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TOUTES VOILES DEHORS

L’arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l’homme sur le port d’un signe religieux laisse une impression de flou. Les juges européens ont prudemment botté en touche tout en admettant qu’un règlement d’entreprise peut interdire qu’une employée affiche ses convictions.

Lorsqu’une femme décide ou accepte de se voiler les cheveux, on pourrait dire : c’est son affaire après tout ; de quoi je me mêle ? Cette femme sait qu’elle vit en Europe occidentale, qu’elle peut laisser ses beaux cheveux au vent et regarder les hommes dans les yeux. Dans une société qui essaye de combattre les discriminations, qui proclame, sanctions à l’appui, l’égalité entre hommes et femmes, où une dame peut marcher devant ou à côté de son homme et pas derrière lui, où elle peut porter le short comme son mari, jouer au foot, afficher ses tatouages comme lui et comme lui porter la barbe – ah non ! ça elle ne peut pas ! Si elle préfère jouer les soumises, c’est sa liberté. Chacun ses préférences sexuelles.

Je me rappelle de ma surprise quand j’ai découvert jadis à Anvers certains de mes coreligionnaires déambuler, vêtus comme des paysans polonais endimanchés du dix-huitième siècle. Pourquoi ces naïfs imaginent-ils que Dieu les écoute avec plus d’attention qu’un type en jeans ou en bermuda ? Pourquoi s’exclure de la société dans laquelle ils vivent et s’enfermer volontairement entre les murs d’un ghetto alors que les cosaques chevauchent à des milliers de kilomètres du Meir et de l’Escaut ?

D’un autre côté, on voit des hommes sérieux les autres jours de l’année se déguiser en Gilles de Binche et lancer des oranges ou des bourgeois bruxellois se maquiller en Noirauds et quêter dans les restaurants huppés de la capitale sans appeler la juridiction européenne au secours.

Reste qu’on ne peut se retenir parfois d’un sentiment de malaise devant ces femmes qui refusent les droits acquis après de longs combats et qui préfèrent subir les servitudes d’un autre âge. Exactement comme mes copains d’Anvers.

Or, ce malaise devient une arme contre ces hommes et ces femmes mais aussi contre nous tous quand elle tombe entre les mains de ces politicards qui ont fait de l’interdiction de la différence leur principal argument électoral. Leur promesse de nous rendre tous pareils une fois arrivés au pouvoir fait froid dans le dos. Surtout quand on réfléchit à cette question : à qui vont-ils nous faire ressembler ? Chez les islamistes, tous les hommes doivent porter une barbe hirsute et les femmes se momifier sous des linceuls noirs. Et chez Geerts Wilders (et ceux qui ont piqué ses idées) ou Marine Le Pen ? Les hommes devront-ils avoir la tête d’André Gilles ou de Frederic Daerden ? Et les femmes, celle de Marine Le Pen ou de Madame Chapeau ?

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CHRONIQUES MARTIENNES

Des chercheurs américains viennent d’annoncer qu’ils mettent au point un appareil destiné à créer un champ magnétique autour de Mars. L’idée est de favoriser le réchauffement de la planète rouge pour qu’elle retrouve à terme de l’eau à l’état liquide. De l’eau et de la vie. Une terre bis comme la décrivait déjà Ray Bradbury.

Mais, devra-t-on patienter quatre milliards d’années avant que des organismes monocellulaires martiens apparaissent peu à peu dans les canaux réalimentés de Mars et accouchent, après mille mutations, d’êtres humains ultra-civilisés, au top de l’évolution, des Trump, Erdogan, Poutine ou Assad ?

Faudra accélérer tout ça d’autant que l’on ne peut garantir aux chercheurs – qui ont déjà bien du mal à survivre sous la nouvelle administration américaine – le maintien de leur budget pour les quatre prochains milliards d’années. Après Trump, un président bêtement idéaliste choisira peut-être d’investir tout ce pognon dans l’aide aux réfugiés, la lutte contre la faim, contre les maladies. Un autre dans la fabrication de nouvelles bombes ou de pyramides.

Dès que Mars sera techniquement habitable, on évitera donc de perdre son temps en court-circuitant les errements et les avatars ratés de l’évolution. On éliminera immédiatement les animaux que nous savons destinés à disparaître, dinosaures, archæoptéryx, hommes de Neandertal, communistes. On sautera Lucy, l’homo erectus, le mammouth ou l’oiseau Dodo, dès leur apparition. Pour accélérer l’arrivée du sommet de la création, de l’homo sapiens, vous et moi, si vous préférez.

