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POURQUOI J’AI MANGE MON PÈRE

Que reste-t-il des partis politiques ? De leur puissance et de leur gloire ? En Belgique, Stephane Moreau a jeté sa carte du PS dans le destructeur de documents de Nethys – une machine déjà bien bourrée. En attendant, après quelques jours de deuil,  de prendre celle du PTB, plus utile pour les intérêts et l’avenir d’un homme aussi ambitieux ? Ce qui montre en passant que la mort d’un parti en fait épanouir un autre.

Un phénomène auquel on assiste aussi en France. De tous les vieux partis de la Ve République, il n’en reste qu’un, le Front national. Un front bas, qui plante ses griffes dans la glèbe de la France profonde comme du chiendent. Il faudra un très solide ouragan pour l’arracher et le balayer d’un bon coup de vent. Au lieu de quoi, ça souffle dans tous les sens. Les uns font la fine bouche devant cette fine mouche. D’autres se pincent le nez en attendant qu’elle passe. Que tous ces capitaines d’opérette ne s’étonnent pas que leurs voiles se déchirent et que leur bateau coule ! En attendant, vous savez ce qu’elle vous dit la Marine ?

Certains prétendent que seul l’exercice du pouvoir tuera le FN. Pensant sans doute à Charles Péguy qui prétendait que « tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique ». Mais, quelle manœuvre follement désespérée de donner aux Le Pen tous les pouvoirs de nuire pour espérer son agonie. Ceux qui font ce pari en croyant revenir alors en sauveurs de la nation risquent d’avoir disparu entre temps.

Il y a une dimension mythologique dans cette présidentielle : les vainqueurs du premier tour sont tous les deux des enfants qui ont mangé leur père. Marine a planté ses grandes dents dans les restes de Jean-Marie, ce qui révèle une étonnante santé et une excellente digestion.

Avant de se mettre en marche, Emmanuel Macron a lui aussi dévoré François Hollande et vidé les placards du PS de ce qui bougeait encore. Tous les marcheurs le savent, il n’est pas recommandé d’avancer le ventre vide. On le paye souvent avant d’arriver au but.

Reste à ces amateurs de chair pas très fraîche à nous proposer un menu débarrassé de tous ces restes. Un choix difficile à composer. Les électeurs rêvent de plats qui piquent, mais pas trop, qui amusent leurs papilles sans percer leur porte-monnaie. Accompagnés de vins qui grisent mais qui ne donnent pas la gueule de bois.

S’ils croient concilier tous les appétits, en composant un repas neutre, qu’ils se méfient. Machiavel les avertit: « le parti de la neutralité qu’embrassent souvent les princes irrésolus, qu’effraient les dangers présents, le plus souvent les conduit à leur ruine ».

Qu’ils se gardent aussi de leur propre progéniture qui pourrait être tentée de suivre les usages familiaux en dévorant à son tour l’un sa tante, l’autre son papa…

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UBER ALLES !

Merci madame la Poste ! Une fois de plus, en avance sur l’histoire.

Après avoir remplacé les facteurs par des livreurs de pizza et les buralistes par des caissières de Delhaize, voilà une nouvelle trouvaille pour remplir ses obligations de service public : faire livrer les colis par les citoyens eux-mêmes plutôt que par les facteurs. Ils coûtent chers, les facteurs, ils sont syndiqués et se plaignent sans arrêt.

L’Uberisation va remplacer désormais toutes ces bêtes règles du droit du travail qui rendent nos entreprises si peu compétitives. En utilisant les voisins ou les voisins de nos voisins des villes voisines, c’est juste un p’tit coup de mains entre amis. Plus de rémunération minimum, de retenues sociales et fiscales, de préavis impayables, de congés payés. Fini, toutes ces absurdités d’un autre temps.

Et, si le voisin est trop pris par le football pour rendre un petit service à la poste, jouer taxi ou remplacer la comptable, il enverra ses lardons. Quoi le travail des enfants ? Encore une invention des socialistes pour contrarier le développement de nos industries.

