La bibliographie d’Alain Berenboom est proposée dans ce site; il ne vous reste plus qu’à les lire, les vrais livres, loin des écrans et autres blogs.

Deux extraits déjà, en avant-goût:

En rentrant chez moi, je songeai à la complexité de notre petit pays. Vu de loin, un paradis terrestre, patrie du chocolat, du fromage et de la démocratie : la Suisse mais avec sept cent bières différentes en prime. Mais, en vérité, un chaudron en ébullition où un apprenti sorcier tentait de mélanger des ingrédients qui n’étaient pas destinés à se mêler et réagissaient violemment pour éviter la fusion. Pourtant, dans le passé, les Belges avaient déjà réussi bien des miracles et associé d’autres éléments dont personne n’aurait pensé qu’ils puissent s’allier et bonifier ensemble. La gueuze et la grenadine, par exemple. N’était-ce pas un signe ?
(Périls en ce Royaume)

Près de mille ans se sont donc écoulés avant qu’un Juif ne sorte le premier roi de Jérusalem de son sommeil poussiéreux. Attendez avant de me faire des reproches! J’ai des titres à faire valoir. Croyez-vous que les archives d’Odessa me soient tombées dans les mains par hasard? En fouillant dans mon grenier de famille? Dans notre maison à Kiev, pas un papier ne portait le nom de Jérusalem. Et le grenier était bourré des exemplaires invendus des oeuvres de mon père, coincés entre des bustes de Staline et des bustes de Staline! Pour repérer les textes du chroniqueur au fond de la bibliothèque poussiéreuse d’Odessa, les déchiffrer alors que les babouchkas n’arrêtaient pas de parler avec les nettoyeuses au-dessus de ma tête, les décrypter, en comprendre le message dans le bruit des aspirateurs et conclure qu’ils bouleversaient notre compréhension du moyen âge, il fallait l’oeil subtil d’un historien.
(La Jérusalem captive)