Le plus simple serait d’envoyer sur Mars quelques-uns de nos plus brillants représentants pour qu’ils se reproduisent là-bas, sans attendre le déroulement naturel de l’interminable chaîne de la vie.

Déjà, Jacqueline Gallant a accepté de se sacrifier et de donner à la science son futur bébé, qui  sera donc l’un des premiers E.T. D’autant que son ADN contiendra la principale caractéristique de l’être évolué de ce nouveau siècle : la capacité à survivre en milieu très hostile. Puisque que sa mère est sortie vivante du marigot de la politique après avoir géré la SNCB et affronté les tempêtes médiatiques, son enfant est vacciné contre les pires maux qui peuvent frapper notre planète-sœur.

Le couple André Gilles-Stéphane Moreau a aussi accepté d’envoyer son bébé dans les étoiles. Un lardon bien nourri par les contribuables belges, qui connaît déjà toutes les ficelles et qui a goûté à tous les câbles, devrait survivre là-haut.

Dans la foulée de sa réinstallation à la tête de la droite française, François Fillon s’est emparé du projet en annonçant que sa femme et ses enfants se réjouissent de rejoindre la nouvelle colonie, loin, très loin, le plus loin possible de la justice parisienne. Et de leurs amis politiques.

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LE VIRUS DE L’HUBRIS

En 1665, la peste noire a fait près de cent mille morts à Londres. Il y a tout juste cent ans, l’épidémie de grippe espagnole ravageait les survivants de la grande guerre. Le sida à la fin du siècle puis le virus Ebola il y a trois ans, après avoir miné le Congo, dévorait le reste de l’Afrique. Chaque fois, le mal a coûté des centaines de milliers de morts et des mois, des années de combats médicaux.

Cette fois, l’épidémie guette la Wallonie. Et, comme si les dieux voulaient punir l’hubris, le sentiment de démesure de ceux qui se veulent leur égal, ce sont les puissants qui sont frappés les premiers. Coup sur coup, Stephane Moreau puis André Gilles, les deux matamores des intercommunales, les rois des tuyaux, sont cloués au pieu aussi raides que les pauvres trouffions qui avaient échappé aux massacres des tranchées. C’est même un médecin légiste qui l’atteste, croix de bois, croix de fer. Un médecin légiste ! On n’ose imaginer ce qu’il reste de leurs abats après son passage.

Ce sont les chênes qu’on abat, écrivait déjà André Malraux.

On comprend la réaction furieuse des Flamands : tant que les boss de Publifin et de sa galaxie tapaient dans les caisses des contribuables wallons, ils rigolaient doucement. Mais à présent c’est la sécurité sociale fédérale qui va devoir casquer. Et si elle assure aux malades le salaire qu’ils recevaient quand ils travaillaient (enfin, bon, vous me comprenez), c’est tout le plan d’économie de madame De Block qui part en vrille.

L’Organisation Mondiale de la Santé a déjà prévu l’envoi d’équipes médicales à Liège et à Charleroi. Médecins sans Frontières a décidé de rapatrier une partie de ses équipes d’Afrique pour prendre en charge les administrateurs des intercommunales car le mal risque de se transmettre avec la rapidité que met la commission spéciale du Parlement wallon à adresser ses convocations. La contamination semble fulgurante et rien ne paraît l’arrêter. Même ceux qui étaient payés à ne rien faire pourraient ne pas échapper à l’épidémie car leurs organismes affaiblis par le manque d’activité semblent ne pas pouvoir résister à l’air vicié du Grognon.

Ayant beaucoup travaillé sur le virus de la corruption en Afrique, on peut faire confiance à Médecins sans Frontières pour déceler les origines du mal et le traiter à la racine.

Mais déjà, des spécialistes préviennent : tant que la Flandre ne sera pas séparée de la Wallonie par un mur étanche, le virus pourrait facilement gagner les rives de l’Escaut et de la Lys. Déjà, quelques souches inquiétantes ont été repérées à Gand. Bart De Wever a aussitôt chargé la ministre de la Politique scientifique de prendre en charge les premiers malades. En oubliant qu’il ne reste rien de la politique scientifique belge après le passage d’Elke Sleurs.

 

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