Le foot, parlons-en. Nos clubs ne sont plus en mesure d’assumer les salaires vertigineux de stars bling-bling aux pieds cousus d’or sans faire appel à la maffia russe ou aux cheiks arabes ? Il y a un autre moyen. Remplaçons-les par les supporters. Ils seront peut-être moins efficaces que les pros de l’équipe adverse mais ils seront beaucoup plus nombreux sur le terrain. Surtout, ils ne coûtent pas chers et ils ont plein de copains pour les encourager au lieu de passer leur temps à critiquer joueurs et coach.

Les gardiens de prison s’entêtent à se croiser les bras ? Remplaçons-les par les détenus eux-mêmes. Vous verrez quelle discipline ils feront régner à Lantin et à Andenne.

Les chauffeurs des TEC laissent leurs véhicules rouiller dans les dépôts ? Quelques camionneurs polonais sont tout prêts à les remplacer entre deux livraisons.

La politique aussi a tout à gagner à la culture Uber. Fatigués d’une classe politique empêtrée dans ses querelles byzantines et incapable de nous faire rêver, les citoyens prendront avantageusement la place de nos excellences démodées.

Un barbecue à la centrale de Doel pour profiter des fuites, c’est tout de même plus drôle, plus rentable et plus utile qu’un discours de madame Marghem.

Pour soulager les policiers et les soldats accablés de fatigue après des mois de corvées, les artistes de cirque sont prêts à les suppléer. Un dresseur de lions face à un terroriste, c’est autrement plus sûr qu’un pauvre trouffion. Autant qu’un prestidigitateur pour faire disparaître en deux tours un colis suspect. Et, pour contenir des manifestants hostiles, qui sera plus efficace, des flics ou des clowns ?

Reste Charles Michel, irremplaçable dans le rôle de l’équilibriste.

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LEURRE D’ETE

 

Faute de moyens (ah ! la crise ! toujours la crise !), le ministère de l’intérieur a trouvé la recette miracle pour remplacer les policiers, qui coûtent chers, par du carton, récupéré dans les sacs jaunes. Cela s’appelle un leurre : une photo de flic grandeur nature collée sur un panneau, dont la silhouette, soigneusement découpée, donnera aux chauffards l’illusion que la maréchaussée veille sur le bord de la route, prête à châtier. A 150 km. à l’heure, bonne chance pour distinguer un vrai flic de son clone !

C’est moins intelligent qu’un radar mais tellement moins violent que les cognes des chemins de fer ou de la zone Bruxelles-Ixelles. Et sans doute plus efficace.

L’idée pourrait faire son chemin et être étendue à d’autres activités sans que le public ne se rende compte de la substitution. Ainsi, au parlement.

La désaffection de la majorité des députés aux séances publiques a largement contribué à la dégradation de le la démocratie et au désenchantement des citoyens. Quelques photos collées sur des panneaux de carton pourraient renverser la vapeur. Des marionnettes à l’effigie de nos représentants soigneusement posées sur leurs sièges lorsque les caméras se tournent vers eux et hop ! le tour est joué ! Comme les téléspectateurs ont l’habitude d’avaler tout ce qu’ils voient sur leur petit écran, ils auront l’impression que les politiciens ont entendu le message de leur désarroi et sont venus en masse accomplir leur mandat. De toute façon, comme les parlementaires sont habitués à ne pas discuter ce que leur président de parti a décidé dans son coin, personne ne verra la différence.

Le procédé du leurre pourrait aussi contribuer à sauver l’image des grandes entreprises européennes à la dérive. La fermeture des sites de Mittal et de quelques autres fleurons de nos industries lourdes a plombé les discours de la région wallonne et les rodomontades de ses ministres sur la réussite de la reconversion économique. Il suffit de remplacer la langue de bois par des panneaux de bois pour que l’illusion soit parfaite.

De loin, qu’est-ce qui ressemble le plus à un haut fourneau en activité qu’une belle photo couleurs en 3-D, grandeur nature, d’un haut-fourneau en activité ? En plus, c’est plus propre, moins polluant et moins dangereux pour la santé des travailleurs et des riverains.

Et cela contribuera même au développement de l’emploi puisqu’il faudra faire appel à des artistes pour que les clichés soient parfaits. Et à de vrais policiers (libérés par la pose de leurs leurres le long des routes) pour empêcher les curieux de s’approcher de trop près et les syndicalistes, toujours réticents devant la modernité, de manifester.

