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BANGEMANN (Le Lion noir): commissaire de police à Anvers. Ami de Christian Metzinger et représentant de la nouvelle politique de la police. Chargé de l’enquête sur la mort de Daniel Metzinger, il montre un plus grand empressement à accueillir les belles femmes dans son bureau qu’à mener son enquête au point que Fred le soupçonne de sabotage et de liens avec l’extrême droite.

BAUDOUIN 1er (Le Lion noir): le roi des Belges est devenu un fantôme et il erre sur les bords du fleuve qui traverse le monde des morts.
Son sosie est un des trois nains dans Le Roi du Congo.

BECHADA, Gaston (La Jérusalem captive): jeune ménestrel provençal qui rejoint la première croisade, amateur de jolies femmes et ami de Bertrand-Marie.

Professeur BEIDEKKER (La Jérusalem captive): un des mandarins du Collège royal d’Histoire de Bruxelles. C’est lui qui accueille Fred Malgudi, venu d’Ukraine avec un manuscrit précieux sur la première croisade et qui fait tout pour s’en emparer et le publier à son nom. Dispose d’un bataillon de jeunes collaboratrices (les « têtes chercheuses ») dont la Durauborg.

BEIGELBROT : Avocat renommé et membre du conseil de l’Ordre des avocats de Bruxelles dans Périls en ce Royaume. Son fils, Yann, qui l’accuse de collaborer avec les Nazis, part en Angleterre poursuivre la lutte dans la RAF. A son retour, son père est mort, abattu comme otage. Entré dans le cabinet du ministre des Affaires étrangères, il disparaît. Sa mère et sa sœur Madeleine engagent Michel Van Loo pour le retrouver.

BELGIQUE : (voyez aussi Bruxelles).
Après avoir beaucoup voyagé dans ses quatre premiers romans, A. Berenboom est revenu en Belgique pour Le Lion noir. Le Goût amer de l’Amérique se déroule aussi en Belgique. Périls en ce Royaume, la première enquête de Michel Van Loo se déroule à Bruxelles en 1947 en pleine affaire royale. Auparavant, il avait emmené ses lecteurs en Afrique (La Position du Missionnaire roux), en Chine (La Table de riz), en Hollande et en Pologne (le Pique-nique des Hollandaises) et d’Ukraine à Bruxelles et de Bruxelles à Jérusalem sur les traces de la première croisade (La Jérusalem captive).
Le Lion noir se passe à Anvers au début de ce siècle dans un climat angoissant et fantastique, pendant que s’installe l’extrême droite aux commandes de la métropole. Dans ses textes et nouvelles, A. Berenboom a souvent pris Bruxelles (V. ce mot) pour cadre de ses récits. Il a aussi abordé la justice belge avec L’Auberge espagnole (v. ce mot).
Dans « Ecrivain belge » (dans le recueil L’Auberge espagnole), il s’interroge sur sa « belgitude ».

Extrait :

Il paraît que je suis un écrivain de la communauté française de Belgique (c’est ainsi qu’on dénomme la culture chez nous). Je parie que pas un seul libraire est jamais parvenu à caser cette étiquette sur le rangement sans empiéter sur le rayon voisin. Et Dieu sait avec qui mes livres sont alors confondus. D’après l’ordre alphabétique, je dois être mêlé aux Coréens ou aux Cubains. A moins que, pour éviter les confusions, ce bon libraire n’ait choisi une abréviation qui rende mon espèce définitivement incompréhensible: « écrivains Co.fran.bel. » ou « francs belg. ». Peut-être « commu.be. », qui présente le risque d’être pris pour un communiste bulgare (dont le rayon ne doit pas être plus imposant).
Je suis né en Belgique, j’aurais donc pu être écrivain belge, ç’aurait été tellement simple. Mais voilà, la catégorie n’existe plus. A peine avais-je commencé à publier que, crac, la Belgique était supprimée. Fallait être Wallon ou Flamand… Moi qui suis né à Schaerbeek, j’aurais volontiers revendiqué le statut d’écrivain bruxellois. Mais il paraît que cette appellation n’a pas été retenue: trop bâtarde pour être sérieuse. Ecrivain juif alors? Non, politiquement incorrect, me dit-on. Quant à mes origines, elles embrouillent tout. Mon père est né à Makow et ma mère à Vilno. Qui a jamais entendu parler d’un écrivain lituano-polonais écrivant en français de Bruxelles? Peu d’espoir que le libraire s’y retrouve davantage…
De mes parents, je tiens mon amour pour Bruxelles et mon goût pour les frontières floues. De mon oncle aussi. Mon oncle est né comme ma mère à Vilno, d’où il s’est enfui pour Berlin à cause de la menace bolchévique puis pour Bruxelles devant la menace allemande puis pour Nice devant l’invasion nazie puis pour Montévidéo quand les Italiens se sont emparés de Nice, puis pour la France à nouveau quand les mouvements communistes ont commencé à fleurir en Amérique latine. A peine s’était-il installé que des ministres communistes entraient dans le gouvernement français. J’aurais dû choisir, m’a-t-il avoué ce jour-là, de retourner en Belgique où la situation politique est tellement plus sûre. De mon oncle, je tiens mon excellent flair politique (¼)

BENERIAN, Sadi (Le Pique-nique des Hollandaises): fonctionnaire au ministère polonais de la culture. Dans la Pologne hâtivement privatisée de l’après communisme, il imagine des formules nouvelles pour financer la politique culturelle. Avec l’homme d’affaires hollandais Bokma, il se propose de faire d’Auschwitz un lieu d’attraction touristique.

