Bibliographie

La Position du missionnaire roux    (éditions Le Cri, 1990, Bruxelles ; Ramsay, 1991, Paris ; en poche chez  J’ai Lu et Espace Nord, 2015)

Un cadre de Nestlé se retrouve victime d’un détournement d’avion qui le conduit au cœur de l’Afrique. Un continent dont il a peur, qu’il craint et déteste. Et qui est surtout le symbole de son naufrage personnel : son épouse l’a quitté pour le dirigeant d’une ONG qui lutte contre la faim en Afrique.

Ce récit d’aventure est aussi une charge à la fois contre les multinationales et contre certaines ONG, qui pratiquent avec cynisme le charity business.

Comme l’écrivait Bertrand de Saint-Vincent, « Dans un huis-clos hilarant, Berenboom règle ses comptes à l’humanité et à ceux qui en débordent. Tout y passe, les bons sentiments, l’idéalisme gauchiste, l’hypocrisie des entreprises philanthropiques (…) C’est un tir nourri comme à la foire, (il) casse la baraque. C’est Tom Sharpe en visite chez les humanistes ; on en sort plié en deux et vaguement inquiet sur la nature humaine ». « C’est du Jean Ziegler revu par Groucho (et Marx !) (…) Remarquablement construit, ce roman à suspens emprunte au cinéma ses plans de coupe, sa fluidité. «  (Sophie Creuz, l’Echo).

La Table de riz (1992, co-édition Le Cri & Ramsay)

Le roman a pour cadre la Chine juste après la mort de Mao. A travers l’histoire d’une étudiante en cinéma, c’est le portrait d’une néo-dictature communiste qui se dessine. Fascinée par le cinéma américain, dont on peut enfin reparler (mais pas le voir) depuis la mort de Mao, l’héroïne espère retrouver les splendeurs du cinéma chinois de l’avant-guerre où travaillait son père. Portrait d’une jeunesse prise en étau entre la mort du père cruel de la révolution culturelle et l’arrivée sans espoir de ses successeurs.

« Avec une maîtrise assurée, qui révèle toute la fantaisie de son écriture, Alain Berenboom orchestre le choc Chine-Occident à travers le cinéma. (…) Mais voilà que la Chine lève le nez à l’instant où son héroïne, elle, courbe l’échine » (M. Peeters, L’Instant).

Le Pique-Nique des Hollandaises  (Le Cri, 1993, réed. en poche, Espace Nord, 2015),

Pourquoi Van Loo, le prudent attaché culturel de Belgique à Varsovie convoie-t-il le cadavre d’une vieille Polonaise à travers la Hollande ? Pourquoi trois filles se collent-elles à ses basques et le suivent jusqu’en Pologne ? La belle Rebecca Manicewicz, dont Van Loo tombe éperdument amoureux à Varsovie, est-elle vraiment si innocente qu’elle paraît ? Et quel est le véritable dessein de Bokma, redoutable homme d’affaires hollandais, en s’intéressant de très près au camp de concentration d’Auschwitz ?

Cette épopée tragico-burlesque décrit la nouvelle Pologne capitaliste, et à travers elle, une certaine Europe d’aujourd’hui, quand elle oublie son histoire.

 

Le roman est un portrait du capitalisme sauvage qui saisit la Pologne d’après la chute du Mur. C’est aussi un récit nostalgique qui fait écho à la destruction des Juifs de Pologne pendant la guerre sans aucun retour en arrière. C’est en visitant la Pologne d’aujourd’hui qu’on découvre le vide immense laissé par cette destruction.

« Voilà qu’avec ce « Pique-Nique, (Berenboom) nous livre sa vision sarcastique et déchirée d’une Histoire qui, après la tragédie, repasse les plats sous forme de farce (…) avec une maîtrise confondante. (…) Traiter en comédie burlesque une obscure histoire de transfert de cadavre déterré à Auschwitz a, au-delà de l’insolence, de quoi provoquer. (…) Parce qu’il réussit à créer d’étranges sentiments mélangés de trouble, de honte, de grotesque, parce qu’il ne se berce d’aucune illusion et débusque la vénalité, la bêtise et la lubricité partout où elles sévissent, Berenboom donne là un livre grave et important, même s’il est émaillé de gags, construit avec la rigueur hilarante d’une slapstick comedy » (J. De Decker, Le Soir).