L’heure du leurre a sonné. Tu veux ma photo ?

 

 

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QUAND LA FRANCE SE MET AU VERT

A quoi ressemblera la France quand, à la surprise générale, monsieur Cheminade aura été élu président ?

Lorsqu’il a annoncé dans sa première allocution télévisée l’inauguration de l’ambassade de Mars sur l’esplanade des Invalides, tout le monde a rigolé. Un peu moins quand un vaisseau en forme de soucoupe s’est posé à côté du tombeau de Napoléon. Plus du tout quand un millier de petits hommes verts ont débarqué en poussant des glapissements.

Puis, l’émotion retombée, les premières critiques ont commencé à s’élever.

L’ancien président Sarkozy a exigé la destitution de son successeur pour violation des lois sur l’immigration. « Dégage, pôv’ vert ! » s’est-il écrié quand un Martien est venu protester sous ses fenêtres.

Les évacuer mais comment ? Airbus a dû reconnaître que la technologie française, pourtant la plus avancée du monde, ne permettait pas d’assurer sans risques pour la santé (des accompagnateurs français) leur rapatriement sur la planète rouge. Alors, les reconduire à la frontière de l’Europe ? D’après les conventions internationales, la France étant le premier pays d’accueil, on ne pouvait les renvoyer. Le premier ministre, Jean-Luc Mélenchon, a bien suggéré d’abolir les conventions internationales qui portaient « atteinte à la cause du peuple français », le parlement restait divisé sur la question.

Les représentants du culte sont aussi entrés dans la danse le jour où il a fallu enterrer un Martien écrasé par un autobus touristique. Juifs et Musulmans ont refusé de céder un pouce de leur carré aux petits hommes verts ; déjà que leurs pauvres morts doivent se pousser pour trouver une petite place. Les catholiques ont invoqué le refus du pape, lequel a dit que le fils de Dieu n’est pas mort pour les petits hommes verts. Et les cimetières publics ont aussi refusé de l’accueillir en invoquant la loi de 1881 qui réserve les sépultures municipales laïques aux êtres humains. Pas humains, les Martiens ? La ligue des Droits de l’Homme est montée au créneau en rappelant de sinistres précédents. Ce que certains avaient osé dire des Noirs allait-il se répéter avec les verts ? Les Ecolos aussi ont défilé aux cris de « nous sommes tous des petits hommes verts ! »

Le pays risquait la guerre civile lorsque le chef des Martiens eut la bonne idée de signaler enfin la raison de leur présence en France. S’ils étaient venus au pays du président Cheminade, c’était pour acheter des armes et des centrales nucléaires. Aussitôt, les querelles s’apaisèrent comme par miracle. A l’unanimité, le parlement les fit citoyens d’honneur de la république. Et l’on offrit même au petit homme une photo dédicacée de Carla Bruni, à laquelle il tenait tant.

 

 

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DEUX MILLE DOUCE

Décembre deux mille douce et c’est la fin du monde… A voir nos dirigeants européens tourner en rond comme des poules sans tête, nul doute qu’ils ont choisi de respecter le calendrier maya.

A Bruxelles, le coup de cymbale final sera-t-il donné par Elio Di Rupo ? Le seul moyen pour lui de rester au pouvoir est de retarder le vote de la réforme institutionnelle et de la scission de B.H.V. jusqu’au 11 décembre à minuit. A peine la constitution modifiée, elle disparaîtra avec toute le reste de la planète. Même Olivier Maingain n’a pu rêver plus beau scénario !

Grâce à Bart De Wever, qui prépare ça depuis longtemps, la Flandre sera la seule à échapper au cataclysme. Ayant compris qu’il n’arrivera jamais à se séparer de Bruxelles et de la Wallonie, il a entrepris en douce la construction d’une super-fusée destinée à libérer les Flamands de l’emprise belgicaine : elle les emmènera sur l’une des ces planètes jumelles de la Terre que les astronautes viennent de découvrir. Grâce à l’extraordinaire prévoyance du grand président de la N-VA, les seuls survivants de la catastrophe finale seront donc des militants nationalistes flamands. Bonne chance aux habitants de la planète lointaine sur laquelle ils débarqueront avec pour tout bagage le programme de la N-VA, des gaufres et du J.Jambon. Espérons qu’il n’existe pas chez nos cousins de lois contre les immigrés. Ni contre l’usage des langues étrangères…

