DESSINE-MOI UN MOUTON

   C’est le quotidien d’état chinois People’s daily qui l’annonce (c’est dire que l’info est sérieuse). Dans une ferme de Mongolie intérieure, au nord de la Chine, des centaines de moutons se sont mis à tourner en rond depuis une quinzaine de jours. De façon inexplicable. Une ronde calme et interminable mais décidée et obstinée que rien ne peut arrêter. Formant un cercle parfait à en juger par les images de la vidéo mise en ligne par le journal. Comment expliquer ce phénomène ? 

Un message de ces moutons au reste du monde, façon de nous inciter à sortir du chaos qui s’est installé depuis le début de ce siècle ? De souligner que c’est nous qui tournons en rond, ce qui n’est pas la meilleure manière d’éviter le précipice ? 

Ronsard écrivait que « Rien n’est excellent au monde s’il n’est rond ». (Il est vrai que le merveilleux poète français ne connaissait ni le ballon rond ni la coupe du monde de foot, ce qui l’aurait sans doute incité à moins d’enthousiasme.) 

Un appel de ces moutons à l’égalité entre les êtres qui peuplent la planète ? On se souvient de la forme de la Table du roi Arthur, une table ronde imaginée par Merlin, pour effacer toute préséance entre les convives : « Personne ne peut se vanter d’être mieux placé que son égal » écrivait Wace dans son Roman de Brut en 1155, qui, le premier, raconte la légende.

(Une idée ça pour le pauvre Alexandre De Croo qui ne sait plus comment réconcilier les morceaux épars de sa Vivaldi ? Réunir désormais ses ministres et les présidents des partis de la majorité autour d’une table ronde pour leur proposer, une fois le dessert avalé, de partir à la conquête du Graal. Ce qui lui permettra de se débarrasser de ses chevaliers jusqu’aux élections.)  

Revenons à nos moutons. Faut-il voir dans leur manifestation étrange un signal politique ? Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, tout événement qui survient dans l’Empire du Milieu a une signification politique. 

Or, seuls les moutons de la 13 ème bergerie de cette ferme, qui en compte une trentaine, se sont lancés dans cette folle sarabande. Serait-ce un signe de révolte contre l’uniformisation de la société voulue par le tout puissant chef du parti et de l’état ? Mais alors, pourquoi un journal chinois aurait osé rapporter l’événement ? D’après une directive de 2014, « il est absolument interdit à des articles publiés de faire état de commentaires contredisant la ligne du Parti communiste chinois ». 

Doit-on dès lors suspecter un message subliminal des autorités pékinoises ? Genre, tant que vous tournez en rond, il ne vous sera fait aucun mal. Mais gare au premier qui tentera de sortir du rang ! 

Reste l’hypothèse que cette affaire soit une fumisterie racontée par un fermier rond comme une queue de pelle… 

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LAISSEZ-LES VIVRE !

 On déplore souvent la condition des vieux en Belgique, oubliés, abandonnés s’ils ne sont pas pris en charge par leur famille. Faut-il rappeler la manière dont ils sont traités même dans des séniories aussi « chics » et coûteuses qu’Orpea (présente dans notre pays) ? Ce qu’a révélé récemment le livre de Victor Castanet « Les Fossoyeurs ». 

  Il faut donc se réjouir que le gouvernement a enfin réussi à arrêter une saine décision au moins pour une catégorie de vieillards à problèmes (ce qui lui donnera l’élan pour s’occuper enfin du sort de l’ensemble du troisième et du quatrième âge). Cette catégorie choyée est celle des vieilles centrales nucléaires. Réanimées, soignées, remises sur pied. 

   Jusqu’ici la majorité de la Vivaldi penchait plutôt pour l’application de la législation sur l’euthanasie (dont la Belgique est une des pionnières). Grâce à Vladimir Poutine (tout n’est pas mauvais chez cet homme), leur position a changé. Laissez-les vivre ! Tel est désormais le crédo de nos dirigeants. Toutes tendances confondues. Même les Ecolos ont accepté de manger leur chapeau. Et renoncé à enterrer le nucléaire sous des tonnes de béton ou d’envoyer leurs restes dans l’espace. 

 Pourtant, quand on voit la manière désinvolte avec laquelle les Russes traitent les vieilles centrales nucléaires ukrainiennes, comme ils les bousculent, on a des frissons dans le dos. On se dit qu’il vaudrait peut-être mieux aider les nôtres à mourir de leur belle mort dans la dignité que d’attendre les Russes nous en débarrasser lorsqu’ils débarqueront près de chez nous.  

  Chouchouter nos vieilles centrales (on ne pourra jamais les guérir, juste limiter la casse), panser quelques plaies, augmenter le nombre de garde-malades, d’accord, ce sera très cher mais apparemment pas trop difficile. Mais on semble oublier que les nourrir et veiller sur leur sommeil ne suffit pas. Ne nous voilons pas la face. Il arrive souvent aux vieux de se laisser aller. Et, à cet âge-là, on en sème beaucoup. Or, qu’a-t-on prévu pour éliminer leurs sacrés déchets ? Il vaut mieux ne pas les utiliser dans l’agriculture. Ne pas les laisser traîner du tout sinon c’est tout le pays, toute la planète qui risque l’intoxication. Et cela, pendant des milliers sinon des millions d’années. Nous aurons disparu depuis longtemps, nous, nos vieux, la Vivaldi et nos centrales que ces foutus déchets continueront à nous empoisonner. Et comment avertir du danger nos très, très lointains héritiers (s’ils n’ont pas été rayés de la planète entre temps par d’autres crasses) ? Un panneau suffira ? En quelle langue ?

   Si l’énergie nucléaire nous permet de nous passer de cirer les pompes des dictatures de l’est et du Moyen Orient, devrions-nous laisser survivre le reste des vieux réacteurs ? 

   Comme le disait Gabriel Garcia Màrquez « Entre vieux, les vieux sont moins vieux » !     

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