« On plonge dans un univers absurde et drôle qui déroute et séduit tout de go. Cet écrivain, avocat international a publié récemment un Traité de Maastricht qui fait autorité. Mais, dans ce polar, il oublie les règles européennes pour nous offrir un festival de fantaisie surréaliste. Un voyage moins diplomatique que rocambolesque entre la Baltique et la mer du Nord. » (Lire)

La Jérusalem captive  (1997, éditions Verticales).

Le double récit se déroule sur deux époques : le premier, pseudo-historique, relate le voyage fantaisiste de la première croisade menée par Godefroi de Bouillon sur la suggestion de son aide-bourreau juif, Bertrand-Marie. Le second, suit les errements dix siècles plus tard d’un historien ukrainien réfugié en Belgique avec le précieux manuscrit de la croisade, ballotté entre la bureaucratie de la commission européenne et les complots menés contre lui par ses collègues au sein de la faculté d’histoire qui l’a accueilli.

« Précipitez-vous sur l’excellentissime quatrième roman d’Alain Berenboom (…), roman bouillonnant, (…) faux roman historique doublé d’un vrai polar mystique qui rappelle, sous des rebondissements captivants, l’importance de la mémoire ». (C.V., Lire)

Le Lion noir  (éditions Flammarion, 2000).

Il aura suffi d’un dîner au bord de l’Escaut à Anvers pour que bascule la vie de Fred, la Parisienne. Deux heures à peine : assez pour s’éprendre d’un énigmatique Flamand, rencontré le matin même dans un colloque, assez pour le perdre à jamais en assistant entre poire et fromage à son assassinat en plein restaurant. Tourner la page et rentrer à Paris ? Difficile : le mort réapparaît sous forme de fantôme dans sa chambre d’hôtel… Voilà comment une jeune consultante audiovisuelle sceptique mais décidée se lance sur la piste des assassins. Dans une ville en plein chambardement, que l’extrême droite est sur le point de conquérir. C’est Anvers qui est au cœur de cette étrange course poursuite, ville cosmopolite et repliée sur elle-même, bourgeoise et prête à se donner à des voyous, l’Anvers d’aujourd’hui, moderne et barbare, rongée par la peste brune.

Loufoque et désespéré, « Le Lion noir » nous plonge dans la Belgique de ce début de siècle gangrenée par une extrême droite ambitieuse.

Le roman commence comme un polar noir, avec le meurtre du personnage principal, un consultant audio-visuel dans l’ambiance angoissante de la ville d’Anvers gagnée par l’extrême droite. Il rejoint ensuite le roman fantastique.

«  Avec le Lion Noir, Alain Berenboom a composé un livre captivant et terrifiant. Attrapant le lecteur par le col, il lui fait perdre progressivement tous ses repères, l’entraînant sur un terrain d’autant plus effrayant qu’il renvoie à des réalités terriblement actuelles » ( M. Paquot, Vers l’Avenir)

« On est dans le registre du roman visionnaire qui, comme ces âmes mortes, nage entre deux eaux et laisse profiler des horreurs mais ne se prononce pas quant à leur présence réelle. C’est un livre du pressentiment, de la peur prophétique, un produit typique des années noires que la Belgique a vécues » (J. De Decker, Le Soir)

« Davantage que dans ses romans précédents, Alain Berenboom suit ses personnages « caméra sur l’épaule », ne les lâchant pas d’une semelle, capable de leur emboîter le pas aussi vite que possible, même aux plus intime de leurs fantasmes. Proximité extrême, qu’on dirait intrusive si elle n’était contrebalancée par un art subtil de l’ironie. Ne toucherait-on pas là à la manière d’Alain berenboom, à son style » (J.-F. Grégoire, Tropismes)

Le Goût amer de l’Amérique (éditions Pascuito, 2006)

Ce roman  confronte un jeune homme d’aujourd’hui (ou plutôt de l’époque où le roman a été écrit, 2006) au rêve américain des années cinquante dans lequel l’a bercé son grand-père. Autrement dit le choc entre les USA du président G.W. Bush et son idéologie guerrière et cynique aux grandes valeurs humanistes véhiculées par le cinéma incarné par James Stewart, l’acteur des grands auteurs humanistes du cinéma de l’âge d’or Capra ou Anthony Mann. « James Stewart qui dans « Sueurs froides » en incarna aussi les vertiges » (J. De Decker, Le Soir).

