LA RENTREE 2008

Rencontres à la rentrée avec Alain BERENBOOM à propos de son roman « PERILS EN CE ROYAUME »:

    _ lundi 8 septembre à 20 h. à la la Bibliothèque de Rhode Saint Genèse
    _ jeudi 18 septembre à 17 h. à la Librairie Pax à Liège
    _ jeudi 18 septembre à 20 h. au Foyer culturel juif de Liège
    _ jeudi 25 septembre de 10 h. à 16 h. Journée polar à l’Académie de Police de Jurbise: auteurs de polars v. flics…
    _ jeudi 25 septembre à 20 h. Soirée à la Galerie Rousseleau à Bruxelles en compagnie de Alain Fralon et de l’abbé Vanderbiest
    _ week end Polar organisé par la Bibliothèque de Saillans les 11 et 12 octobre
    _ mercredi 5 novembre: entretien au FRAM à Liège avec J. Paque
    _ jeudi 13 novembre à la Maison de la Culture de Tournai

GARDE A FOUS !

chronique
Les querelles autour de BHV et autres gamineries ont quelque peu laissé dans l’ombre les grandes manœuvres militaires de notre nouveau taieut ! taieut ! ministre de la défense, Piet De Crem. On dirait que revêtir l’uniforme de patron des forces armées transforme les plus braves types en ganaches ridicules et dangereuses. On se rappelle en France de Jean-Pierre Chevènement, l’incarnation de la gôche de la gauche, devenu par la magie d’un maroquin sgrogneugneu vous me ferez huit jours. Oublions le spectacle pathétique de ces gros ministres de la défense qui se glissent dans le cockpit de nos redoutables avions de chasse, déguisés en Buck Danny, le temps d’une photo.
A peine dans la place forte, Piet De Crem s’y met à son tour. Dès son entrée en fonction, il a interdit à l’armée d’assurer les visites scolaires des camps de concentration : le spectacle des victimes était trop déprimant pour nos militaires. Il préfère les annonces martiales, le rassemblement dans la cour et que ça saute ! Tout ça pour se donner l’allure d’un vrai soldat en envoyant au casse-pipe quelques appareils, dont on disait pourtant que la Défense nationale n’avait même plus les budgets pour assurer leur approvisionnement.
Espérons qu’un petit malin n’ait pas eu l’idée entre temps de les équiper en réservoirs à bio-carburants, vu qu’en Afghanistan, on ne cultive plus que du pavot. Au prix de l’opium sur les marchés, faire voler nos avions serait impayable. On aurait portant aimé voir nos pilotes, bercés par la vapeur, chantant à tue-tête « ça plane pour moi ! »
L’Afghanistan vaut bien une guerre ? On comprend qu’il faille empêcher les Talibans et autres fous de Dieu de remettre la main sur ce pays martyrisé. Mais les meilleures intentions du monde tournent en eau de boudin lorsque les missions des Occidentaux lâchés sur le terrain sont floues.
L’invasion de l’Afghanistan a été autorisée par les plus hautes instances internationales et les troupes américaines ont réussi, avec leurs alliés, à chasser du pouvoir les scélérats qui avaient fait de ce pays une prison folle. Bravo. Mais, comme en Irak, le remède s’est révélé aussi mauvais que le mal, faute de projet, de préparation, de rééducation de la population, de prise en charge et d’éducation de la société civile (ce que les Alliés avaient fait après la seconde guerre mondiale en Allemagne ou au Japon.)
Envoyer quelques F-16 et des soldats courageux ne suffit pas, sans un projet précis, avec des instructions claires, un travail avec la population locale. Tout ce qui semble ici faire défaut et qui n’a jamais fait l’objet d’un débat politique. Comment dit-on en langage militaire : danger casse-cou ?

Alain Berenboom
www.berenboom.com

QUI DONC EST FLAMAND ?

