les artistes sont des devins, des émules de madame Soleil. Ils lisent  beaucoup mais rarement dans le marc de café. Ce sont les politiciens qui, à court d’idées cherchent désespérément dans les bouquins, les B.D. et les scénarios quoi dire de neuf à leurs pauvres électeurs. Et qui s’efforcent de ressembler de plus en plus à des personnages de roman ou de films.

Regardez Trump à nouveau. Dans son discours d’investiture, il n’a pas n’hésité à glisser des phrases directement puisées dans les dialogues du film « Batman » de Christopher Nolan.  C’est la harangue de Bane, le méchant du film, qu’il plagie, lorsqu’il s’engage à  transférer le pouvoir de Washington « pour le donner, à vous, le Peuple ! »
On comprend que les ventes de l’angoissant roman de George Orwell « 1984 », qui avaient déjà été boostées par les révélations de Snowden sur l’existence des systèmes mondiaux d’espionnage, aient explosé depuis l’élection du quarante-cinquième président. Il existe en effet une correspondance troublante entre les déclarations de sa conseillère, Kellyanne Conway qui défend l’idée qu’il existe des « faits alternatifs », une autre vérité que la vérité, et G. Orwell lorsqu’un de ses personnages s’écrie : « Le Parti vous dit de rejeter le témoignage de vos yeux et de vos oreilles. C’est son commandement ultime, et le plus essentiel.”

Peut-on suggérer que la légende sous les photos officielles du nouveau patron de la Maison Blanche soit « Ceci n’est pas un président » ? Ce serait un excellent apport de l’art belge à la nouvelle politique américaine.

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OH! OH! OH! CAUSE TOUJOURS!

En France, les candidats à la présidence portent des noms qui se terminent par « on » : Fillion, Macron, Mélenchon. En Wallonie, les petits chefs sont choisis dans les familles dont la syllabe finale est un « o » : Mathot, Moreau, Housiaux. Prenez soin d’écrire « O » en majuscule comme dans zérO, le nombre de zéros dépendant de la place qu’occupe le « o » dans la toile d’araignée que les ooo ont tissée autour des intercommunales.

Négligence de leur part, ils ont laissé un type dont le nom se termine par « ain » mettre le nez dans leurs affaires, le prenant sans doute pour un nain. Ils auraient dû se méfier de ce monsieur Halin, échevin des finances de la petite commune d’Olne. Surtout que son presque homonyme français a écrit le scénario de quelques films dont le titre aurait pu leur mettre la puce à l’oreille : « Carrefour du crime », « Métier de fous », « Millionnaires d’un Jour », « Treize à table », des titres qui semblent tous raconter la saga Publifin. Ajoutons-y « C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule » qui annonçait la qualité des débats au parlement wallon et le contenu du discours du ministre Furlan. Lorsqu’ils examinent les traités internationaux, les occupants du Grognon peuvent jouer à dépasser le PTB sur sa gauche. Mais pas quand ils se penchent sur leurs « propres » petites affaires.

A propos, le Halain scénariste a aussi signé la série « Fantômas » (tirée des livres d’un autre homonyme, Marcel Allain).

 Allongeant son ombre immense(…) / Quel est ce spectre aux yeux gris / Qui surgit dans le silence ? / Fantômas, serait-ce toi / Qui te dresses sur les toits ? chantait Robert Desnos.

Tout était donc écrit : un terrible justicier se préparait à fondre sur la cité ardente. Et ils ne l’ont pas vu venir. Dommage qu’une intercommunale spécialisée dans les medias et les télécommunications compte si peu de cinéphiles dans ses dirigeants…

Revenons à l’échevin Halin. On est tout de même surpris de la méfiance qu’il a affiché à l’égard de Publifin. Alors que le site de la grande intercommunale liégeoise affiche une page intitulée « Nos Valeurs », énumérées et définies ainsi : notre « Ethique » « consiste à travailler dans la stricte observance de certains principes ou valeurs, tels que le respect de la loi, l’intégrité, la transparence, le respect des autres, l’équité et la loyauté. » Et « L’intérêt général » est pour elle « un état d’esprit qui vise à dépasser les particularismes pour les intégrer dans la dimension du « bien commun» (sic).

On ne peut pas dire que ceux qui gèrent ce site soient réactifs. Cette page n’a pas été mise à jour depuis les derniers événements. Comme si les patrons de Publifin se rappelaient un autre film : « Cause toujours ! »

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COUPE AU MONTAGE

Retrouvez Alain Berenboom dans “Coupé au Montage” avec Myriam Leroy.
_ En radio sur la Première, samedi 21 janvier à 18h30;
_ En télé sur la RTBF La Trois ce même samedi 21 janvier à 20h00 (et rediff le lundi 23 janvier sur la Trois à 23h00);
_ Le tout aussi en podcast sur RTBF auvio.

HONG KONG BLUES ARRIVE

Le roman HONG KONG BLUES sera en librairie à partir du 25 janvier 2017 !

Retrouvez Alain Berenboom, il présente et dédicace son nouveau roman :

_ le mardi 31 janvier à 19h à la Librairie Tropismes (galeries Saint Hubert à Bruxelles) – Présenté par Eric Russon

_ le mercredi 15 février à 18h à la Librairie Filigranes (avenue des Arts à Bruxelles; metro Madou) – Présenté par Marc Filipson

écrivain, chroniqueur, romancier