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ATTENTION, FRAGILE!

Les premiers jours de ce printemps sont marqués par les mots : attention, fragile !

Le soleil modeste est déjà parti se faire voir ailleurs abandonnant les cerisiers et les lilas si beaux mais si éphémères. Le monde aussi semble retenir son souffle. Le sale gamin qui dirige la Corée du Nord donne l’illusion de lever le pied ou plutôt son doigt plein de confiture du bouton nucléaire mais on pressent qu’un simple coup de vent peut balayer ces promesses comme la pluie arrache des arbres les fleurs blanches ou roses qu’on a eu à peine le temps d’admirer.

Ces temps-ci, les événements paraissent dangereusement en suspension. Il suffit d’un faux mouvement pour que tout bascule.

Dans un jeu de « je te tire, tu me tires la barbichette », Macron et Trump font semblant de danser le tango : une danse d’improvisation soigneusement réglée où les deux partenaires marchent ensemble vers une direction impromptue. Mais qui des deux dirige les pas ?

Avec le président américain, on est en permanence dans la finale de la Ligue d’impro. Devant ses concitoyens, Trump déclare mettre à la poubelle les accords de Paris sur le climat mais, face à son p’tit Français, il annonce, main sur le cœur, qu’il pourrait signer une nouvelle version du traité.

Il promet de jeter au feu l’accord sur le nucléaire iranien signé par ce traître de Barack Obama mais, en accueillant l’ami Emmanuel, il nuance. Pourquoi pas un nouvel accord avec les fous de Dieu ? On peut toujours parler, boire du thé, compter les jouets qui remplissent nos arsenaux respectifs.

Dans les relations internationales, plus rien n’est stable, tout est fragile, faux semblant et faux nez. La Russie de Poutine ne s’était-elle pas engagée à empêcher son « protégé » Assad de jouer avec ses armes chimiques ? Et l’Arabie saoudite à arrêter les massacres au Yemen ?

Et où sont les promesses des Etats membres de l’Union d’accueillir chacun un quota de réfugiés ? Promis, juré et jetés à la poubelle.

L’Union européenne donne des leçons de démocratie au monde mais ne sait plus comment éviter de mettre la Pologne dans le coin malgré l’adoption de plusieurs lois scélérates. Elle regarde ailleurs quand Orban est réélu après avoir mis la presse et la justice en coupes réglées et elle refuse de se regarder de trop près ce qui se passe mêler à Malte et en Slovaquie où l’on assassine des journalistes qui révèlent la corruption des proches du pouvoir.

Plus rien n’est sûr, plus rien n’est stable. On vit entouré d’éléphants qui font la fête dans un magasin de porcelaines.

Et nous, on regarde ce cirque, en tentant de se protéger des éclats, une petite  boîte de pharmacie de secours à la main, tout en chantant « cerisiers roses et pommiers blancs »…

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GOOD NEWS

Vous n’osez plus ouvrir votre journal depuis quelques mois ? Le monde repeint en noir vous prend à la gorge ? Je partage votre sentiment. Et j’ai décidé de vous redonner le goût de l’actualité. Et quelques occasions de vous réjouir de ce début d’année 2015. En oubliant les attentats, les catastrophes, les meurtres et les guerres aux portes de l’Europe. Oui, il y a aussi de bonnes nouvelles.

Tenez. Les vacances de Bart De Wever. Parti aux sports d’hiver avec sa joyeuse famille, le président de la N-VA a réussi à n’agresser personne pendant toute une semaine. Entouré par un escadron entier de policiers, même s’il avait glissé sur la poudreuse, notre génie des Carpates et des Alpes réunies se serait heurté à un véritable mur humain. Tandis que quatre véhicules blindés, également envoyés de Bruxelles, l’empêchaient de se jeter sur d’autres skieurs. Le ministre de l’intérieur, décidément très prévoyant, avait même ordonné que l’escorte soit armée, ce qui aurait permis de l’abattre s’il n’y avait vraiment rien d’autre à faire pour maintenir intacte l’image de la Belgique.

Autre bonne nouvelle, l’indice électricité est au vert, comme le répète matin, midi et soir le bulletin météo.

Cet indice tout neuf, créé spécialement pour sortir les déprimés de leur torpeur, ne sert à rien. Il ne passera au rouge que si une succession d’attentats coordonnés faisaient sauter toutes les centrales en même temps une nuit de grand gel. Mais l’astuce est d’avoir compris combien il était rassurant pour l’auditeur d’entendre une non-information. Par les temps qui courent, le fait qu’il ne se soit rien passé est déjà une bonne nouvelle. Quel truc diabolique, ce fameux indice ! Les têtes pensantes d’Electrabel méritent l’oscar du meilleur scénario. Jamais plus, le gouvernement n’osera toucher à ses privilèges ou à une seule pièce d’or de son trésor de guerre. Sinon, gare ! L’indice passera à l’orange et, si votre sale main publique continue à fouiller ma poche, au rouge. Et là, panique garantie !

