DEBOUT LES DAMNES, ETC

Goblet, reviens, ils sont devenus fous !

Depuis que Marc Goblet s’est retiré, tout va de travers: les patrons licencient à la pelle et les travailleurs, au lieu de se révolter, de défiler dans les rues de Charleroi sur les énormes engins flambant neufs qu’ils viennent de fabriquer, continuent d’aller tranquillos au turbin. Même les TEC n’ont pas connu un jour de grève. Même les TEC !

On pensait que la classe ouvrière n’avait plus que ses yeux pour pleurer et le mouchoir de Paul Magnette pour les essuyer jusqu’à l’annonce surprise de Charles Michel.

Je suis prêt, a-t-il annoncé la voix un peu tremblante tout de même, et le poing timidement levé, de reprendre le rôle du flamboyant leader syndical, après le refus cassant de Marie-Hélène Ska. La patronne de la CSC a déclaré en effet à propos de son ancien collègue, désolé, les mecs, un mâle pareil, il n’y qu’un autre mâle pour le remplacer. Imagine-t-on le Roi Lear jouée par une femme ?

Avec sa belle barbe, Charles Michel a donc senti que l’annonce de la fermeture de Caterpillar ouvrait une nouvelle page de son destin. Du ciel, une voix lui a murmuré à l’oreille : Charles, le moment est venu pour toi de changer de registre.

Fini les cocktails avec les patrons, où il est obligé de parler néerlandais pour tenir son rang face aux leaders de la N-VA, fini les voyages autour de la planète pour vanter en anglais les bienfaits des intérêts notionnels et de toutes nos autres turpitudes fiscales réservées aux capitaux lointains pour les attirer dans notre pays fatigué. Fini tout ça. Charles $ Michel est mort. Vive Charles camarade Michel !

Dans son nouvel habit, il peut crier haut et fort et en wallon sa solidarité avec le prolétariat. Debout les damnés de la terre wallonne ! Paul Magnette et Raoul Hedebouw en restent comme deux ronds de flancs, dépassés sur leur extrême gauche. Celui-là, ils ne l’avaient pas vu venir. Pas plus que son appel à faire « l’union sacrée » avec toutes les forces de Wallonie, entendez les socialistes pour « soutenir les travailleurs » contre l’abominable capitaliste américain. Tremblez, au fond de l’Illinois !

Pour un premier essai, franchement, c’est pas mal, mais pas encore tout à fait ça. Le vocabulaire est un peu pauvre, un peu plat, la voix ne porte pas très loin, certainement pas jusqu’aux Etats-Unis. On sent notre jeune Premier pas tout à fait à l’aise dans le costume, avec son foulard rouge trop neuf, un casque jaune tout juste sorti du stock américain et la photo de Raoul Hedebouw au mur.

Charles devrait peut-être potasser son Shakespeare pour monter en puissance. Dans « Le Roi Lear » justement, il trouvera une belle formule : « C’est un malheur du temps que les fous guident les aveugles ». A condition de préciser que le fou est américain et non pas le chef du gouvernement belge…

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RENDEZ-NOUS PÈRE FOUETTARD !

Ils ont bonne mine maintenant tous ces militants bien pensant qui ont fait campagne contre le père Fouettard et obtenu qu’il ne soit plus l’autre star de la fête. Résultat, Saint Nicolas est seul cette année, bien seul. Et ça va mal se passer.

Tout le monde le sait. Le bon saint a vocation à récompenser les enfants sages. C’est la seule chose qu’il sait faire. La punition, il ne connaît pas. C’est même pour ça qu’il était flanqué de son célèbre et  brutal acolyte. Mais nos chers militants ont décidé qu’il avait une gueule qui ne leur revenait pas. Délit de faciès. Même les militants bien pensant ne sont pas épargnés par cette maladie. Ils ne supportaient pas son visage noirci au cirage. Les mêmes bien pensant, pourtant, qui se réjouissent de voir leurs maisons, leurs rues, leurs écoles protégés par des soldats au visage tout aussi noirci. Cherchez l’erreur.

Saint Nicolas et père Fouettard formaient un couple parfait, complémentaire. The good cop and the bad cop. L’un filtre, l’autre récompense.

L’ami des enfants est incapable de distinguer un gentil d’un méchant. Il y a des gens comme ça, programmés pour croire toujours en la bonté humaine et universelle. Amenez devant son trône doré un terroriste présumé et un policier avéré ou Assad et Charles Michel, il les prendra tous les deux sur ses genoux en souriant et leur donnera la même ration de bon chocolat belge.

On vient d’avoir un exemple significatif de son absence de discernement il y a quelques jours. Rappelons que Saint Nicolas est turc. Né à Patara dans l’actuelle province turque d’Antalia (la Lycie de jadis où est né aussi Apollon, dit-on). Il était encore chez lui en train de préparer son voyage vers nos cheminées quand il a vu au-dessus de son jardin un méchant bombardier russe qui canardait de braves Syriens, boum ! Son sang n’a fait qu’un tour. Il a aussitôt donné à ses chers compatriotes l’ordre de tirer avec les jouets qu’il venait de déposer dans leurs petits souliers. Résultat, un bordel pas possible. Les Russes (qui honorent aussi Saint Nicolas) sont stupéfaits. L’OTAN s’en mêle. Les Américains n’en peuvent plus de cette boîte à mauvaises surprises qu’est le Moyen Orient. Et je ne vous parle pas des Belges qui ne peuvent même pas envoyer l’agent 15 sur place car il doit rester ici pour protéger Quick et Flupke.

Avec le père Fouettard, les choses ne se seraient jamais passées comme ça. Les Russes, il les aurait déjà abattus depuis longtemps avant même qu’ils ne dérangent Saint Nicolas. Les Syriens aussi auraient été rayés de la carte. Avec les Iraniens et les Irakiens pour faire bonne mesure d’autant qu’on ne sait plus très bien s’ils sont les bons ou les méchants. Cela dépend des années. Non, ça suffit. Rendez-nous père Fouettard !

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