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AFRIQUE: le narrateur de La Position du missionnaire roux est chargé de la division lait en poudre, département Afrique, chez Nestlé. Mais, comme il le dit dès la première ligne du roman « Je hais l’Afrique ». Il s’est promis de ne jamais y mettre les pieds jusqu’à ce que le détournement de l’avion Genève-Rome dans lequel il voyage l’oblige à parcourir tout le continent, de Kigali à Accra.

Extrait:
L’Afrique s’est répandue dans la carlingue avec sa chaleur moite, son odeur, son grouillement et ses microbes. Je sens qu’elle se glisse en moi. Déjà, la peau me gratte et se couvre de pustules. Il faut que cet avion s’en aille d’ici, et vite, avant qu’elle n’atteigne mon cerveau et ne me cloue au sol – ce sol maudit! (La Position du missionnaire roux)

Retour en Afrique avec Le Roi du Congo. Dans cette deuxième aventure de Michel Van Loo (après Périls en ce Royaume), le détective privé bruxellois part dans le Congo belge de 1948. Entre Kinshasa et le Katanga, s’il enquête sur un trafic d’uranium, il découvre surtout la société coloniale et les dessous de la guerre froide et de la course aux armements nucléaires. Avec l’aide de son amie Anne mais surtout de trois nains, Pim, Pam, Poum, de Baptiste et du redoutable Kwanga, qui lutte pour l’indépendance.

Empereur ALEXIS COMNENE (La Jérusalem captive): Basileus de Constantinople pendant la première croisade. Habile politicien qui se sert de Godefroi de Bouillon et de ses hommes pour reprendre subtilement pied au Moyen Orient.

ALLEMAGNE (La Jérusalem captive): pendant sa traversée par la croisade de Godefroi de Bouillon, apparaissent Arno et sa bande et se déroulent les premiers pogromes.

L’ALLUMEE: v. Kathelyne.

Anne Van SOEST : elle travaille au salon de coiffure de Fédérico dans la commune bruxelloise de Schaerbeek. Au-dessus du salon, se trouve le bureau du détective privé Michel Van Loo, son ami. Indispensable pour qu’il mène ses enquêtes (plus ou moins) à bien (Périls en ce Royaume, Le Roi du Congo).

ANVERS: le grand port flamand n’est pas seulement le cadre du Lion noir. C’est surtout un des personnages-clé du livre, un Anvers inquiétant, phagocyté par l’extrême droite.

Extrait:
« Anvers est une ville de désespérés. Tant de réfugiés ont échoué ici, arrêtés par la mer, l’épuisement, le découragement. Ceux qui n’ont pas été capables de gagner l’Amérique, qui n’ont pas osé ou qui étaient trop fatigués sont restés à cultiver leur amertume et à préparer le terrain pour l’extrême droite. Savez-vous qu’elle a failli prendre le contrôle de la ville aux dernières élections?
Perplexe, Fred jeta un coup d’œil à travers les vastes baies du restaurant. D’un côté, le fleuve paisible, traversé par des péniches ripolinées, de l’autre, un quai en pierre du siècle dernier fraîchement restauré, bordé d’immeubles somptueux de l’époque coloniale et de quelques bâtiments high tech d’architectes à la mode. Parlait-il de la même ville? » (Le Lion noir).

ARNO (La Jérusalem captive): chef d’une bande d’hooligans hirsutes qui rejoint la première croisade pendant la traversée de l’Allemagne, bien décidée à semer le désordre et la mort. Massacres de juifs en Allemagne, d’Arabes en Orient, Arno et ses sbires préfigurent les milices fascistes.

