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LA PENSEE MAGIQUE

Tout l’hiver, on rêvait du printemps. On en rêvait si fort que pops ! il est apparu par surprise en plein février. Il nous a illuminés quelques jours puis est parti chauffer ailleurs mais en promettant de revenir très vite. Et il y en a qui tirent la tête ?
Tout cet hiver est placé sous le signe de la pensée magique, contrairement à ce que serinent les bougons et les amers qui contemplent en grognant leur bouteille à moitié vide.
Faisons la liste : on avait envie de se débarrasser de la N-VA, pops ! elle a disparu sur un bête coup de tête comme le reconnaît et le déplore leur vieux sage, Jan Peumans. Bien sûr elle a emporté avec elle tout le gouvernement mais on ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs.
On était fatigué d’entendre Alain de Stexhe grincer des refrains équivoques sur un air de musique norvégienne. Pops ! Il a dégagé tout seul sans que personne ne le mette à la porte (comme les libéraux de jadis faisaient semblant de ne pas entendre Roger Nols jusqu’à ce qu’il rejoigne l’extrême droite).
On croyait la jeunesse indifférente aux combats politiques. Abracadabra ! C’est elle qui donne chaque semaine des leçons en défilant par tous les temps sous les fenêtres des prometteurs de beaux jours qui juraient la bouche en cœur, depuis des lustres, de préserver les hirondelles mais qui ne sont même pas capables de les accueillir. Ils préfèrent lever des épouvantails pour qu’elles ne s’installent pas chez nous.
De l’autre côté de l’Atlantique aussi, le printemps est de retour avec cet étonnant numéro de l’avocat de Donald Trump, Me Michaël Cohen, qui s’égosille à énumérer tout haut ce que tout le monde soupçonnait tout bas à propos de son illustre client. Et à énumérer ses turpitudes auxquelles il a prêté main forte.
D’un côté, c’est réjouissant. Mais de l’autre, très inquiétant. D’abord de constater que la révélation de cette collection de coups tordus ne fait absolument pas vaciller le trône de Trump – au contraire, cet étalage de turpitudes lui attirera encore plus de sympathies de ses fans.
Comme le disait Hitchcock, un film n’est réussi que si le méchant est réussi. Avec le quarante-cinquième président des Etats-Unis, c’est carton plein !
Mais il est un peu affolant de relever combien il est dangereux de se fier à son propre avocat. Déjà qu’il valait mieux éviter d’aller à confesse, voilà maintenant que le confident naturel des familles est prêt à étaler tous les secrets dès que les caméras s’allument.
Reste un dernier personnage qui profite de ce printemps précoce, King Jong-un. Grâce à Trump, il a pu quitter un moment sa cellule dorée de Pyongyang. Sourire et recevoir des fleurs et des bonbons avant de repartir dans son joli tchouk-tchouk sous les hourrahs ! Si ce n’est pas de la magie ça ?

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MIEUX VAUT PERE FOUETTARD QUE JAMAIS

On appelle ça une crise d’autorité. La méfiance des Français à l’égard de leur président est à l’image de celle de beaucoup de citoyens européens à l’égard de leurs dirigeants.

Quel est le principal reproche des Français à François Hollande ? Sa volonté de rechercher le consensus, qualifiée de mollesse et d’incapacité à décider. Leur modèle de chef, c’est un type qui tape sur la table, qui crie « je veux » devant les caméras, qui vitupère devant les petits caïds des quartiers sensibles et qui s’oppose violemment à « Bruxelles ». Comme aucun de ses adversaires de la droite démocratique ne leur paraît non plus capable d’endosser le costume de guide musclé de la nation, ils plébiscitent Marine Le Penn. C’est vrai que dans l’opposition, les Français cherchent vainement un clone de Nicolas Sarkozy, époque Kärscher. Ni François Fillon qui a fermé sa gueule devant toutes les outrances de son boss pendant cinq ans, ni Jean-François Coppée, éternel second couteau des séries d’avant soirée, ni Nathalie Kosciusko-Morizet qui semble une personne plus déplacée en dehors de Neuilly qu’une famille Rom et que la police de Manuel Valls risque d’expulser du territoire par mégarde.

Durant le règne de Sarkozy, les Français ont pourtant vu les résultats d’une politique soi-disant musclée. Mais, quelques mois plus tard, le moment de lucidité passé, ils sont à nouveau persuadés que seuls un homme ou mieux une femme providentiels va les sortir de la mélasse.

A leurs yeux, Marine n’est plus la fifille de Jean-Marie Le Penn, la descendante de la France de Pétain et des tortionnaires d’Algérie, mais une nouvelle Margaret Thatcher. Qu’ils demandent donc aux Anglais ce qui restait de la Grande Bretagne quand la dame de fer a commencé à rouiller.

Ce mythe qu’on vivra heureux, protégé par la ligne Maginot, a décidément la vie dure. C’est aussi l’illusion que vend la N-VA avec son nouveau-vieux programme. Est-ce vraiment un hasard si le fifils de Bart De Wever, le petit Jan Jambon, a lui aussi fricoté avec les nostalgiques de l’extrême droite ?

C’est dans cette atmosphère qu’a surgi la polémique sur le père Fouettard. Aussi, je pose la question : qui veut la peau du méchant dans le couple Saint Nicolas ? Est-ce un contre-feu maladroit allumé par les amis de Hollande et tous ceux qui s’inquiètent de la résistible ascension des boss gonflés aux hormones ? C’est une erreur politique – une de plus. Le duo Saint Nicolas-père Fouettard est exactement ce qu’attendent les enfants et surtout leurs parents, la promesse de cadeaux d’un côté et la certitude d’une solide raclée de l’autre. Hollande ne survivrait pas sans Vals (Royal aurait aussi fait l’affaire). De Wever sans Siegfried Bracke.

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