Mais que faire pour maintenir la bonne humeur lorsque l’hiver sera fini ? Avec l’arrivée du printemps, je suggère dans la même veine l’indice bourgeon vert. Là non plus, on ne court aucun risque. Dès la fin du mois, la météo annoncera l’arrivée de nouveaux bourgeons dans nos parcs et nos jardins. D’abord à la mer puis, peu à peu, le bonheur gagnera tout le pays. On peut faire illusion facilement pendant un mois. Après, faisons confiance à Electrabel. Elle trouvera autre chose pour faire peur. A moins que les banques ne sortent à leur tour de leur chapeau une idée lumineuse. Elles sont aussi imaginatives que notre électricien quand il s’agit de secouer les caisses de l’état.

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PREMIERS SIGNES DU PRINTEMPS

Vous n’êtes pas content ? La crise ne finit pas. Le chômage ne finit pas. L’hiver ne finit pas. Bart De Wever non plus. Et l’augmentation des impôts, du prix des patates. Et les discours musclés de gauche du président du parti socialiste. Et les décisions musclées de droite du premier ministre socialiste. Et l’Europe qui … Stop !

Au lieu de gémir, ouvrez les yeux. Les choses sont peut-être sur le point de changer. Comme les perce-neige dressent la tête en février en avant-garde du printemps (même si chez nous, ils attendent cette année le mois de mai, mais ne chipotons pas), le changement est dans l’air. Juste quelques signes timides, c’est vrai. Mais, mis bout à bout…

En Italie, après une crise à la belge, on a fini par trouver un homme providentiel prêt à diriger le pays. D’accord, il a deux cents ans. Mais, songez que tout le temps qu’il occupera le Quirinal, il ne recevra pas sa pension de retraite. Même les Italiens ont appris à faire des économies.

De plus, un vieux président a cet avantage sur un jeune qu’il ne se croit pas obligé de se lancer dans des chantiers sans fin juste pour prouver qu’il est capable de faire bouger le monde. Regardez l’ex-président Sarkozy. Les Français, si séduits d’abord par sa fébrilité, ont vite compris qu’à force de remuer la poussière, elle finit par boucher les orifices avant de paralyser les muscles. Mieux vaut ne pas la secouer. Comme l’a bien compris son successeur, François Hollande, qui attend patiemment qu’Allemands et Américains remettent en route la machine économique pour proclamer qu’il a vaincu la crise. Pour être Superman, il ne faut pas toujours sauter d’un building à l’autre. Mieux vaut parfois laisser aux autres super-héros le super-travail avant de faire le paon en costume fluo.

Chez nous aussi, on repère ces derniers jours quelques symptômes de changement. Elio Di Rupo vient toujours au congrès du parti socialiste mais il serre aussi obstinément les lèvres quand ses camarades entonnent l’Internationale que certains footballeurs français quand retentit la Marseillaise. Dans un pays aussi byzantin que le nôtre, s’il avait poussé la chansonnette en français, il aurait dû aussitôt enchaîner avec la version flamande puis avec la Brabançonne dans les deux langues avant de terminer par le Vlaams Leeuw. Un numéro qui aurait fait rater aux militants de province leur dernier train.

Autre signe. Jadis, les femmes venaient prier dans les églises pendant que le curé tenait le haut de la scène. Depuis peu, c’est le contraire. Ce sont les femmes, seins nus, qui occupent l’estrade et monseigneur Léonard qui ferme les yeux et qui prie.

Je ne sais pas si tout ça est rassurant mais au moins, en voyant ces belles dames, riant à gorge déployée, on a le sentiment que le printemps n’est pas loin…