BENNY (Le Lion noir): mari de Fred. Juif égyptien, il est obsédé par l’Holocauste que sa famille n’a pas vécu. Macho autoritaire et arrogant, il poursuit Fred qui l’a quitté tout au long du Lion noir.

BERTRAND-MARIE: principal personnage de la partie « croisade » de La Jérusalem captive. Jeune Juif caché devenu aide d’un bourreau célèbre (le père Busweisser dit le père Cause-Cause), il lance malgré lui Godefroi de Bouillon sur la route des croisades et la délivrance de Jérusalem. Et l’accompagne, assistant malgré lui aux pogroms et à l’anéantissement des Juifs d’Allemagne puis du Moyen Orient.

BOHEMOND (La Jérusalem captive): duc de Tarente, baron de la première croisade.

BOKMA (Le Pique-nique des Hollandaises): homme d’affaires hollandais qui accompagne Van Loo, l’attaché culturel de Belgique à Varsovie, avec l’idée de faire du business dans ce « nouveau Far West » qu’est la Pologne d’après le communisme. S’intéresse au projet de transformer Auschwitz en une attraction touristique. Il est flanqué de trois sémillantes et redoutables jeunes Hollandaises, dont miss Biceps, qu’il lance dans les bras de Zladek pour favoriser son entreprise.

Professeur BOTT (La Jérusalem captive): collègue de Fred Malgudi au Collège royal d’Histoire de Bruxelles.

BOUILLON (La Jérusalem captive): à l’occasion de la visite du bourreau itinérant, Godefroi rencontre Bertrand-Marie et décide de lancer la première croisade.

Extrait:

« Au moment où Godefroi pénètre dans ses états, personne ne pense à quitter son château, son village, sa misère. Et ceux qui habitent Bouillon, moins que quiconque. Fiers qu’ils sont de leur cité et de l’immense château qui la surplombe. Et pourtant… Vous avez déjà vu à quoi ressemble Bouillon depuis que la Belgique a avalé la Basse Lotharingie? Le trou du cul du monde! Un château sinistre à moitié en ruines, rongé par des herbes tristes, quelques friteries dont l’odeur empuantit jusqu’au chemin de ronde et des boutiques de souvenirs. A l’époque, les friteries et les boutiques n’étaient peut-être pas encore installées (quoiqu’elles aient l’air d’origine) et tout le monde convoitait la triste forteresse » (La Jérusalem captive).

BRANDON (La Jérusalem captive): éditeur. Il travaille assidûment avec la commission européenne dont il pompe les subventions. L’amitié d’un fonctionnaire européen, Julian Winter, pour sa charmante collaboratrice, Sophie, n’y est pas pour rien.

BRUNO (Le Lion noir): ancien flic anversois (et solide alcoolo) qui aide l’héroïne du Lion noir, Fred, dans son enquête sur les traces de l’assassin de Daniel Metzinger. C’est lui qui met Fred en rapport avec le docteur Tagenbush et sa machine à remonter dans le royaume des morts. Flamand nationaliste et libertaire, il combat les fascistes mais fraye avec certains de ses représentants.

BRUXELLES : Dans La Jérusalem Captive, le siège du Collège royal d’Histoire où enseigne Fred Malgudi quand il arrive d’Ukraine est à Bruxelles, capitale de l’Europe. C’est la fascination pour l’Europe (et ses subventions) qui va attirer Malgudi à la commission européenne, dont il espère l’aide pour publier son précieux manuscrit sur la première croisade.
C’est aussi à Bruxelles que se déroule Le Goût amer de l’Amérique, où se mêle au portrait d’une bande de jeunes Bruxellois d’aujourd’hui (Georges Malgudi et ses petits boulots, sa petite amie Louisa et son ami Ahmed) la nostalgie d’une époque révolue, celle où Bruxelles rêvait de Hollywood.
Le Bruxelles de l’après-guerre sert de cadre à la première enquête de Michel Van Loo, détective privé à Schaerbeek mais le Bruxelles de l’après-guerre (le roman se passe en 1947) est surtout le principal personnage de ce polar.

Beaucoup de nouvelles d’A. Berenboom se déroulent à Bruxelles, notamment Véra à Vélo (dans Bruxelles, du noir dans la blanche, éd. Autrement), Bloum à la Bourse (dans Bloum à Bruxelles, éd. Castor astral), Milou chez les Juifs (dans le recueil de onze aventures de Tintin, Drôles de Plumes, éd. Moulinsart), La Fille du Super 8 (éd. Le Grand Miroir), ainsi que plusieurs histoires du recueil L’Auberge espagnole et autres histoires belges (éd. Le Grand Miroir) : Pharmacie Hubert B, Jours de campagne, l’Auberge espagnole, Escale.

Père BUSWEISSER (La Jérusalem captive): bourreau itinérant, notamment utilisé par Godefroi de Bouillon. Surnommé le père « cause-cause » pour son habileté à faire parler les suspects, il est très efficacement secondé par Bertrand-Marie qui imagine des machines nouvelles pour suppléer les défaillances dues à son âge. Avec Bertrand-Marie, il se retrouve entraîné sur la route de Jérusalem dans le sillage de la première croisade.

écrivain, chroniqueur, romancier