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LES CAHIERS AU FEU ET LE CO2 AU MILIEU !

Lorsque la Belgique a navigué jadis sans gouvernement pendant un an et demi, régnait un étrange sentiment d’allégresse et de liberté –sauf dans les milieux politiques. Une atmosphère d’école buissonnière genre « les cahiers au feu et le prof au milieu » !
Rien de commun avec « l’ambiance gilets jaunes » qui agite la France. Là, les manifestants se battent contre les politiques pour leur arracher le pouvoir. Le « peuple » (c’est-à-dire eux) réclame le droit de voter ou de modifier les lois, renvoyer les parlementaires dont la tête ne leur revient pas, tout décider par référendum et son contraire.
Chez nous, rien de tel. Les citoyens n’avaient aucune envie de toucher aux manettes du pouvoir. Au contraire. Ils voulaient simplement respirer et fêter l’arrêt de cette sacrée machine à pondre lois, décrets et arrêtés jour et nuit.
Or, voilà que certains déplorent ces jours-ci un nouveau blocage de la machine à voter tout et n’importe quoi.
C’est le printemps, messieurs-dames ! Respirez un peu ! Profitez du soleil ! Oubliez vos sacrés textes pleins de principes à l’article 1er que personne n’appliquera d’autant qu’ils sont farcis d’exceptions à l’article 2.
A propos de soleil, justement. Dans la poubelle, si elle n’est pas vidée entre temps, les successeurs tout frais élus en mai prochain trouveront le brouillon d’une loi climat. Après des mois de manifestations et les discours pour une fois unanimes des politiques sur l’air de « je vous ai compris ! » et bravo à notre belle jeunesse-responsable-qui-prend-son-destin-en-mains, ça fait vilaine tache en pleine campagne électorale.
Mais qui pouvait sérieusement imaginer que le parlement fédéral allait voter un texte consistant sur un sujet que la réforme de l’état a dispersé entre toutes les entités de ce pauvre pays ?
Ils étaient si fiers nos constituants d’avoir voté un art 7 bis qui dispose que « dans l’exercice de leurs compétences respectives, l’État fédéral, les communautés et les régions poursuivent les objectifs d’un développement durable, dans ses dimensions sociale, économique et environnementale, en tenant compte de la solidarité entre les générations. »
Un texte qui sonne aussi creux que « tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin ». Car il annonce d’emblée la couleur : « selon leurs compétences respectives » signifie qu’en matière d’environnement, tout le monde est compétent donc personne ne l’est. Dans un pays dont la superficie est à peu près celle de la Bourgogne, il n’est pas possible d’arrêter un plan climat sans mettre d’accord dix-sept assemblées et gouvernements.
Ne reste plus qu’à attendre la montée des eaux pour avancer enfin sur le sujet. Une fois que les assemblées auront été noyées, il sera plus facile de se mettre d’accord entre survivants …

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NOM DE NOM !

 Sur le point d’achever leur mandat, nos parlementaires ont choisi comme pétard ultime de nous laisser une loi qui chamboule les noms de famille. Est-ce une coïncidence que ce soit la même assemblée qui ait voté la réforme de l’état et celle des noms ? On a beau être parano, difficile de ne pas lier les deux, de ne pas soupçonner une arrière-pensée politique derrière tout ça.

Un exemple au hasard. Imaginons la naissance demain de l’enfant d’un monsieur Di Rupo et d’une mère Michel. N’est-il pas étrange que bébé, qui n’a pas droit à la parole, soit obligé de porter le nom de la prochaine coalition, en tout cas celle que ses deux parents appellent en secret de leurs vœux ?

Et, que se passera-t-il pour notre pauvre lardon si les électeurs n’en veulent pas ? Et qu’ils envoient au gouvernement disons un monsieur De Wever avec une dame Milquet ? Ont-ils songé aux conséquences psychologiques futures pour le gamin ? Au traumatisme causé à cet enfant bien né d’un couple avorté ? Méfions-nous des effets d’un tel choc. Une fois majeur, il risque de commettre des actes irresponsables : au choix et en vrac, devenir président de la république d’Anvers, bourgmestre de Bastogne, épouser Didier Bellens, gérer les services payants à bords des vols Ryan Air, se prendre pour Napoléon avant Waterloo. J’en passe et des plus terribles.

Certes, la nouvelle loi a aussi des avantages. Si le nom du père est difficile à porter, il peut s’effacer devant celui de maman. Encore faut-il que papa soit conscient de l’intérêt de son enfant. Prenons à nouveau un nom au hasard, Louis. Pour que le petit ne soit pas dans l’avenir confondu avec le pathétique illuminé qui a déshonoré l’assemblée sortante, son père devrait laisser sa progéniture porter le nom de son épouse. Mais, si elle s’appelle Modrikamen (si fière à l’époque que son Louistje soit député et si dépitée aujourd’hui), que doit-on conseiller?

Le projet de modification des noms date de 2005. Dans une chronique à l’époque, je pariais que cette magnifique idée ne résisterait pas à l’air du temps. Peu à peu, les jeunes, affublés de noms à rallonge de plus en plus inextricables demanderont à en changer. Ce qui poussera un politicien audacieux à sortir un nouveau gadget en suggérant le remplacement des noms par de simples numéros. Chaque citoyen belge s’appellera selon son numéro d’inscription au registre national. A l’ONEM s’il est chômeur. S’il est en prison, il portera son numéro de détenu qui figure sur sa photo anthropométrique. Ce sera tellement plus facile pour les fonctionnaires et les flics.

Alors, des chiffres ou des lettres ? Faites vos jeux !

 

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