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LES MORTS VIVANTS

Contrairement à ce que pensent trop de gens moroses, l’actualité nous apporte aussi son lot de bonnes nouvelles. Prenez le rapport Planète Vivante 2018 que vient de publier le WWF. On y apprend qu’en quarante ans, la planète a perdu 60 % de sa population d’animaux sauvages.

Certes, on peut déplorer la disparition de nombreuses races de serpents, de tigres et autres bêbêtes cruelles. Lors de nos prochaines vacances organisées par M. Neckerman, on n’aura plus la chance de se faire dévorer par des félins, des crocos ou empoisonnés par des reptiles sous le regard moqueur des moustiques et des rats, les seuls animaux increvables. Tant pis pour l’exotisme ! Mais ce ravage annoncé signifie aussi que nous ne sommes pas condamnés inexorablement à supporter la multiplication des plus atroces mammifères qui pullulent sur notre pauvre astre. Alors que l’arrivée au pouvoir de personnages de plus en plus inquiétants semblait inéluctable.

Trump ne va pas continuer à démolir notre pauvre Terre pendant encore un million d’années. Grâce à sa décision de se retirer de l’Accord de Paris et son scepticisme à l’égard de la dégradation de la planète, il sera bientôt frappé par le mal qu’il aura lui-même contribué à propager.

Et le nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro ? Certes, il va commencer par beaucoup mordre, dévaster et faire du mal. Mais, si on évite de suivre les propositions du WWF et qu’on ne prend surtout aucune mesure pour empêcher la disparition des races vivantes sur notre planète, il est condamné lui aussi à être rayé de la carte vite fait, en même temps et aussi rapidement que les forêts d’Amazonie. Et avec lui, tous ces nouveaux monstres, nés peut-être d’une erreur d’aiguillage commise ces dernières années, les Orban, Assad, Kadyrov et autres animaux génétiquement modifiés. Réjouissons-nous donc de cet avenir apocalyptique !

Même si au passage, il entraînera aussi l’extinction de quelques-uns de nos animaux préférés et notamment des derniers dinosaures. La dernière, plus précisément, la pauvre Angela Merkel, presque seule rescapée de ces temps reculés à avoir survécu jusqu’à notre époque diabolique. On ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs.

PS : on se fera une belle idée des ravages commis par les animaux sauvages, soi-disant civilisés, grâce au magnifique film de Pawel Pawlikowski Cold War qui vient de sortir ces jours-ci. Une description au scalpel de la machine communiste des années cinquante et de sa façon de broyer les homo sapiens qui ont eu le malheur de tomber du mauvais côté du rideau de fer. Un drame admirablement mis en scène avec une photo en noir et blanc qui rend l’histoire intemporelle, donc affreusement actuelle.

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LA FEMME DESCEND-ELLE DU SINGE ?

Le titre de cette chronique vous choque ?

Pourtant, vous ne trouvez rien de mal, monsieur, à ce que je dise de vous que vous êtes malin comme un singe. Ni que c’est à un vieux singe comme vous qu’on apprend à faire des grimaces. Vous en êtes plutôt fier. Vous vous réjouissez aussi que les scientifiques nous racontent que les ADN de l’homme et du chimpanzé sont si proches que nous sommes cousins, presque frères. Notre arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père était le même brave gras, musclé, plein de poils. Et celui de la femme, non ?

Vous chantez en chœur avec moi, et en riant très fort,

« C’est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu’en-dira-t-on.
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M’a défendu de nommer ici… »

Une seule association féministe a-t-elle jamais demandé l’interdiction de ce « Gorille » très gaulois de Brassens ?

S’il avait chanté la même chose –ou à peu près- de la femelle du grand singe, quel scandale c’eût été ! Quel mauvais goût !

Il y a quelques jours, des habitants de Pékin se sont mis à chasser un singe errant dans le parc de Dongdan. Ils voulaient le tuer pour manger sa cervelle (un plat très raffiné en Chine). C’est vrai que la cervelle d’un singe remplacerait avantageusement le cerveau de quelques hommes politiques que, rigoureusement mon rédacteur en chef m’a défendu de nommer ici… Mais si je disais que la cervelle d’un singe vaut mieux que celui d’une femme ? Oh ! Ce serait totalement incorrect.

L’homme et la femme sont égaux, proclame-t-on – une fois par an. Egaux, peut-être. Mais la preuve est faite : ils n’ont pas le même ancêtre commun. Si l’homme descend du singe, de qui descend la femme ?

De l’oiseau ? Quoi de plus agréable que de comparer la grâce d’une femme, son allure, sa démarche, à celle d’un beau volatile. Une poule ? Disons, une colombe ou un flamant rose. « Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure, je te porte en moi comme un oiseau blessé (Aragon).

La femme descendrait-elle du flamant ?

Mais le flamant, de qui descend-il ? Du singe ? Non. Comme tous les oiseaux, son aïeul était dinosaure. La femme descend donc de cette bête magnifique (« deinos » en grec) qu’on a longtemps considéré comme un reptile. Ceci explique pourquoi Eve a été plus sensible au serpent, sa sœur, qu’à son pauvre vieil Adam de mari. Et pourquoi King Kong est tombé amoureux de la belle Fay Wray (ou de la sublime Jessica Lange dans une version plus récente de l’histoire). La femme et le gorille, on n’en sortira donc jamais…

 

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