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LA MELANCOLIE DE MR LOYAL

Et si, une fois de plus, le président Macron se trompait ? Si ce n’était pas l’augmentation des taxes sur le carburant, la stagnation du SMIC ou les « cadeaux aux riches » qui faisaient descendre les Français dans les rues ? Si l’explication était ailleurs ? Les Français ont quitté leurs salons et leurs écrans, tout simplement parce qu’ils s’emmerdent.
Les mêmes films et les mêmes séries à la télé, entrecoupées des mêmes bêtes pubs, les programmes stupides sur You Tube, recettes de cuisine, maquillage et ados filmant en temps réel leur quotidien banal à mourir. Assez ! Plus rien ne les amuse. Et surtout pas la politique qu’ils adoraient contempler quand elle ressemblait au théâtre de Guignol. Poum ! Pim ! Paf !
Depuis l’arrivée au pouvoir de la République en Marche, les affaires publiques sont devenues plus soporifiques qu’un bouquin de François Hollande. Le gouvernement est terne, l’opposition inexistante et le président ne parle pas ou du bout de ses lèvres gercées. Plus rien pour amuser les citoyens.
« Je vous ai compris » ou « Vive le Québec libre ! » du général de Gaulle avait une autre gueule ! Comme les débats Mitterrand-Chirac. Ou Georges Marchais insultant les journalistes en direct. On a aussi aimé Mitterrand s’expliquant sur ses curieuses amitiés avec des camarades de Pétain. Ou le « Casse-toi, pôv’ con ! » lancé par Sarkozy. Tout cela ne faisait pas avancer le schmilblick. Mais peu importe du moment que ça amusait la galerie.
Depuis que les cirques ne peuvent plus exhiber d’animaux vivants ni de monstres inquiétants et que les clowns ont pris leur retraite, il ne reste que des gilets jaunes pour faire l’animation et c’est nettement moins comique. Car ces figurants ignorent que l’image ne suffit pas. Pour soulever les foules, il faut aussi du texte, des dialogues bien construits et des punch-lines. Hélas pour eux, Michel Audiard est mort.
Le danger d’une révolte citoyenne guettait aussi la Belgique. On a vu çà et là quelques émules des gilets jaunes français se geler les petons sur les routes wallonnes. Heureusement, notre gouvernement autrement plus réactif que celui du président Macron a pris immédiatement le taureau par les cornes et organisé un grand spectacle pour éviter tout dérapage citoyen.
Faute d’autres accessoires, ils ont brandi ce qu’ils avaient sous la main, un Pacte de l’ONU sur les Migrations, le genre de textes internationaux qui n’intéresse personne et n’a de toute façon aucun effet pour faire semblant de se voler dans les plumes au grand bonheur des citoyens ébahis. Ose seulement aller chez les Marocains ! Bien sûr que je cours à Marrakech dare-dare ! Je refuse de te donner les pouvoirs ! M’en fiche, je les demande au Parlement ! Qu’est-ce qu’on s’amuse ! Ah , Macron, si tu avais le duo De Wever-Michel, tu serais sauvé !

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GIL & JAUNE

Quelle mouche a donc piqué Monsieur et Madame Gil & Jaune de se les geler en plein hiver, en installant un campement de fortune, la nuit devant une station service déserte, au milieu de nulle part, sur une route du Hainaut ou de Liège, en se frottant leurs petites mains glacées devant un brasero qui peut les faire exploser à tout moment ?

Après avoir interrogé des psychiatres, des sociologues, des politologues tous éminents experts qui avouaient leur incompréhension devant cet étrange phénomène, qui rappelle les suicides collectifs des membres de certaines sectes, je crois avoir élucidé la cause du mal : le couple Gil & Jaune est fan de TF1.

Non pas d’un bête épisode de Téléréalité explorant les limites de la résistance humaine, ni d’un jeu concours récompensant le geste le plus bête de l’année. Non du très sérieux journal télévisé.

TF1 n’ayant à ce jour belgiciser que ses pubs et non ses infos, ce pauvre couple a cru comprendre que la Belgique n’existe plus, qu’il vit désormais dans un département français, situé au-delà de Risquons-Tout, la bien nommée. Un territoire sur lequel s’applique la loi française.

