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L’AMI THEO TOURNE A L’ORAGE

Vous avez aimé Théo version N-VA ? Vous adorerez Théo version Soudan.

Depuis que notre Brabançon cartonne dans les sondages, qu’il est devenu une star même chez les Wallons et les Bruxellois, il se sent pousser des ailes. Être le premier à Lubbeek ne lui suffit plus. Avec son bon sourire carnassier, Super-Théo a décidé de partir à la conquête du monde. Et comme les musulmans, c’est sa spécialité, il commence par les Soudanais.

Ce n’est évidemment pas difficile de faire copain-copain avec les dirigeants de Khartoum. Personne d’autre ne veut les fréquenter. Le président Omar Hassan el-Bechir, qui tient le pays entre ses crocs depuis vingt et un ans, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par la Cour Pénale internationale pour crimes contre l’humanité et génocide. Le Darfour, le Sud-Soudan, il dégouline plus de sang au Soudan que d’eau et même de pétrole. Mais, qu’importe. Un ministre belge qui a eu le courage de faire la fiesta avec Bob Maes (en compagnie de son homologue flamand Ben Weyts) trois jours après avoir été nommé dans le gouvernement Michel, n’a pas peur de serrer la pince de l’Omar. Bob Maes, membre de la VNV pendant la guerre, condamné pour collaboration ensuite, puis co-fondateur de la VMO, a sans doute habitué l’ami Théo à affronter les tempêtes. C’est simple. D’abord on dérape, ça c’est pour les électeurs. Puis on présente ses excuses à la Chambre, ça c’est pour les collègues.

Des excuses en veux-tu, en voilà. Pour avoir parlé des « petits cons de Marocains » sur les réseaux sociaux. Ou avoir évoqué « le nettoyage » du parc Maximilien. Parfois, il nuance. Avec Médecins Sans Frontières, il reconnaît « avoir été trop loin » quand il a accusé l’ONG  de contribuer à la traite des êtres humains et pratiquement de pousser les réfugiés à la mort.

Voilà donc un ministre belge se mettant en cheville officiellement, donc au nom du gouvernement, avec le ministère soudanais de l’Intérieur. Et qui invite des agents soudanais à Bruxelles, pour examiner un à un les réfugiés qui ont fui leur pays, regarder leurs dents comme sur un marché aux esclaves, relever leurs identités. Ainsi, rentrés à Khartoum, ils pourront rassurer le reste de la famille qui n’a pas suivi le chemin de l’exil.

De là à représenter Francken en soldat nazi ? C’est une erreur. En effet, aucun ministre belge n’avait pas imaginé à la fin des années trente inviter des flics allemands à visiter les centres d’accueil des réfugiés qui avaient fui le régime nazi…

Y a-t-il quelqu’un dans la salle pour apaiser la fièvre de l’ami Théo ? Le docteur Charles Michel est occupé ailleurs. A donner des leçons d’éthique internationale au conseil de sécurité. Dommage que le CDH ne soit pas au gouvernement. Peut-être, aurait-il soudan débranché la prise ?

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GRAND NETTOYAGE DE PRINTEMPS

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe au palais de justice : comme il est impossible d’empêcher les terroristes de tout poils de faire sauter la résidence secondaire préférée de Léopold II, mieux vaut déménager argenterie, vaisselle, portraits, crucifix et le reste du brol dans un petit studio moderne, caché au fond d’une barre d’immeubles sociaux. Comme les ascenseurs sont toujours en panne, que les sonnettes ont été arrachées depuis longtemps et que personne ne connaît ses voisins, jamais aucun terroriste ne pourra retrouver le chemin du palais, perturber les audiences ou faire évader ses copains.
Ce qui a définitivement convaincu le ministre des finances c’est quand son garde des sceaux lui a présenté la facture. Un studio à Haren, c’est moins cher qu’une villa quatre façades à la porte Louise. Beaucoup moins cher, surtout que la prison, construite juste à côté, prendra toute la lumière et peut-être une partie des habitants.
Le palais de justice à Haren, entre la prison et nulle part, ça, il fallait y penser ! C’est l’œuf de Colomb. Le sauvetage de l’économie belge. Dans la foulée, pourquoi ne pas généraliser cette initiative ?
Prenez le cabinet du ministre des Pensions. Il occupe actuellement des locaux inutilement dispendieux rue Blérot (rue Blérot !) Si Michel Daerden prend ses quartiers dans une seniorie, ce sera, comme il aime le dire, une opération win-win (expression qu’il ne faut pas traduire par vin-vin !). Avec l’aide des pensionnaires qui auront quelques bonnes raisons de se presser aux réunions du cabinet dans la salle télé, il ne commettra plus les bévues qui lui ont valu tant de quolibets.
Et Joëlle Milquet ? Avec le nombre d’usines et de magasins abandonnés, elle ne trouvera aucun mal à se recaser gratuitement pour vivre en prise directe la vraie vie des travailleurs. Tiens, pourquoi ne pas transporter ses pénates au Carrefour de Jumet ou à l’usine Opel d’Anvers ? Ce qui assurera la production d’arrêtés et de circulaires à la chaîne.
Pour le ministre des affaires étrangères, on suggère le centre fermé 127 bis. La sécurité est déjà en place. Les barbelés aussi. Et des traducteurs d’à peu près toutes les langues du monde sous la main, pour pas cher, qui pourront éclairer Steven Vanackere sur les réalités de leur pays.
Dans ce concours entre vertueux, on imagine mal le ministre des Finances s’accrocher aux vénérables pierres de son hôtel particulier rue de la Loi. Allez, ouste ! On le revend avec les autres baraques de nos excellences pour combler le trou noir de l’état.
Mais, où loger monsieur Reynders ? Lui qui jongle avec les déficits, qui gonfle et réduit nos chiffres sur simple demande, pourquoi pas l’envoyer chez Alice, au pays des merveilles ? Être en 3 D, voilà qui devrait plaire à notre Didgé.

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