Est-ce un hasard ? 2012 est une année d’élections un peu partout sur la planète. Comme si l’on voulait s’offrir un dirigeant de rêve pour terminer l’histoire. On vote aux Etats-Unis, en Russie, en France, dans plusieurs pays arabes. On désigne le nouveau président européen. Et même la dernière tête du parti Ecolo. Il paraît qu’on se bouscule au parti vert pour avoir l’honneur d’annoncer l’anéantissement de la planète.

Etrange de penser que ce n’est pas le réchauffement climatique qui aura sa peau, ni l’explosion d’une nouvelle centrale atomique, ni l’épuisement du pétrole et des autres matières premières. Non, ce sont ces bons vieux Mayas avec leurs prévisions faites il y a des milliers d’années à une époque où ils ne connaissaient ni les 4×4, ni l’avion, même pas la roue.

Remarquez : il existe un curieux lien entre Mayas et Ecolos. Quand on coupe la tête du patron du parti vert, il en en pousse deux autres comme dans l’hydre de la légende. Or, l’hydre est un serpent. Chez les Mayas, c’est justement un serpent, le dieu Kukulkan (le serpent à plumes) qui annoncera la fin du monde.

De là à conclure au rôle historique que jouera sur la planète l’élection des deux successeurs de Jean-Michel Javaux, il n’y a qu’un pas. Un homme, une femme, un serpent. Et tout le bazar recommencera…

Bonne année douce !

 

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SMS ET PLUS SI AFFINITES

Depuis un an qu’ils ne nous disent plus rien, on se demandait vraiment à quoi pensent tous ces politiciens qui ne nous gouvernent pas ?
La réponse est venue de notre dernier leader bien-aimé-respecté. Ainsi donc, quand Yves Leterme pense, ce n’est ni à BHV, ni au remboursement de la dette, ni à l’avenir du Standard, même pas à la guerre qu’il mène en Afghanistan et en Lybie. Non, quand il pense, c’est à ça à qu’il pense. Eh bien…
On ne le voyait pas comme ça notre brave notaire social-chrétien. Dans la peau de D.S.K. Dites donc…
Quelqu’un a-t-il songé à enquêter auprès des femmes à journée polonaises qui, le soir, s’attardent dans les bureaux du 16 rue de la loi ?
Puisqu’une certaine presse a décidé que la vie privée torride de Yves Leterme méritait la « une » des journaux, autant aller jusqu’au bout des révélations. Déballons tout ! Pendant douze mois, les Belges ont crié : on veut un gouvernement ! En vain. Alors, changeons de slogan : ce qu’on veut, c’est un gouvernement seXuel ! Ce sera peut-être plus efficace.
Si, contrairement à l’image qu’ils affichent, tous ces êtres lointains qui se battent pour nous diriger sont au moins aussi brûlants que notre expéditeur des affaires courantes, on va avoir un gouvernement vite fait.
D’autres révélations ?
Ainsi, ce S.M.S. envoyé par un certain Bart D. à Oliver M. : « Mon petit francolâtre adoré, tu sais où j’aimerais mettre ta proposition d’élargir Bruxelles ? Réponds-moi viiiite ! »
Ou celui de ce même Olivier M. à un nommé Charles M. : « Ainsi, tu veux me quitter pour plus fort, plus puissant, plus borderline que moi ? Et tu t’imagines qu’il est prêt à te céder ? Pauvre naïf ! Si tu lisais le SMS qu’il m’a envoyé… »
Et dans la foulée ce message de Charles M. à Bart D. : « Mon lutteur chéri de la foire du midi, ne crois pas un mot de cette langue vipérine d’Olivier. C’est rien qu’un jaloux. Il sait qu’avec le régime de facilités que tu vas m’accorder, tu pourras tout avoir de moi. Tout ! »
Un certain Elio s’y est mis à son tour. Toujours à destination de Bart W., décidément le chéri de ces dames : « Ma mouette de la Vlaamse kust, j’ai appris qu’un tas de petits marquis tournent autour de toi comme des mouches folles. Méfie-toi de leurs faux serments ! Je suis en train de te fignoler une belle lettre d’amour, je suis sûr qu’elle te fera rougir autant que moi ! »
Faut-il s’étonner de ce tourbillon d’amour alors que notre vie politique récente a été rythmée par des mariages – des mariages ratés : la N.V.A. avec le C.D.&V., le S.P.a. avec Spirit, le M.C.C. avec le F.D.F. ? On comprend que certains préfèrent essayer les unions clandestines…