Les images montrant brièvement le président Macron avec le roi Philippe et Charles Michel pouvaient laisser croire à une passation de pouvoirs. Eh bien, détrompez-vous, Chers Gil & Jaune, il n’en est rien. Bart De Wever s’est battu comme un beau diable pour empêcher ce coup de force et garantir l’indépendance de notre royaume. Les lois françaises s’arrêtent à la frontière, comme jadis le nuage de Tchernobyl.

La surtaxe carburant, censée contribuer à la lutte contre la pollution, n’est pas applicable en Belgique. Et elle ne risque pas de l’être, pas plus que toutes autres mesures en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, tant que notre petit royaume comptera autant de ministres chargés de l’environnement qu’il y a de portefeuilles à distribuer entre mandataires politiques. Ce n’est pas la première fois. On se rappelle des cafouillages lors de la COP 21 à Paris, où la Belgique a été incapable de s’entendre sur la répartition des efforts entre régions (ce qui lui a valu de recevoir le « Prix Fossile du Jour ») et il y a quelques semaines lors de la signature d’une déclaration commune des trois pays du Benelux dont la Belgique a fait retirer à la dernière minute, d’après plusieurs ONG, les objectifs climatiques chiffrés à long terme pourtant convenus pendant les négociations, rendant cet accord un pur vœu pieux.

Il faut sauver Gil & Jaune. Les empêcher de poursuivre leurs dangereux bivouacs dans le froid et les émanations de pétrole. Car les soins qu’ils vont faire rembourser par la sécurité sociale, avec les taxes de qui, on va les payer, croyez-vous ?

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GOUVERNEMENT ROCK ‘N ROLL

L’irruption des réseaux sociaux a tout chamboulé dans le fonctionnement de la démocratie, désormais rythmée par les buzz, les tweets plus ou moins spontanés des internautes et la dictature des émoticônes. Pouce levé, pouce abaissé ou doigt d’honneur, en quelques secondes, le sort de ceux qui nous dirigent en est jeté en quelques secondes.

On comprend la hâte de Gérard Collomb à rejoindre les rives paisibles du Rhône et les tables étoilées de Lyon, où l’on prend son temps, loin du supplice chinois auquel il était condamné jour après jour alors qu’il avait cru que le poste de ministre de l’Intérieur couronnait sa fidélité au nouveau pacha.

Le président Macron lui-même, dont on croyait qu’il maîtrisait les règles de la communication, passe son temps à se planter à chacune de ses apparitions, entre selfies ridicules et déclarations à l’emporte-pièce à des « vrais gens ». A force de vouloir courir derrière les djeunes, il commence à manquer de souffle, le gamin…

Mais quel être humain pourrait tenir à ce rythme ? à ce bombardement continu ? On comprend les difficultés du président français à reconstituer un casting capable de résister à pareille pression. Pourquoi ne pas songer alors à remplacer les hommes et les femmes politiques, en tout cas ceux qui sont le plus exposés/explosés, par des robots.

L’intelligence artificielle se développe aussi rapidement que la bêtise des internautes. Elle seule est capable désormais de la prendre de vitesse.

Jamais R2-D2, le délicieux petit robot de Star Wars, n’aurait été pris en défaut comme le pauvre Gérard Collomb, acculé par la presse dans la grotesque mais sinistre affaire Benalla à tenir des propos ridicules et manifestement mensongers. Alors qu’il suffit à R2-D2 de s’exprimer par des sifflements et des bips électroniques pour mettre l’audience dans sa poche. On ne comprend pas plus son discours que celui du ministre de l’Intérieur français, mais tout le monde est convaincu par ce que dit le petit robot, rit et applaudit.

Dans un monde, où les politiques sont sans cesse confrontés à leurs propres mensonges, déclarations et promesses hypocrites, le salut est dans les machines. D’autant que lorsqu’il ment, le nez du robot ne s’allonge pas.

Imaginez Marie-Christine Marghem remplacée par R2-D2. A lui, les déclarations incompréhensibles sur la fourniture d’électricité cet hiver pendant qu’elle distribue tranquillement ses tracts dans les rues de Tournai.

Il est vrai que si les robots-ministres sont programmés pour réagir exactement selon l’humeur sans cesse changeante de l’opinion publique, on peut s’attendre à un gouvernement rock’n roll…

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