Le personnage principal du roman, Georges vit de petits boulots. Il s’interroge sur le décalage entre l’Amérique rêvée dont lui parle son grand-père et l’image haineuse que lui en donne son meilleur ami Ahmed, comment l’image de l’Amérique s’est à ce point dégradée pour la jeunesse du début du vingt et unième siècle.

C’est pourquoi Georges se lance dans l’écriture d’une bio-filmographie de James Stewart, l’acteur mythique d’Hitchcock mais aussi des cinéastes hollywoodiens sociaux et libéraux et notamment de Capra. Un portrait sur le grand écart entre deux époques et la difficulté de la transmission des valeurs d’une génération à l’autre.

« Son Amérique, écrit-il à propos de James Stewart, était morte avec John Wayne, John Ford, Anthony Mann et Frank Capra. L’Amérique innocente et culpabilisée, pleine de foi dans la justice et la démocratie (…). « Difficile de croire qu’il n’y ait pas du Berenboom autant que du George dans cette amertume. Mais s’il s’agit bien d’un roman d’aujourd’hui, riche en humour et en rebondissements, avec des personnages pittoresques et touchants, c’est aussi un roman d’amour digne du The End qu’affichent les fins de westerns dans une lumière radieusement biblique «  (G. Cotton, Le Vif-L’Express).

« Un roman drôle et décalé qui réussit à approcher la légèreté des comédies de Capra et de Lubitsch sans verser dans la mélancolie d’un âge d’or révolu » (La Marseillaise).

Périls en ce royaume  (éditions Pascuito, 2008 ; nouvelle édition revue, éditions Genèse, 2012)

Premier d’une série de romans mettant en scène le détective privé Michel Van Loo dans la Belgique de l’immédiate après-guerre.

Ce roman est d’abord une enquête policière. Mais c’est aussi un regard sur la Belgique, qu’est-ce qui rassemble les Belges, quelles sont leurs fêlures et pourquoi certains font le pari de que le pays va exploser.

C’est au lendemain de la seconde guerre mondiale que le péril a commencé de guetter la Belgique, avec les premières graves dissensions en francophones et flamands. Périls en ce Royaume commence en janvier 1947. Un jeune fonctionnaire aux Affaires étrangères, ancien  résistant pendant la guerre, disparaît brusquement. Sa famille fait appel à un détective privé, Michel Van Loo. Les temps sont agités en Belgique. La libération, ce n’est pas la « belle époque » et la réconciliation nationale dans la fête. Au contraire, le pays est déchiré : règlements de compte entre résistants et anciens collaborateurs, sur fond de guerre civile larvée entre les partisans du roi Léopold III et ceux qui veulent une république, cependant que les communistes de tous poils se disputent entre eux, sûrs de prendre le pouvoir. C’est dans ce climat délétère qu’enquête Michel Van Loo et ses amis, Anne, une shampouineuse, Federico, un coiffeur, ancien partisan communiste italien, le pharmacien juif Hubert et même son bébé.

Ce polar nostalgique et drôle explore les coulisses de la Belgique à la veille de l’explosion.

« Alain Berenboom réussit l’exploit de nous offrir un grand roman policier. Avec « Périls en ce Royaume », il signe la fondation d’un nouveau genre : le polar ethnique bruxellois. (…)

Une partition qui érafle la question royale, panse la folie de la guerre froide et aménage les blessures d’une guerre qui, hélas, survit à la paix. » (A. De Kuyssche, Journal du Mardi).

« Un livre écrit par un écrivain adepte de la « ligne claire ». En plus d’une intrigue bien menée, il évoque l’atmosphère de l’époque, les concerts de Memphis Slim au Blue Note, le nouveau film d’Humphrey Bogart (…) Si « Périls en ce Royaume » est délicieux, il a aussi le mérite, comme sans y toucher, de rappeler par le divertissement certaines racines de notre divorce communautaire actuel. » (G. Duplat, la Libre Belgique).