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SOUS LA NAPPE, LA PLAGE

Neuf mois qu’ils accumulent sur la table tout ce qui leur passe par la tête ! Croulant sous ce bric-à-brac breughelien, qui s’étonnera qu’ils aient la nausée ?
Il serait peut-être temps qu’ils regardent ailleurs : sous la nappe, par exemple. Où ils découvriront quelques surprises s’ils veulent bien ouvrir les yeux.
Sous la nappe ? La plage.
Des dunes, où s’aiment des amoureux, où jouent des enfants, où des chiens chient, le regard coupable.
A la côte belge, remarquez, Wallons et Flamands se laissent flotter sans s’opposer. Marée haute, marée basse. C’est la Lune qui donne le la, pas De Wever.
La mer qui monte n’a jamais fait venir l’écume aux lèvres. Quand on reste vague, on revient toujours à l’essentiel…
Qui sait ? Peut-être qu’avec Wouter Beke, la nouvelle vague des politiciens va nous faire plonger sans danger dans les grandes profondeurs. Mais il faudra alors que cet homme se transforme en brise-lames. On peut rêver. C’est dans la tempête que se révèlent les bons marins. Mais qu’il n’oublie pas de garder une bouée à portée de mains plutôt que sur ses lunettes.
Un conseil au négociateur : quand on met certain coquillage contre l’oreille, si on écoute bien, on entend l’appel du large.
Garnaalkroketten, zeetong, wafels, paling in ‘t groen: c’est sous la nappe que les neufs partis peuvent découvrir les plats belges susceptibles de les réconcilier.
A ce propos : quand est-ce les neuf partis redeviendront des partis neufs ?
Sous la nappe, il y a aussi les pieds.
On a trop regardé les visages de nos discutailleurs, leurs bras, leurs doigts sans honneur, on les a trop vus faire du vent devant les caméras. Regardons plutôt leurs pieds, ça ne trompe pas.
Il y a ceux qui les mettent en éventail comme les vacanciers sur la plage. Ceux-là n’ont rien à perdre. Ils écoutent leurs voisins, un vague sourire aux lèvres, en se disant : cause toujours, mon lapin, et compte sur moi pour mettre du sable dans les engrenages si d’aventure ton château commence à prendre forme.
Il y a ceux qui gardent les pieds rentrés, qui ont peur de leur ombre même quand il n’y a pas de soleil. Ceux qui ne parviennent pas à quitter le parasol sous lequel ils sont réfugiés malgré l’écran total dont ils se sont enduits.
Il y a ceux qui ont enfilé subrepticement des pantoufles. Des malins qui aiment le confort ? Ou des pessimistes qui n’ont aucun espoir de quitter cette foutue table pour se rendre chez le roi et lui dire : les vacances, c’est fini ?
Avant de se remettre au travail, faudra qu’ils troquent leurs charentaises contre des bottes. Pour nettoyer la plage de toutes les crasses abandonnées là depuis des mois. Et puis creuser pour ramener à la surface le coffre au trésor dont nous avons vraiment besoin !