Extrait:
Lorsque Bertrand Marie ouvre les yeux, un doux soleil illumine la plaine d’un vert tendre. Son cœur se met à battre comme s’il tentait de l’arracher à un cauchemar. Le soleil est partout sauf sur lui. On dirait que la nuit s’attarde au-dessus de sa couverture. L’ombre malsaine qui l’écarte des autres est un homme. Un homme d’une stature aussi impressionnante que Godefroi mais c’est bien là leur seule ressemblance. Les cheveux hirsutes, le visage déchiré de cicatrices, les yeux noir saillant sous d’épaisses paupières plissées, il dégage une telle impression de brutalité sauvage que nul ne peut hésiter devant les taches brunâtres qui salissent son vêtement de laine grossière, c’est du sang. Bertrand Marie ferme les yeux puis les rouvre très lentement. Il respire un bon coup mais le cauchemar plane toujours au-dessus de sa tête.
« On veut voir le Roi! On a des choses à lui dire! » Bertrand Marie se redresse. Frankenstein lui a parlé?
– Le Roi? Quel Roi? balbutie-t-il.
– Tu lui diras qu’Arno et les Hommes sont arrivés.
– Attendez, je…
Mais l’autre déjà s’est éloigné, d’un pas bougon. Encore tremblant, Bertrand Marie le suit des yeux. Le grand escogriffe se dirige vers la forêt toute proche. A la hauteur des premiers arbres, il s’arrête, et presse ses pouces contre sa bouche entrouverte. En sort un cri étrange, entre le sifflement du serpent et le rugissement de l’orang-outang en rut. L’activité du camp s’immobilise aussitôt. Tous les regards se tournent inquiets vers la forêt. Pendant quelques minutes, il ne se passe rien. Rien d’autre à voir que Arno, les bras ballants, les yeux mi-clos comme endormi. Bientôt, le feuillage tremble. Un être surgit de l’ombre, puis un autre, et un autre encore, gris, grouillant comme des rats. Des êtres humains, ça? Le crâne rasé rougi ou les cheveux coupés de façon à former une croix au sommet du crâne, parfois une bague dans le nez, couverts de peaux ou de hardes en loques, ils se groupent en un clin d’œil autour d’Arno dans un ordre et un silence impressionnants et, à son signal, se mettent en route, droit sur la tente de Godefroi. L’état de grâce de la croisade aura duré sept jours. L’ivresse du pouvoir tourne de plus en plus vite à la gueule de bois. Les temps modernes ont commencé.
Nul ne sait d’où ils viennent et pourquoi ils veulent être du voyage. Un soir, près de Trèves, la troupe s’est endormie encore fraîche, la tête pleine de rêve de gloire dans une Jérusalem de paillettes façon Cécil B. De Mille. A peine troublée par des paysans venus raconter que le camp est dressé au-dessus d’un cimetière préhistorique. Façon sans doute de l’éloigner de leurs champs et de préserver leurs récoltes. Le matin suivant, elle se réveille au milieu des Hommes. A partir de ce moment, rien ne se passe plus comme avant. Des bagarres, des coups de poing, des gueules écrasées, rien de cela n’avait manqué bien sûr dans cette bande hétéroclite qui a ramassé ce qui traînait dans tous les coins d’Europe. Mais, depuis que les Hommes les ont rejoints, les coups de poing ne mettent plus fin aux bagarres et les gueules écrasées le restent à jamais. Quand une de ces brutes s’approche, on serre les dents et on baisse la tête. Et on obéit s’il commande. Quelle langue parlent-ils? Peu importe. Ils s’expriment par onomatopées mais tout le monde en saisit le sens rien qu’en regardant leurs yeux. Quand ils s’agenouillent avec les autres pour prier, aucun son ne franchit leurs lèvres. Leur bouche reste ouverte, noire, sans fond. Ils marchent en jetant des regards furieux autour d’eux, prêts à défendre leur peau à chaque instant. Parfois, ils surgissent derrière un homme et, sans raison, lui font sauter les dents ou le nez en poussant un cri guttural. Ces intermèdes ont d’abord paru rigolos. Dans cette marche monotone, une bonne paire de baffes apportait un souffle d’air frais. Peu à peu, on a cessé de rire de leurs coups de gueule. Une étrange tension s’est abattue sur la troupe que n’apaisent ni les prières, ni la fatigue, ni la nuit. Personne ne se moque plus de ceux qui tombent entre leurs mains, personne ne se glisse plus la nuit vers les filles. Bechada lui-même n’a plus le cœur à la drague. Jusqu’à ce qu’Arno disparaisse avec sa meute, aussi soudainement qu’il était apparu (La Jérusalem captive).

AUBERGE ESPAGNOLE : titre d’une courte pièce de théâtre publiée dans le recueil « L’Auberge espagnole et autres histoires belges » (éditions Le Grand Miroir). Créée dans le cadre du festival « Les Estivales » durant l’été 2000 dans la salle des pas perdus du palais de justice de Bruxelles pour la célébration de Bruxelles capitale culturelle de l’Europe. C’est une satire piquante de la justice belge, épinglant au passage les « dysfonctionnements » de l’affaire Dutroux et la mort de Semira Adamu, une réfugiée nigériane tuée par la gendarmerie à l’occasion de son rapatriement.

AUSCHWITZ: le camp de la mort est au cœur du Pique-nique des Hollandaises. L’Auschwitz dans la Pologne d’aujourd’hui avec son village qui refuse de savoir ce qui s’est passé dans le camp tout proche, malgré la présence de Madame Manicewicz, la seule Juive revenue vivre dans le village après la guerre.

Bokma, homme d’affaires hollandais, avec l’aide d’un fonctionnaire polonais, Sadi Benerian, tentent de « privatiser » le camp et d’en faire une attraction pour touristes, entraînant malgré lui Van Loo, attaché culturel belge à Varsovie.

AVION – AEROPORT : beaucoup d’avions et d’aéroport dans une œuvre où les personnages parcourent le monde d’aujourd’hui. Dans La Position du Missionnaire roux, bien sûr qui se déroule de la première à (presque) la dernière ligne dans un avion, détourné par des pirates de l’air. Mais aussi dans le Pique-nique des Hollandaises, où l’aéroport sert de cadre au dénouement ou dans Escale (nouvelle publiée dans le recueil L’Auberge espagnole), qui se déroule dans la zone transit d’un aéroport. La gendarme, Anne-Marie, un des principaux personnages de la pièce de théâtre L’Auberge espagnole, travaille à l’aéroport où elle est chargée des étrangers en séjour illégal.

écrivain, chroniqueur, romancier