« Au fil des pages, on se promène aussi dans ce Bruxelles d’époque à la suite d’un ketje d’une rare précocité (…). De la place des Bienfaiteurs –nœud stratégique des hauts faits de Van Loo- aux quartiers chics d’Uccle et aux décors ravagés du canal, en passant par le Bon Marché ou par les tombes célèbres du cimetière d’Ixelles (…) L’humour est un onguent magistral dont Berenboom use avec une générosité exemplaire pour panser les plaies des personnages que sa plume perverse met en difficulté et pour mettre le lecteur en joie. » (G. Cotton, Le Vif-L’Express).

« Rarement une fiction aura réussi, l’air de rien, à rendre aussi clairement la complexité belge. L’intrigue de ce polar est bien menée, parfaitement construite. On suit avec un intérêt croissant l’enquête de Michel Van Loo, un détective privé chargé par une famille brisée par la guerre de retrouver leur fils disparu. C’est d’autant plus troublant que Yann Beigelbrot n’est pas un incivique ou un traître en cavale mais un héros de la Résistance; pas du tout le profil des volatilisés de la Libération. La Belgique de 1947 n’en a pas encore fini avec l’épuration. Certains en profitent pour instrumentaliser les vengeances, loin de toute considération politique, au sein même des clans familiaux, manière d’apurer les comptes. Toutes les hypothèses sont envisagées. A travers l’exploration des différentes pistes, les contradictions des Belges, leurs hontes et leurs fantômes, sont mis à nu avec finesse. En dire davantage gâterait le goût de l’énigme et celui de l’attente. Tout se joue dans les interstices du récit et les zones d’ombre. » (Pierre Assouline, La République des lettres).

« Un roman qui réussit à être à la fois une palpitante enquête, une comédie désopilante, une réflexion politique, une interrogation sur la Belgique et un voyage dans le temps puisqu’il nous transporte en 1947, année cruciale s’il en est puisqu’elle brasse les retombées de l’Occupation, les prémices de la guerre froide et les premiers vagissements de l’auteur, né en ce même millésime.

C’est l’époque où l’on peut encore sauter sur les plateformes des trams, où l’on vend les journaux à la criée, où l’on a gardé, vu la disette, les réflexes d’économie des années noires, où se parle un langage fleuri où les « mankepuuts » et les « snotneus » ont encore droit de cité. Ce climat, Berenboom nous l’exhume avec humour et tendresse, pour y situer un récit à la fois drolatique et tragique, pittoresque et ambigu. (Jacques De Decker, Le Soir)

Le Roi du Congo (éditions Pascuito, 2009; nouvelle édition revue, Editions Genèse, 2012)

1948. Michel Van Loo, détective privé est appelé par un agent de la Sûreté belge de Léopoldville. Il part en bateau pour le Congo belge.

Un banal cambriolage en province se révèle, tel une poupée russe, dissimuler plusieurs autres intrigues car le Congo de l’immédiate après-guerre est drôlement agité entre le réveil des mouvements de libération et le trafic d’uranium auquel se livrent Russes et Américains depuis la fabrication de la première bombe atomique.

Autour de Michel Van Loo, s’agitent des personnages savoureux, tels trois petits pygmées, baptisés pour l’occasion Pim, Pam, Poum, son éternelle fiancée, la coiffeuse Anne, et une redoutable espionne asiatique.

Et qui est le Roi du Congo, un héros nationaliste ou un agent manipulé par les communistes ?

« Loin des clichés, « Le Roi du Congo », ce serait un peu « Coups de feu sur Broadway » de Woody Allen revisité par le Joseph Conrad du « Cœur des Ténèbres » (Thomas Gunzig, Elle).

