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LOUES SOIENT-ILS

Au Japon, à tous ceux qui n’ont pas d’amis ou de parents présentables, une agence propose la location de copains, de vieux parents, de frères et de sœurs charmants, le temps d’une soirée, d’une fête, d’une cérémonie. Des amis parfaits toujours d’accord avec vous, qui rient à toutes vos bêtes plaisanteries, qui ne bavent pas à table et témoignent envers vos invités de vos inestimables qualités en racontant à leurs voisins quel type formidable vous êtes. Moyennant un supplément, ils prononcent un petit discours en votre honneur ou un toast. Que Dieu vous protège pendant le reste de votre existence ! Et les vôtres ainsi que tous ceux pour qui vous oeuvrez !

Pourquoi les dirigeants d’intercommunales, d’ASBL sociales et autres services publics – ou supposés tels- n’ont-ils pas encore songé à faire appel à ce genre de bureaux ? Plutôt que de se faire empoisonner par les folliculaires, les flics et les commissions d’enquête ?

Débarrassés de tous les demi-sels politiques qu’on leur a mis dans les pattes, de ces créatures incompétentes et paresseuses, désignées par leurs partis, qui encaissent illégitimement des enveloppes payées par le contribuable, les super dirigeants de ces services publics pourraient enfin déployer leurs immenses qualités de manager et travailler au service des citoyens sans perdre leur précieux temps en réunions ou autres parlottes devant des administrateurs qui ne comprennent rien à leur business plan, leur embush marketing ou leur déploiement stratégique managérial. (Ahlala ! Faut vraiment tout vous expliquer ?) Ils pourraient épargner le papier inutile de procès-verbaux que personne ne lit sinon quelques journalistes fripons. Ils cesseraient de vivre en transes, à la merci de fuites vers les medias, parmi des tas d’envieux et de jaloux qui transforment en scandales leurs moindres faits et gestes. La transparence, la transparence, oufti ! Vous voulez peut-être qu’on diffuse en direct à la télé les assemblées générales de Publifin, de Nethys, du Samu social, de l’ISPPC de Charleroi ? Au secours !

Tout serait plus simple si les administrateurs de tous ces services publics étaient simplement loués à une agence le temps d’une réunion. A la différence des mandataires politiques, ils resteraient attentifs jusqu’au bout de la lecture du dernier rapport, toujours sobres, et ne coûteraient aux contribuables que l’heure réellement passée à faire de la figuration. On peut compter sur eux pour voter tout ce qu’on leur demande à l’unanimité. Et, moyennant un petit supplément, ils ajouteraient une intervention bien tournée pour approuver en termes fleuris la qualité des comptes-rendus et les mérites immenses du président et de l’administrateur-délégué. Que Dieu protège les services publics et ceux qui oeuvrent à leur développement !

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LE VIRUS DE L’HUBRIS

En 1665, la peste noire a fait près de cent mille morts à Londres. Il y a tout juste cent ans, l’épidémie de grippe espagnole ravageait les survivants de la grande guerre. Le sida à la fin du siècle puis le virus Ebola il y a trois ans, après avoir miné le Congo, dévorait le reste de l’Afrique. Chaque fois, le mal a coûté des centaines de milliers de morts et des mois, des années de combats médicaux.

Cette fois, l’épidémie guette la Wallonie. Et, comme si les dieux voulaient punir l’hubris, le sentiment de démesure de ceux qui se veulent leur égal, ce sont les puissants qui sont frappés les premiers. Coup sur coup, Stephane Moreau puis André Gilles, les deux matamores des intercommunales, les rois des tuyaux, sont cloués au pieu aussi raides que les pauvres trouffions qui avaient échappé aux massacres des tranchées. C’est même un médecin légiste qui l’atteste, croix de bois, croix de fer. Un médecin légiste ! On n’ose imaginer ce qu’il reste de leurs abats après son passage.

Ce sont les chênes qu’on abat, écrivait déjà André Malraux.

On comprend la réaction furieuse des Flamands : tant que les boss de Publifin et de sa galaxie tapaient dans les caisses des contribuables wallons, ils rigolaient doucement. Mais à présent c’est la sécurité sociale fédérale qui va devoir casquer. Et si elle assure aux malades le salaire qu’ils recevaient quand ils travaillaient (enfin, bon, vous me comprenez), c’est tout le plan d’économie de madame De Block qui part en vrille.

L’Organisation Mondiale de la Santé a déjà prévu l’envoi d’équipes médicales à Liège et à Charleroi. Médecins sans Frontières a décidé de rapatrier une partie de ses équipes d’Afrique pour prendre en charge les administrateurs des intercommunales car le mal risque de se transmettre avec la rapidité que met la commission spéciale du Parlement wallon à adresser ses convocations. La contamination semble fulgurante et rien ne paraît l’arrêter. Même ceux qui étaient payés à ne rien faire pourraient ne pas échapper à l’épidémie car leurs organismes affaiblis par le manque d’activité semblent ne pas pouvoir résister à l’air vicié du Grognon.

Ayant beaucoup travaillé sur le virus de la corruption en Afrique, on peut faire confiance à Médecins sans Frontières pour déceler les origines du mal et le traiter à la racine.

Mais déjà, des spécialistes préviennent : tant que la Flandre ne sera pas séparée de la Wallonie par un mur étanche, le virus pourrait facilement gagner les rives de l’Escaut et de la Lys. Déjà, quelques souches inquiétantes ont été repérées à Gand. Bart De Wever a aussitôt chargé la ministre de la Politique scientifique de prendre en charge les premiers malades. En oubliant qu’il ne reste rien de la politique scientifique belge après le passage d’Elke Sleurs.