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LES 12 TRAVAUX DE SUPER DIDGE

Il était une fois un super héros qui déprimait beaucoup.
Si l’on avait longtemps admiré son talent à digérer les briques et à avaler les couleuvres, les tuiles commençaient vraiment à lui dégringoler sur la tête. Et les serpents qui le piquaient sortaient de sa propre maison.
Partout des sous-vizirs guettaient sa place. Ou plutôt ses places car il avait accumulé postes, fonctions et mandats qui tombaient les uns après les autres. N’était plus président, plus premier Wallon, plus chargé des réformes institutionnelles, plus tenu au courant de rien. Il allait même perdre son titre de consul honoraire de Tunisie. Ne restait que ses yeux pour pleurer…
Lorsque soudain apparut le Roi…
Ah sire ! D’un seul coup de baguette magique, voilà Didgé remis en selle, redevenu super héros mais à une condition : qu’il accomplisse douze travaux. Tel le héros grec. Mais en quinze jours !
Le premier travail d’Hercule consistait à rapporter la peau du lion de Némée, le terrible fauve qui dévorait les habitants de la région. Didgé, lui, devra se mesurer à une bête autrement redoutable, le cruel Lion noir descendu du Nord pour ratisser les terres du sud.
Pour son deuxième travail, Hercule devait s’attaquer à l’hydre de Lerne, ce monstre horrible à plusieurs têtes dont l’une était immortelle. L’hydre belge est bien plus redoutable : il compte sept têtes qui ne cessent de se dévorer entre elles et qui sont toutes immortelles.
Le troisième travail obligeait Hercule à capturer sans la blesser la biche de Cérynie, aux sabots ailés si rapides que personne n’avait jamais réussi à l’approcher. Il fallut une année entière à Hercule pour la ramener au roi. La biche de Didjé s’appelle Joëlle. Cela fait quinze ans qu’il la chasse vainement. Il lui reste douze jours pour la domestiquer.
Après ses quatre premiers travaux qui en avaient fait une star, le roi obligea Hercule à retrouver un peu d’humilité en nettoyant les écuries d’Augias salies par trente ans de purin. C’est cent quatre-vingts ans de poussières, d’araignées et de je ne vous dis pas quoi accumulés dans les placards de Belgique que Didjé va devoir frotter, laver et faire blinquer.
Hercule a eu encore à affronter les oiseaux du lac Stymphale, le taureau de Crète, le sanglier d’Erymanthe, les juments de Diomède, les Amazones et le monstrueux chien Cerbère qui garde les enfers et empêche les défunts de retrouver le chemin de la vie.
Ce fut rude. Mais peu de choses comparé aux combats qui attendent Didjé : le taureau de Wever, les fouines du CD&V, le Jambon empoisonné de la N-VA, les Amazones socialistes aux dents redoutables, le Cerbère des francophones de l’enfer de la périphérie, et l’Elio di Rupo, qui guette derrière les serres de Laeken celui qui, ayant réussi toutes les autres épreuves, croit revenir en vainqueur …

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J’AIME LES FILLES !

Enfin, les choses sérieuses vont commencer !
Non, je ne plaisante pas. Qu’ont fait les « négociateurs » pendant sept mois ? Ce qu’ils font depuis cinquante ans. Discuter, marchander, échanger des vaches espagnoles contre des fraises de Wépion, des gaufres contre des chômeurs. Et je te donne Kraainem, et tu me donnes 500.000 euros pour boucher les trous à Bruxelles. Tu me refiles la politique de l’emploi. Et j’autorise les électeurs de quelques communes du Brabant flamand à aller voter à Bruxelles une fois tous les quatre ans.
Ce troc de boutiquiers, cet « art du compromis » minable dont on a, à tort, été si fiers pendant longtemps, c’est fini. Cette fois, on est condamné à innover.
Le rattachement de la Wallonie à l’Allemagne, imaginé par Paul Magnette un soir de grande fatigue avant de se faire taper sur les doigts, c’était un avant-goût de ce qui nous attend. Certains ont déjà été plus loin en proposant le rattachement de la Belgique au Congo, comptant sur l’art de la palabre bantoue pour faire taire définitivement Bart De Wever et Joëlle Milquet. On a vu dans quel état le ministre des affaires étrangères Steven Vanackere est rentré de quelques jours seulement de séjour dans la villa du président Kabila.
Tiens ? C’est peut-être une idée ça : envoyer les négociateurs discuter dans l’arrière-salle d’un restaurant de Kinshasa. En leur interdisant de sortir tant qu’un accord n’est pas signé.
Vande Lanotte éliminé après l’échec de Jean-Luc Dehaene, le roi n’a plus guère de «vieux sages » au fond de son chapeau. On voit mal Guy Verhofstadt ou Herman van Rompuy, le poète bestseller, rejouer une fois de plus les secouristes. Et Steve Stevaert, parti juste à temps après quelques claquettes ? Il est trop occupé à monter une version cubaine du Pukkelpop avec la famille Castro. Reste alors à faire appel à des personnalités de la société civile. Justement les citoyens lassés ont exprimé leur ras-le-bol avec une maturité dont les hommes politiques « responsables » auraient bien fait de s’inspirer. Mais qui ?
Justine Henin est disponible mais sa santé lui interdit de jouer des coudes. Arno est aussi difficile à comprendre que Michel Daerden. Quant à Stromae, il n’a hélas plus une minute dans son agenda jusqu’en 2025. Une autre idée ?
Les Flamands ne connaissent pas les stars wallonnes. Et les vedettes mondialement connues en Flandre sont ignorées chez nous : le touche-à-tout de génie Erik Van Looy, l’ironique Geert Hoste ou la pulpeuse Maaike Cafmeyer. Erik who ? Maaike who ?
Des inconnus ou plutôt de belles inconnues, n’est-ce pas de cette nouvelle génération que viendra le sursaut comme on a vu artistes, intellectuels et étudiants se mobiliser récemment toutes langues confondues ?
Maaike Cafmeyer et Cécile de France à deux au 16 rue de la Loi, ça aurait de la gueule, non ?