« Dans un roman s’amusant des codes du genre, il embarque le lecteur et son détective privé bruxellois à l’envergure modeste dans le Congo d’après-guerre.(…) Entre cocos et crocos, de la Grande forêt aux mille dangers jusqu’aux rives du Tanganyika, en passant par les mines d’uranium du Katanga, ce roman lorgne du côté d’OSS 117 avec une pincée de Tintin. Formidable ! » (Jean-Christophe Buisson, Figaro Magazine)

Ce roman a reçu le prix Bernheim, le prix du roman de l’Académie de Langue et de littérature française de Belgique en 2010 (qui récompensait pour la première fois un roman policier)

La Recette du Pigeon à l’Italienne » (éditions Genèse, 2012)

Nous sommes en 1949. Pendant que démarre le mythique Tour d’Italie qui vit la victoire symbolique de Coppi sur Bartali, Michel Van Loo, détective privé est consulté par un colombophile, Lisone, qui est aussi un entrepreneur chargé d’emmener des ouvriers italiens en Belgique.

Van Loo va enquêter dans la région de Liège, celle des mines et des hauts-fourneaux entre mineurs, syndicalistes et trafiquants de main d’œuvre.

Entre la mort d’un syndicaliste et celle…d’un pigeon voyageur, il ya plus de liens qu’on ne pourrait le penser.

Van Loo va découvrir le monde dur et boueux des immigrés italiens pendant que se déroule le mythique mano a mano entre Coppi et Bartali.

Van loo aura bien besoin de ses amis, le communiste italien Federico, propriétaire du salon de coiffure où travaille sa fiancée Anne, les frères Motta, syndicalistes de choc, et Hubert, le pharmcien juif polonais pour explorer ce monde fermé et brutal et démêler cette intrigue mystérieuse.

« Cette Recette est un régal. Berenboom n’a pas son pareil pour dépeindre la truculence, l’humour, l’ironie de ses personnages. » (Jean-Claude Van Troyen, Le Soir).

« Sa fresque sociale est bouleversante mais grâce à un jeu subtil de pirouettes (…) pas question de larmoyer. Berenboom avec son ironie mordante et son humour décapant y veille » (Christine Laurent, Le Vif-L’Express).

« Le rapport entre Van Loo et Anne rappelle le fameux couple formé par Nick et Nora Charles dans les films de la série « Thin Man » (inspirés de L’Introuvable de Dashiell Hammett) mêlant remarques acidulées, second degré et ballet amoureux, le tout fortement pince sans rire. Par contre l’ironie mordante qui fait souvent mouche avec une touche occasionnelle d’humour noir sont d’une autre essence (…) Un roman policir netemnt au-dessus de la moyenne actuelle » (E. Borgers, Polar noir).

« La plume allègre de l’écrivain dégoupille joyeusement les noirceurs de ce monde avec une bonhomie qui n’ôte rien à la hardiesse du propos. (…) L’espièglerie à la Thyl Uylenspiegel d’Alain Berenboom lève des lièvres peu ragoûtants dans un roman qui avance masqué, passionnant autant que saisissant » (Sophie Creuz, L’Echo).

Monsieur Optimiste (éditions Genèse, 2013)

« Monsieur Optimiste » retrace la vie des parents de l’auteur après leur immigration en Belgique, comment ils ont abandonné leur famille et leur pays natal pour s’installer dans le pays d’accueil et peu à peu se « belgiciser ». Tout en résistant à la traque nazie, cachés à Bruxelles.

Comment raconter la vie de son père et de sa mère ? En rangeant les archives de ses parents retrouvées après leur mort, le narrateur découvre que leur vie a été beaucoup plus complexe et aventureuse qu’il ne le croyait et qu’elle explique son propre destin. Des documents retrouvés, des archives de la Sûreté de l’état et des lettres, lui permettent de reconstituer à travers une multitude d’anecdotes émouvantes et drôles, la vie de ses parents, immigrés dans une Belgique des années trente, en proie aux tentations du communisme et du fascisme puis sous l’occupation nazie, ainsi que de raconter la chronique de la famille, restée en Pologne et qui racontait la vie de leur village par la voix de la grand-mère de l’auteur et de la sœur de son père, Sara.

A travers ces « petites » histoires, c’est la grande histoire du vingtième siècle qui se dégage en filigranes et par petites touches. Et surtout le mode d’emploi de la fabrication par deux immigrés d’un vrai petit Belge, le narrateur, plus « belge que nature ».

Ce récit a obtenu le plus prestigieux prix littéraire belge, le Prix Rossel. Il a été adapté au théâtre par Christine Delmotte au Théâtre de la Place des Martyrs à Bruxelles (puis en tournée et dans divers festivals) en 2015 avec un grand succès.