 

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LA VIE EST UN ROMAN

Commençons par un jeu. Qui a dit : « Si c’était vrai, cela ne pourrait pas être faux. Et, en admettant que ce fût vrai, cela ne serait pas faux. Mais, comme ce n’est pas vrai, c’est faux » ?

Est-ce Paul Furlan devant sa collection de casseroles ? Stephane Moreau au sujet de ses juteuses rémunérations dans Publifin et officines annexes ? Ou Benoît Hamon à propos de ses contorsions sur l’égalité entre hommes et femmes ou le port du voile dans la région dont il est député ?

La réponse est : Lewis Carroll dans « Alice au Pays des Merveilles » (publié en 1865). Un livre si riche qu’il peut aussi se lire comme un pamphlet sur l’art de discourir de nos politiciens, leur soif du pouvoir, leur folie et leur arrogance. Quand la Reine s’écrie à tout bout de champ : « Qu’on lui coupe la tête ! » le lecteur d’aujourd’hui ne pensera-t-il aussitôt à Trump, Erdogan ou Poutine ?

Et lorsque la Duchesse dit avec un grognement rauque : « Si chacun s’occupait de ses affaires, le monde n’en irait que mieux », ne songe-t-on pas automatiquement une fois de plus à Donald Trump mais aussi à Marine Le Pen ou aux rodomontades de notre secrétaire d’état Théo Francken ?

Il ne faut pas croire que les artistes sont des devins, des émules de madame Soleil. Ils lisent  beaucoup mais rarement dans le marc de café. Ce sont les politiciens qui, à court d’idées cherchent désespérément dans les bouquins, les B.D. et les scénarios quoi dire de neuf à leurs pauvres électeurs. Et qui s’efforcent de ressembler de plus en plus à des personnages de roman ou de films.

Regardez Trump à nouveau. Dans son discours d’investiture, il n’a pas n’hésité à glisser des phrases directement puisées dans les dialogues du film « Batman » de Christopher Nolan.  C’est la harangue de Bane, le méchant du film, qu’il plagie, lorsqu’il s’engage à  transférer le pouvoir de Washington « pour le donner, à vous, le Peuple ! »
On comprend que les ventes de l’angoissant roman de George Orwell « 1984 », qui avaient déjà été boostées par les révélations de Snowden sur l’existence des systèmes mondiaux d’espionnage, aient explosé depuis l’élection du quarante-cinquième président. Il existe en effet une correspondance troublante entre les déclarations de sa conseillère, Kellyanne Conway qui défend l’idée qu’il existe des « faits alternatifs », une autre vérité que la vérité, et G. Orwell lorsqu’un de ses personnages s’écrie : « Le Parti vous dit de rejeter le témoignage de vos yeux et de vos oreilles. C’est son commandement ultime, et le plus essentiel.”

Peut-on suggérer que la légende sous les photos officielles du nouveau patron de la Maison Blanche soit « Ceci n’est pas un président » ? Ce serait un excellent apport de l’art belge à la nouvelle politique américaine.

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OH! OH! OH! CAUSE TOUJOURS!

En France, les candidats à la présidence portent des noms qui se terminent par « on » : Fillion, Macron, Mélenchon. En Wallonie, les petits chefs sont choisis dans les familles dont la syllabe finale est un « o » : Mathot, Moreau, Housiaux. Prenez soin d’écrire « O » en majuscule comme dans zérO, le nombre de zéros dépendant de la place qu’occupe le « o » dans la toile d’araignée que les ooo ont tissée autour des intercommunales.

Négligence de leur part, ils ont laissé un type dont le nom se termine par « ain » mettre le nez dans leurs affaires, le prenant sans doute pour un nain. Ils auraient dû se méfier de ce monsieur Halin, échevin des finances de la petite commune d’Olne. Surtout que son presque homonyme français a écrit le scénario de quelques films dont le titre aurait pu leur mettre la puce à l’oreille : « Carrefour du crime », « Métier de fous », « Millionnaires d’un Jour », « Treize à table », des titres qui semblent tous raconter la saga Publifin. Ajoutons-y « C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule » qui annonçait la qualité des débats au parlement wallon et le contenu du discours du ministre Furlan. Lorsqu’ils examinent les traités internationaux, les occupants du Grognon peuvent jouer à dépasser le PTB sur sa gauche. Mais pas quand ils se penchent sur leurs « propres » petites affaires.

A propos, le Halain scénariste a aussi signé la série « Fantômas » (tirée des livres d’un autre homonyme, Marcel Allain).

 Allongeant son ombre immense(…) / Quel est ce spectre aux yeux gris / Qui surgit dans le silence ? / Fantômas, serait-ce toi / Qui te dresses sur les toits ? chantait Robert Desnos.

Tout était donc écrit : un terrible justicier se préparait à fondre sur la cité ardente. Et ils ne l’ont pas vu venir. Dommage qu’une intercommunale spécialisée dans les medias et les télécommunications compte si peu de cinéphiles dans ses dirigeants…

Revenons à l’échevin Halin. On est tout de même surpris de la méfiance qu’il a affiché à l’égard de Publifin. Alors que le site de la grande intercommunale liégeoise affiche une page intitulée « Nos Valeurs », énumérées et définies ainsi : notre « Ethique » « consiste à travailler dans la stricte observance de certains principes ou valeurs, tels que le respect de la loi, l’intégrité, la transparence, le respect des autres, l’équité et la loyauté. » Et « L’intérêt général » est pour elle « un état d’esprit qui vise à dépasser les particularismes pour les intégrer dans la dimension du « bien commun» (sic).

On ne peut pas dire que ceux qui gèrent ce site soient réactifs. Cette page n’a pas été mise à jour depuis les derniers événements. Comme si les patrons de Publifin se rappelaient un autre film : « Cause toujours ! »

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