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CHAUD DEVANT

C’est le printemps !
Réchauffement climatique ou consolation divine d’une fin d’année particulièrement triste, glacée et figée ? Chacun appréciera mais quelle qu’en soit la cause, il n’y a pas de doute. La glace est en train de fondre…
Dans les rues arabes d’abord où des foules que l’on croyait soumises à des rages moyenâgeuses défile, hommes et femmes mêlés, en réclamant les valeurs de cet Occident tant honni, droit de vote, démocratie, liberté de la presse. Cette même foule qui manifestait il y a quelques mois pour réclamer la tête de caricaturistes dont l’art et la liberté d’opinion ne plaisaient pas.
Des foules sans chef, ivres de leur propre audace dont on découvre soudain le visage souriant, décidé, intelligent et mûr malgré des dizaines d’années à subir une presse et des télévisions au service unique du chef et de ses slogans. Quel échec des media et de la limite de ses pouvoirs !
En Italie aussi c’est le nettoyage de printemps. Avec un goût amer : il a fallu quelques frasques sexuelles grotesques pour plomber l’inoxydable chef de l’état dont les razzias sur l’appareil politique, médiatique et financier du pays n’avaient jamais ému les citoyens. Au contraire. Sa résistance aux lois et aux juges l’avait rendu encore plus populaire. Que Silvio Berlusconi supprime les droits de succession, s’empare de toutes les télés publiques et privées, distribue des postes de députés et de ministres à ses copines et copains, se fabrique des lois sur mesure pour s’assurer l’impunité, embrasse les papattes de Kadhafi, l’électeur était à ses pieds. Mais qu’il organise des soirées bonga bonga, ah non ! Pas ça ! Allez comprendre. Tout le pouvoir des media berlusconiens, champions de l’obscène, se serait-il effacé devant un vieux fond de pudibonderie ? Encore une belle claque pour le pouvoir des media !
Pendant ce temps, les bourses se remettent à siffloter, les syndicats à oser réclamer des augmentations de salaires. Rêvons un peu : et si les hommes politiques belges se laissaient gagner à leur tour par l’euphorie ambiante ? Ils ne peuvent tout de même pas être les derniers au monde à s’apercevoir que la température a drôlement monté depuis qu’ils se sont enfermés? Y aurait-il un problème de climatisation dans la salle ?
La manifestation du 23 janvier dans les rues de Bruxelles n’annonçait-elle pas le retour des hirondelles ? Comme en Tunisie ou en Egypte, comme en Italie, en tête de la rue bruxelloise, il n’y avait pas de chef. A l’ère de l’internet, où chaque citoyen se sent le maître de son destin et peut le crier à toute la planète, l’homme politique est en train de disparaître. Au fond ce dont rêvent les citoyens, c’est à un gouvernement sans dirigeants. A une grande assemblée libre permanente. Déjà, un parfum de mois de mai ?

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GRAND NETTOYAGE DE PRINTEMPS

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe au palais de justice : comme il est impossible d’empêcher les terroristes de tout poils de faire sauter la résidence secondaire préférée de Léopold II, mieux vaut déménager argenterie, vaisselle, portraits, crucifix et le reste du brol dans un petit studio moderne, caché au fond d’une barre d’immeubles sociaux. Comme les ascenseurs sont toujours en panne, que les sonnettes ont été arrachées depuis longtemps et que personne ne connaît ses voisins, jamais aucun terroriste ne pourra retrouver le chemin du palais, perturber les audiences ou faire évader ses copains.
Ce qui a définitivement convaincu le ministre des finances c’est quand son garde des sceaux lui a présenté la facture. Un studio à Haren, c’est moins cher qu’une villa quatre façades à la porte Louise. Beaucoup moins cher, surtout que la prison, construite juste à côté, prendra toute la lumière et peut-être une partie des habitants.
Le palais de justice à Haren, entre la prison et nulle part, ça, il fallait y penser ! C’est l’œuf de Colomb. Le sauvetage de l’économie belge. Dans la foulée, pourquoi ne pas généraliser cette initiative ?
Prenez le cabinet du ministre des Pensions. Il occupe actuellement des locaux inutilement dispendieux rue Blérot (rue Blérot !) Si Michel Daerden prend ses quartiers dans une seniorie, ce sera, comme il aime le dire, une opération win-win (expression qu’il ne faut pas traduire par vin-vin !). Avec l’aide des pensionnaires qui auront quelques bonnes raisons de se presser aux réunions du cabinet dans la salle télé, il ne commettra plus les bévues qui lui ont valu tant de quolibets.
Et Joëlle Milquet ? Avec le nombre d’usines et de magasins abandonnés, elle ne trouvera aucun mal à se recaser gratuitement pour vivre en prise directe la vraie vie des travailleurs. Tiens, pourquoi ne pas transporter ses pénates au Carrefour de Jumet ou à l’usine Opel d’Anvers ? Ce qui assurera la production d’arrêtés et de circulaires à la chaîne.
Pour le ministre des affaires étrangères, on suggère le centre fermé 127 bis. La sécurité est déjà en place. Les barbelés aussi. Et des traducteurs d’à peu près toutes les langues du monde sous la main, pour pas cher, qui pourront éclairer Steven Vanackere sur les réalités de leur pays.
Dans ce concours entre vertueux, on imagine mal le ministre des Finances s’accrocher aux vénérables pierres de son hôtel particulier rue de la Loi. Allez, ouste ! On le revend avec les autres baraques de nos excellences pour combler le trou noir de l’état.
Mais, où loger monsieur Reynders ? Lui qui jongle avec les déficits, qui gonfle et réduit nos chiffres sur simple demande, pourquoi pas l’envoyer chez Alice, au pays des merveilles ? Être en 3 D, voilà qui devrait plaire à notre Didgé.

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