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GOUVERNEMENT ROCK ‘N ROLL

L’irruption des réseaux sociaux a tout chamboulé dans le fonctionnement de la démocratie, désormais rythmée par les buzz, les tweets plus ou moins spontanés des internautes et la dictature des émoticônes. Pouce levé, pouce abaissé ou doigt d’honneur, en quelques secondes, le sort de ceux qui nous dirigent en est jeté en quelques secondes.

On comprend la hâte de Gérard Collomb à rejoindre les rives paisibles du Rhône et les tables étoilées de Lyon, où l’on prend son temps, loin du supplice chinois auquel il était condamné jour après jour alors qu’il avait cru que le poste de ministre de l’Intérieur couronnait sa fidélité au nouveau pacha.

Le président Macron lui-même, dont on croyait qu’il maîtrisait les règles de la communication, passe son temps à se planter à chacune de ses apparitions, entre selfies ridicules et déclarations à l’emporte-pièce à des « vrais gens ». A force de vouloir courir derrière les djeunes, il commence à manquer de souffle, le gamin…

Mais quel être humain pourrait tenir à ce rythme ? à ce bombardement continu ? On comprend les difficultés du président français à reconstituer un casting capable de résister à pareille pression. Pourquoi ne pas songer alors à remplacer les hommes et les femmes politiques, en tout cas ceux qui sont le plus exposés/explosés, par des robots.

L’intelligence artificielle se développe aussi rapidement que la bêtise des internautes. Elle seule est capable désormais de la prendre de vitesse.

Jamais R2-D2, le délicieux petit robot de Star Wars, n’aurait été pris en défaut comme le pauvre Gérard Collomb, acculé par la presse dans la grotesque mais sinistre affaire Benalla à tenir des propos ridicules et manifestement mensongers. Alors qu’il suffit à R2-D2 de s’exprimer par des sifflements et des bips électroniques pour mettre l’audience dans sa poche. On ne comprend pas plus son discours que celui du ministre de l’Intérieur français, mais tout le monde est convaincu par ce que dit le petit robot, rit et applaudit.

Dans un monde, où les politiques sont sans cesse confrontés à leurs propres mensonges, déclarations et promesses hypocrites, le salut est dans les machines. D’autant que lorsqu’il ment, le nez du robot ne s’allonge pas.

Imaginez Marie-Christine Marghem remplacée par R2-D2. A lui, les déclarations incompréhensibles sur la fourniture d’électricité cet hiver pendant qu’elle distribue tranquillement ses tracts dans les rues de Tournai.

Il est vrai que si les robots-ministres sont programmés pour réagir exactement selon l’humeur sans cesse changeante de l’opinion publique, on peut s’attendre à un gouvernement rock’n roll…

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FAKE NEWS FROM BRUSSELS

Dernier Tweet du président Trump cette nuit: « Si Theo Francken me rejoint à Washington, il trouvera à sa descente d’avion tapis rouge et carte verte. »

Bart De Wever se frotte les yeux. Charles Michel se frotte les mains. Quelle mouche a piqué la Maison Blanche ?

La vérité est que le président américain, qui commence à comprendre qu’il n’est plus en campagne et qu’il a bel et bien été élu, ne sait plus où donner de la tête. Wall Street est en chute libre, l’inflation reprend du poil de la bête, le mur de séparation avec le Mexique est impossible à financer, les administrations fédérales à l’arrêt faute de budget, et personne ne l’aime – c’est le plus dur pour ce grand sentimental. Même ses plus ridicules ennemis le narguent sans qu’il puisse réagir, comme le président coréen qu’il doit se contenter de traiter de « petit gros » au lieu de lui envoyer une bonne bombe sur la tronche. Mais pas moyen de rire un peu avec les généraux américains. Plus ils ont des médailles, plus ils sont pleutres.

De plus, Trump n’a plus aucune confiance dans ses conseillers qui tombent comme des mouches quand ils ne sont pas inculpés par le procureur fédéral. Où va-t-on ?

Ailleurs. En Belgique. D’où il veut exfiltrer l’homme providentiel, le seul qui peut encore lui sauver la mise. Théo F., le politicien qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense des immigrés et à faire tout ce qu’il dit ou plutôt qu’il grogne entre ses dents pour s’en débarrasser.

« Viens, mon Théo. Tu verras, à nous deux, ce sera la guerre des étoiles ! (Les étoiles, c’est toi et moi). » Ce dernier Tweet semble avoir été envoyé à une heure tardive après une soirée bien arrosée. « Lâche-moi la main, Melania, il me faut tapoter un petit dernier avant les plumes. »

Pour Théo, la tentation est grande. Mettre en œuvre la politique qu’il rêve de mener en Belgique mais puissance mille. Et sans toute cette bande de chipoteurs qui de Liège à Courtrai l’empêche de déployer les grands moyens. Et on ne touche pas aux enfants, et on n’enferme pas les familles, et on faire des mamours aux Soudanais et on trouve des juges pour lui chercher des poux et avec les collègues, c’est la galère, les libéraux qui peut-être bien que oui, peut-être bien que non et les chrétiens démocrates qui temporisent.

Avec Trump, fini tout ça ! Les mains libres, les manches retroussées et au travail, la bave aux lèvres ! Et des milliers d’Américains, une bière à la main, qui vont l’applaudir au passage quand il reconduira les Chicanos dans leurs déserts. On appellera ça Le Convoi Francken ; ça fait très Hollywood ! Des dizaines de milliers de Latinos avec leurs chicos et adios ! Et, au bout de quelques mois, on se retrouvera entre gringos !

Après ça, les Belges vont enfin l’admirer, le Théo. On n’est jamais prophète en son pays.

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