« Ravi, le lecteur découvre ce que fut la vie rocambolesque de ces parents tranquilles. Il y a le faux ami, vrai nazi, l’aïeul épicier dans un village polonais enneigé, une grand-mère et mère courage, intrépide et pionnière, une kyrielle d’épisodes hauts en couleurs et en émotion. (…) Tout est juste, magnifiquement campé avec une pudeur pleine d’humour et de tendresse pour des personnages réels devenus de fiction. » (Sophie Creuz, L’Echo).

« Magnifique et émouvante enquête d’Alain Berenboom sur sa famille où le père du détective Van Loo aborde le sujet qui l’obsède vraiment » (Guy Duplat, Le Soir).

« Alain Berenboom a réussi un joli tour de force : parler d’un drame inouï avec humour et profondeur. (..) Le style est épatant et même décapant pour ressusciter, à partir de documents familiaux épars, le quotidien de personnalités ordinaires indécrottablement tournées vers l’avenir qui ne pourra être que radieux… On s’en voudra de déflorer les ressorts d’une intrigue qui tient le lecteur en haleine dès les premières lignes (il est vrai qu’on a affaire à un auteur de polars chevronné) pour en souligner l’originalité et l’humanité profondes. » (Bernard Delcord, Marianne).

La fortune Gutmeyer (éditions Genèse, 2015) :

Nous sommes en 1953. Michel Van Loo est consulté par la femme d’un diplomate français, la provocante Irène de Terrenoir. Son père, Gutmeyer, un notable juif de Prague, a disparu dans les camps nazis mais il a laissé un compte bancaire en Suisse.

Or, cette fortune vient d’être subtilisée par un escroc qui s’est  présenté à la banque de Bâle avec les papiers du disparu avant, affirmait-il, de partir pour Bruxelles.

Deux cadavres plus tard, Michel Van Loo est arrêté par la police belge. Avec l’aide de monsieur de Terrenoir, il embarque pour Israël où le faux Gutmeyer a été repéré. Il est accompagné par son ami Hubert, le pharmacien (largement inspiré du père de l’auteur, Monsieur Optimiste).

Qui est le fantôme qu’il poursuive ? le vrai Gutmeyer ? Un faussaire ? Mais alors, comment en sait-il tant sur le père de sa cliente  ?

En Israël, Michel Van Loo va devoir affronter des rabbins moins orthodoxes qu’il n’y paraît et des terroristes moins palestiniens qu’on imagine. Tout en parcourant un pays tout jeune, peuplé d’immigrés venus de tous les coins de la terre, y compris des camps de la mort.

« Un imbroglio aux rebondissements aussi cocasses qu’inattendus qui permet à Berenboom de distiller ses conceptions subtiles sur l’Etat d’Israël et les cultures juive et belge qui lui collent à la peau. Le tout nappé d’un humour imprégné de dérision. Fort, très fort « (Christine Laurent, Le Vif-L’Express).

« Le roman d’Alain Berenboom ouvre des portes délicates sur des réalités méconnues. A côté de tant d’horreurs subies par les Juifs, il y eut, dans la communauté, quelques traîtres, des collaborateurs des nazis attirés par l’argent. (…) Berenboom en profite pour nous montrer toutes les nuances de la création de l’Etat d’Israël, depuis l’enthousiasme pionnier et l’espoir d’une terre enfin sûre, jusqu’à l’oubli des palestiniens. L’enquête s’avère très compliquée mais toujours alerte et drôle grâce à l’imagination débordante d’Alain Berenboom. » (Guy Duplat, La Libre Belgique).

« Derrière le polar allègre, derrière l’intrigue pleine d’inattendus rebondissements, derrière le sourire et l’humour du détective et… de l’auteur de La fortune Gutmeyer, il est une étude très poussée de la diaspora juive, une description très précise de l’Etat d’Israël au temps des kibboutz et une évocation si féroce de certains noirs comportements humains que le lecteur lui-même en sort comme chaviré. Mais n’est-ce pas là tout l’art d’un grand écrivain ? » (France Bastia, La Revue Générale).

Hong Kong Blues        (Editions Genèse, 2017).

