CASQUES BLUES

   A quoi sert l’ONU ? Après l’assassinat en RDC de l’ambassadeur d’Italie et deux de ses accompagnateurs, comment ne pas se poser une fois de plus la question ? La mission de l’ONU pour le Congo a été créée en 1999. Vingt et un ans de présence dans les provinces de l’est, vingt et un ans de violence, de cruauté. On y est assassin de père en fils ! On suppose que le métier permet d’épargner pour ses vieux jours sinon les nouvelles générations seraient devenues médecins, infirmières, profs ou commerçants, voire politiciens, plutôt que tueurs comme papa. Hélas, le magnifique docteur Mukwege, prix Nobel de la paix, « l’homme qui répare les femmes », n’est pas prêt de prendre sa retraite. 

Pendant ce temps, les génocidaires hutus rwandais qui ont pu s’enfuir au Congo avec armes et bagages, avec la complicité des autorités françaises de l’époque (président socialiste et ministre des affaires étrangères de droite, en union sacrée comme le soulignait récemment Colette Braeckman) ont implanté un empire basé sur la terreur sans que les braves troufions en casques bleus n’aient manifestement entrepris ni surtout réussi quoi que ce soit qui mette fin à ce cercle infernal. 

Ce qui rappelle d’autres horreurs que les « missions » de l’ONU ont préféré ne pas regarder. Le génocide des tutsis, abandonnés à leur triste sort (autant que les militaires belges chargés de protéger la première ministre, tous tués comme elle). Quand on commence à se tirer dessus, les casques bleus se rappellent généralement qu’ils ont autre chose à faire que de s’interposer, le plus souvent faire leur barda… 

Au même moment, d’autres civils se faisaient massacrer en ex-Yougoslavie. Avec en point d’orgue, Srebrenica en juillet 1995 (qualifié de génocide par le TPI, lors du procès du général Mladic). Cette fois encore, les troupes de l’ONU se sont battus pour ne pas éviter les massacres, les casques bleus hollandais sur place allant jusqu’à aimablement aider les Serbes à séparer femmes et hommes et à indiquer les refuges de certains habitants (les tribunaux hollandais ont condamné les Pays-Bas depuis). Quant à l’état-major, dirigé par le général français Janvier, il a refusé tout appui aérien à ses casques bleus, ce qui aurait permis sans doute de bloquer l’avance serbe, à la suite d’un accord conclu avec Mladic ! 

Les envoyés de l’ONU ne travaillent qu’à assurer le fonctionnement de la machine de l’organisation internationale dans un mouvement perpétuel qui laisse sur le côté tous autres que les fonctionnaires de l’ONU. 

Ne remontons pas plus dans le temps, on trouverait à chaque envoi de casques bleus la même impuissance, parfois la même complicité. 

Peut-être qu’il faudrait en tirer enfin une leçon simple : faire la guerre et surtout rétablir la paix sont des activités trop sérieuses pour les laisser aux soldats habillés de bleu par l’ONU. 

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BONUS MALI

En ces temps de givre et de frimas, comment ne pas saluer l’initiative du Forem de faire gérer ses services informatiques par des sous-traitants établis au Maroc ?

On suppose que, toujours attentif à accomplir au mieux sa mission, le Forem aura exigé que ces emplois soient confiés à des chômeurs de chez nous. Bravo ! Envoyer nos chômeurs en Afrique, enfin une idée nouvelle, ingénieuse, pour remettre les Wallons au travail ! Et couper l’herbe sous les pieds de De Wever et compagnie. Cette fois, on peut être sûr que les nationalistes flamands resteront sans voix devant un projet aussi audacieux.

Logés quelque part entre Ouarzazate et Taroudannt, nos travailleurs épargneront non seulement de bêtes frais de chauffage, d’électricité et d’eau mais surtout toutes ces autres dépenses inutiles nées de l’ennui : alcool, lotto, casino, etc.

Cette opération est aussi un bel exemple d’application sur le terrain de cette flexibilité sociale tant réclamée par le gouvernement et le patronat : les salaires de nos Wallo-Marocains sont fixés au cours local (inutile et dangereux de créer des discriminations avec leurs nouveaux voisins) et leurs avantages sociaux alignés sur la législation du pays d’accueil. Même s’ils bénéficient de l’indexation – promesse irréfragable du premier ministre socialiste, croix de bois, croix de fer, si j’y renonce, je vais en enfer ! – celle-ci est évidemment calculée sur base du panier de produits blancs de la ménagère marocaine.

Pour sauver le nord, cap vers le sud. Tel semble être la politique du gouvernement Di Rupo. Tandis que nos chômeurs sont exfiltrés vers le Maroc, les soldats belges sont envoyés au Mali. C’est vrai qu’ils s’ennuyaient un peu, loin de leurs champs de bataille traditionnels. Il fallait bien leur trouver une occupation sinon on aurait entendu l’opposition N-VA protester une nouvelle fois en agitant son habituel mantra. L’armée ? Encore une institution fédérale inutile et coûteuse !

Certes, on aurait pu employer nos militaires en Belgique. Mais les envoyer face aux ouvriers de Ford à Genk ou de Mittal à Liège, ce n’était pas très politiquement correct. Pas plus que de les mettre au volant des bus des TEC pour remplacer les chauffeurs en état de grève permanente.

Tant qu’à expédier nos troupes en Afrique, pourquoi pas dans l’est du Congo pourraient penser certains esprits candides ? Ce serait irresponsable, voyons. Empêcher les soldats de se tourner les pouces est une chose. Mais les jeter en Afrique centrale, ce serait aussi mauvais pour la santé des Congolais que pour celle de nos pioupious. Les mettre au service de la France est beaucoup plus prudent. Et plus juste : l’expédition belge n’est-elle pas payée grâce aux impôts de tous ces Français que nous accueillons si tendrement chez nous ?

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