GARDE A FOUS !

chronique
Les querelles autour de BHV et autres gamineries ont quelque peu laissé dans l’ombre les grandes manœuvres militaires de notre nouveau taieut ! taieut ! ministre de la défense, Piet De Crem. On dirait que revêtir l’uniforme de patron des forces armées transforme les plus braves types en ganaches ridicules et dangereuses. On se rappelle en France de Jean-Pierre Chevènement, l’incarnation de la gôche de la gauche, devenu par la magie d’un maroquin sgrogneugneu vous me ferez huit jours. Oublions le spectacle pathétique de ces gros ministres de la défense qui se glissent dans le cockpit de nos redoutables avions de chasse, déguisés en Buck Danny, le temps d’une photo.
A peine dans la place forte, Piet De Crem s’y met à son tour. Dès son entrée en fonction, il a interdit à l’armée d’assurer les visites scolaires des camps de concentration : le spectacle des victimes était trop déprimant pour nos militaires. Il préfère les annonces martiales, le rassemblement dans la cour et que ça saute ! Tout ça pour se donner l’allure d’un vrai soldat en envoyant au casse-pipe quelques appareils, dont on disait pourtant que la Défense nationale n’avait même plus les budgets pour assurer leur approvisionnement.
Espérons qu’un petit malin n’ait pas eu l’idée entre temps de les équiper en réservoirs à bio-carburants, vu qu’en Afghanistan, on ne cultive plus que du pavot. Au prix de l’opium sur les marchés, faire voler nos avions serait impayable. On aurait portant aimé voir nos pilotes, bercés par la vapeur, chantant à tue-tête « ça plane pour moi ! »
L’Afghanistan vaut bien une guerre ? On comprend qu’il faille empêcher les Talibans et autres fous de Dieu de remettre la main sur ce pays martyrisé. Mais les meilleures intentions du monde tournent en eau de boudin lorsque les missions des Occidentaux lâchés sur le terrain sont floues.
L’invasion de l’Afghanistan a été autorisée par les plus hautes instances internationales et les troupes américaines ont réussi, avec leurs alliés, à chasser du pouvoir les scélérats qui avaient fait de ce pays une prison folle. Bravo. Mais, comme en Irak, le remède s’est révélé aussi mauvais que le mal, faute de projet, de préparation, de rééducation de la population, de prise en charge et d’éducation de la société civile (ce que les Alliés avaient fait après la seconde guerre mondiale en Allemagne ou au Japon.)
Envoyer quelques F-16 et des soldats courageux ne suffit pas, sans un projet précis, avec des instructions claires, un travail avec la population locale. Tout ce qui semble ici faire défaut et qui n’a jamais fait l’objet d’un débat politique. Comment dit-on en langage militaire : danger casse-cou ?

Alain Berenboom
www.berenboom.com