 

Marcus Deschanel est un type séduisant. Journaliste dans une gazette du nord de la France alors que sa carrière de romancier est en berne, il se croit irrésistible. Pourtant, tout prend l’eau dans sa vie. Sa compagne l’a quitté, son dernier roman est un flop magistral et son bébé, la petite Gabrielle, l’horripile. Sur un coup de tête, Marcus décide de quitter la France. Il se voit déjà écrivain-voyageur. Mais, à Hong Kong, sa vie bascule.

A peine débarqué dans l’ancienne colonie britannique, il se retrouve mêlé à l’assassinat d’une manucure dans une discothèque. Son passeport a été retrouvé dans le sac de la jeune femme à côté de son cadavre.

Fauché, sans papier, Marcus est pris au piège dans le chaudron moite et grouillant de Hong Kong. Il n’a pas de repères, ne connaît personne et n’a plus d’argent. Auprès de qui trouver du secours ? Son avocat « Appelez-moi-Mike » n’a pas l’air de prendre son dossier au sérieux. Le consul général ne veut surtout être mêlé à son affaire. Et le commissaire Teng est prêt à le jeter en prison.

Deux personnages vont l’aider mais à quel prix ? Pedro, un improbable plombier-bistrotier. Et une séduisante policière chinoise.

Et si, Hong Kong, ville-État, était la véritable héroïne de cette histoire ? Une ville énorme, en pleine mutation, gangrenée à la fois par les mafias et par le parti communiste chinois. Un paradis fiscal et financier, vitrine de la mondialisation, qui se lézarde lentement sous les coups de boutoir de la Chine communiste et de l’agitation des parapluies jaunes.

« Alain Berenboom prend un plaisir cruel à appliquer le principe cher à Hitchcock : baigner son héros dans ses meilleurs cauchemars » (J.- F. Guedj, l’Echo)

« Roman-gigogne, malicieusement construit, Hong Kong Blues est aussi un livre sur l’écriture elle-même et ses mensonges » (G. Duplat, La Libre Belgique)

« Le récit propose un effet de miroir entre les événements à Hong Kong et la vie de Marcus en France. Si dans la cité chinoise celui-ci est victime de ce qui paraît être un complot, sa vie à Lille montre que c’est lui le bourreau, doublé d’une manière de faussaire, tant dans sa vie privée que dans son métier. (…) Dans cette histoire où tout ou presque est ambigu, le romancier piège le lecteur (..). (J. Duhamel, Le Carnet et les Instants).

 

Romans

La position du missionnaire roux (éd. Le Cri, Bruxelles et Ramsay, Paris, 1990 ; réédité chez J’ai Lu, 2000 et chez Espace Nord, 2015)

La Table de riz (éd. Le Cri, Bruxelles et Ramsay, Paris, 1992, réédité en poche, chez Ancrages, 2000)

Le Pique-nique des Hollandaises (éd. Le cri, 1993, réédité en poche chez Espace Nord, 2015) (trad. en néerlandais)

La Jérusalem captive (éd. Verticales, Paris, 1997)

Le Lion noir (Paris, Flammarion, 2000)

Le Goût amer de l’Amérique (B. Pascuito éditeur, 2006)

Périls en ce Royaume (B. Pascuito , 2007- nouvelle édition revue, Genèse, 2012), grand prix littéraire France-Communauté française, 2008, Paris. Traduction en roumain.

Le Roi du Congo (B. Pascuito, 2009, nvelle édition revue, Genèse, 2012). Prix Bernheim-prix du roman de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique 2010

La Recette du Pigeon à l’Italienne (Genèse, 2012)

Monsieur Optimiste (Genèse, 2013), prix Victor Rossel, 2013.Traductions en néerlandais et allemand. Adaptation au théâtre en 2015.

La Fortune Gutmeyer (Genèse, 2015). Traductions en tchèque et en roumain.

Recueils de nouvelles

L’auberge espagnole et autres histoires belges (éd. Grand Miroir, Bruxelles, 2002)

La Fille du Super 8 (éd., 2003)

Le Maître du Savon (Ed. Le Cri, 2009)

Messie malgré tout ! (éditions genèse, 2011)

 

écrivain, chroniqueur, romancier