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TOUR DE MANEGE

Depuis quelques mois, nos hommes et femmes politiques donnent l’impression de s’être lancés dans un concours d’auto-scooters. On dirait que la foire du midi n’a pas fermé ses portes. Et bang ! Je te fonce par la gauche ! Et bing ! Je te fais une queue de poisson ! Et crac ! Je te fais tourner comme une toupie !
A ce petit jeu, personne ne fait le poids face à Bart De Wever. De chaque collision frontale, il sort aussi foudroyant que Hulk passant sous les rayons gamma tandis qu’Elio, Joëlle et les autres gisent groggy dans leur autos.
Quel est le gri-gri de Bart ? Une voiture blindée ? Un tank ? Un paquet de gaufres gonflées aux hormones ? On ne sait par quel tour de passe-passe, à chaque tour de manège, c’est lui qui décroche la floche. Ca ne roule plus du tout pour les francophones. On a même l’impression que leurs cerveaux commencent à partir en vrille.
Une solution pour eux consiste évidemment à quitter la Foire du midi et à construire un nouveau circuit d’auto-tamponneuses un peu plus loin, où la direction se réservera le droit d’entrée. Là, ils pourront gentiment se tamponner entre eux. Sans qu’un émule de Superman ne vienne leur abîmer le portrait.
Mais cela demande des investissements, un terrain, une nouvelle baraque, des auto-tamponneuses toutes neuves, qu’ils n’ont guère les moyens de payer. Et, dans l’état où elles sont, on voit mal les banques prendre le risque de leur prêter. De plus, elles ne goûtent guère aux jeux de hasard.
Reste alors à faire front en engageant à leur tour un héros pour affronter Super-Flamoutche.
Justement, j’en connais un, spécialiste des bagnoles et qui connaît bien la Belgique, et particulièrement la Wallonie : Bernie Ecclestone. Le patron de la F1. Le dictateur des circuits.
Il suffit que l’ami Bernie menace de déclasser Francorchamps pour que toute la classe politique se mette à trembler et s’empresse d’ouvrir son portefeuille.
N’est-ce pas le champion qu’il nous faut ? Le seul que De Wever n’osera qualifier de « nain de jardin » ? Bart contre Bernie ! Ah ! Quel match en perspective !
D’accord, Bernie ne fait pas dans la délicatesse. N’a-t-il pas déclaré l’an dernier que « Hitler était efficace » et dans une interview au Times : « Si vous observez la démocratie, elle n’a pas fait beaucoup de bien à beaucoup de pays. »
Mais au point où on est, on prend ce qu’on a. D’autant que, question pognon, Bernie est imbattable. Lui qui a réussi à vider les caisses wallonnes pourtant réputées vides, est le seul capable de convaincre les flamands de nous confier leur argent tout en leur faisant croire que c’est un bon investissement. Reste à calculer sa commission. Déclarer Francorchamps zone franche et bilingue ?

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