chronique
A écouter les émissions de jazz contemporains, on a l’impression que les frontières du jazz ont explosé. Ce qui pose la question : qu’est-ce que le jazz ? Que faut-il pour qu’un musicien entre dans ce club très select ? Pour certains, le mot vient de l’argot « gism/jasm » qui signifie force, exaltation ou sperme. En est-il de même pour les Flamands ?
Je veux dire : quelles qualités faut-il réunir pour être flamand ? Ecartons le sperme. On n’est pas flamand par l’origine familiale; nous ne vivons pas, quoique disent certains, dans le chaudron déjanté des Balkans. Personne ne met en doute la « flamanditude » de M. Leterme ni la « wallonitude » de Laurette Onkelinck. Parler la langue ne suffit pas. Parfaits bilingues, Louis Michel et Didier Reynders ne sont pas (encore) dans la course pour la présidence du NvA ni même celle de la Flandre. Herman de Croo et Mark Eyskens, qui parlent le français le plus châtié de tous les hommes politiques belges, sont flamands, n’en déplaise à leurs détracteurs. S’il fallait classer nos excellences selon la façon dont ils s’expriment, la plupart pourrait d’ailleurs fermer boutique…
Le nom n’est pas non plus une indication : les radicaux flamands comptent sur M. Bourgeois et les Wallingants sur Van Cauwenberghe.
Reste la langue du diplôme mais rien n’empêche d’étudier dans une autre langue que celle dans laquelle on a été élevé. Et le passage d’un enseignement à l’autre devient heureusement de plus en plus à la mode.
Le droit du sol n’est pas non plus une indication à entendre les cris d’orfraie poussés par certains politiciens flamands contre la présence de « francophones » sur leur sacré territoire. Suffit-il de ne pas contester la circulaire Peeters pour être flamand ou d’exiger à tout prix de lire sa note de gaz en français plutôt qu’en chiffres arabes pour perdre cette qualité ?
Quant à notre jeunesse, elle est de plus en plus bigarrée. Un ancêtre venu d’ailleurs sera-t-il demain le seul indice pour être un vrai belge ? Même pas. Ces jeunes se retrouvent aussi obligés de se déclarer flamands ou francophones, malgré eux.
La conclusion qui s’impose est donc que nous sommes tous juifs allemands. Ce qui, soi-dit en passant, résout un certain nombre de problèmes en suspens.

Alain Berenboom
www.berenboom.com

PS : Ce billet est dédié à la mémoire de Kamiel Van Hole. Ecrivain et poète flamand, il fut un amoureux de la liberté, adversaire farouche de l’intolérance. Notamment à travers diverses aventures littéraires qui réunissaient écrivains flamands et francophones, comme « Bloum à Bruxelles » (édition Le Castor astral) et « Drôle de Plumes » (édition Moulinsart). Ou les récitals du 01.10. 2006 contre l’extrême droite.

TOMMEKE, TOMMEKE, WHAT DOET JE NU ?

chronique
Il y a quelques années, lorsque des enquêteurs avaient trouvé des produits dopants au domicile de Frank Vandenbroucke, le champion cycliste avait déclaré qu’il les avait achetés pour son chien.
Tom Boonen n’a pas de chien. Ni chat, ni poisson rouge, ni dinosaure, ni personne pour encaisser à sa place le rail de cocaïne dans lequel il s’est planté. Notre superbe champion du monde, maillot vert au Tour, vainqueur du dernier Paris-Roubaix, est à la dérive. Exclu du Tour de France. Chassé du tour de Suisse. Incertain pour le championnat du monde. Sous le coup de poursuites pénales. Tommeke s’est excusé d’une voix blanche (évidemment) tandis que son directeur sportif vantait le mérite des coureurs qui le remplaceront lors du prochain Tour…
Les observateurs s’interrogent sur cet incroyable dérapage. En principe, les champions ne se plantent que dans la descente, jamais dans l’ascension. Boonen, il est vrai, est un piètre grimpeur. Comment expliquer cette incroyable gaffe ? Dans un sport en pleine implosion, les vedettes tombent comme des mouches. Celles qui survivent sont aux abois. Traquées, guettées, sous le coup de rumeurs permanentes.
Toujours sur la défensive, malgré son talent, son image d’homme propre, équilibré, de rouleur superbe, Tom est un artiste rappelant les grandes figures de jadis, Impanis, Rik Van Looy, Eddy Merckx, Roger de Vlaeminck. Equilibré ? Non, sans doute. Pardon, Justine, mais se domicilier à Monaco, cela démontre déjà un cynisme indigne d’un champion. Et la coke, d’autres fêlures. Un homme qui a prouvé qu’il est au-dessus des autres par son art ne peut prétendre qu’il est au-dessus des lois. Au contraire.
Mais quelle sanction lui appliquer ? Le mettre hors course, c’est tuer ce qui reste du cyclisme. La prison ? Pour qu’il sombre définitivement ?
Reste les peines de substitution. Deux cent cinquante heures de travaux d’intérêt général. Genre promener le chien de Vandenbroucke et lui parler pour le désintoxiquer. Lire la Bible à Yves Leterme sur son lit d’hôpital. Dans ce domaine, le juge a un grand pouvoir d’appréciation. On pourrait exiger de Boonen une solution à la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles Hal Vilvorde avant le 15 juillet s’il veut représenter la Belgique au prochain championnat du monde. L’organisation du mariage de Bart de Wever et d’Olivier Maingain avec Arno à l’accordéon. L’envoyer auprès du président Kabila plaider la cause de la Belgique en échange de l’organisation d’un tour du Congo auquel il devra participer (il n’a pas hésité à jouer le clown dans un improbable tour du Quatar). Bref, les projets ne manquent pas pour remettre en selle notre champion. Allez, Tommeke !

Alain Berenboom
www.berenboom.com